#marsouin 2017 : les portails Open Data reflètent-ils les stratégies d’ouverture des données des métropoles ?

Suite de la série de micro-billets pris sur le vif pendant le séminaire Marsouin 2017 (18 et 19 mai) #marsouin2017

Dans un travail avec Françoise Paquienséguy, Valentyna Dymytrova s’est interrogé aux enjeux de transformation des Métropoles via l’Open Data menée dans le cadre du projet ANR OpenSensing City.

Plusieurs facteurs ont favorisé ces dernières années la mise en place de stratégies Open Data métropolitaines : réforme territoriale (loi MAPAM), directives européennes et stratégies de marketing territoriales (projets de Smart City)

Sur cette toile de fond, les chercheuses se sont posé deux questions :

  • A qui profite les portails Open Data des métropoles ? A quel niveau les stratégies d’Open Data renforce leur pouvoir ?
  • Que disent les portails métropolitaines des stratégies des métropoles et des acteurs et qu’elles fédèrent ?

Le travail de recherche a abouti à établir une typologie des portails, 3 idéaux-types :

  1. L’idéal de la transparence lié à l’ouverture des données publiques
    Il s’agit le plus souvent une réponse à la directive Inspire (accessibilité des informations publiques et protection de l’environnement)
    C’est le cas des portails de Berlin et Montpellier, qui sont en train de bouger vers les deux autres catégories.
    Les caractéristiques de ces types de portail : un fort ancrage territorial du côté des contenus (les données locales sont mises en avant sur la page d’accueil), les logos mettent en avant la métropole et l’ancrage territorial.
    Egalement, ces portails sont accessibles par plusieurs entrées, et pas uniquement pour les « geeks » : les données mises en avant concernent les pré-occupations quotidiennes des individus, en proposant par exemple des visualisations (nombre de marché dans la ville, d’aires de jeux pour les enfants, etc.)
  2. L’idéal de la Smart City compétititive et attractive.
    Ici, les données privilégiées sont celles qui concernent le transport et l’économie. Les villes sont mises en avant comme des “marchés de données », le champ lexical dans ce sens est très explicite.
    Ces portails s’adresse d’abord aux acteurs économiques et aux développeurs.
    C’est le cas des portails de Londres, Bordeaux ou Lyon.
  3. L’idéal top de la Smart City citoyenne et responsable
    Parmi les portails emblématiques de cet idéal : New-York, Séoul, Rennes.
    L’accent est mis sur les données crowdsourcées. Les interfaces sont orientées vers les citoyens. Un travail sur les icônes témoigne de la volonté de baisser les barrières à l’entrée. 
    Précision de l’intervenant : contrairement aux autres, le portail héberge un forum interne, mais ne propose pas de prolongement vers les réseaux socio-numériques. 
    Ici, de nombreux contenus éditoriaux cherchent à donner du sens aux données