Le complexe du rebelle

Instant Coach
Sep 5, 2018 · 7 min read

Question d’un internaute : Dés que je me positionne en désaccord avec ce qui m’arrive et que je souhaite me positionner, pour que les événements prennent la direction qui m’est plus favorable ou plus en accord avec mes envies/besoins, je ressens une lourde angoisse et je fini par me résigner. Pourquoi ?

C’est ce que j’appelle le complexe du rebelle (ou le rebelle contrarié), avant que l’action de rébellion ne se produise il faut que l’attitude passe de soumise à insoumise. Hors, on est en désaccord non pas avec les événements mais en désaccord avec nous-mêmes. Ainsi, l’action n’est pas possible puisque la question de sa légitimité se pose.

L’angoisse tend vers l’action.

Le sentiment d’angoisse fait effet d’indicateur. Il y a un désaccord en moi. Entre ce que je voudrais faire et ce que je fais ou ne fais pas. L’angoisse vous indique que vous entamez un processus qui doit mener à vous affranchir de vos anciennes croyances, et ainsi éliminer une peur qui crée le blocage. Tout blocage à pour origine une peur.

Lorsque l’angoisse surgit, il faut savoir dans un premier temps l’accepter, ne pas la renier, car l’angoisse fait plus peur que la peur elle-même. Hors ce qu’il faut aller voir, c’est la peur, non pas l’angoisse.

Comme le disait Prajnanpad, on peut être dérangé par une mauvaise odeur, et celle-ci va nous indisposer au point de nous la rendre insupportable. Mais dès que l’on en trouve la cause, des que l’on voit d’où émane cette odeur désagréable, elle perd de son intensité. Et voir la source nous permet d’agir, voir nous permet l’action !

Si on décide de ne pas aller chercher cette peur, alors elle restera présente en nous et l’action ou la non-action qui doit être menée devra être abandonnée. Le risque de cette résignation est de rester toujours agité par un sentiment désagréable qui polluera notre état de plus en plus, jusqu’à ne plus rien supporter, jusqu’à ne plus nous supporter nous même.

Ceci dit en acceptant cet état de peur/angoisse on réussit à vivre en harmonie avec elle. On a trouvé la source de la mauvaise odeur, mais la peur subsiste et on ne se croit pas capable d’agir pour aller vers le changement.

L’attitude devient alors « Je sais que c’est là, je sais où cela va m’entrainer, mais aujourd’hui je me crois incapable d’affronter cela, pourtant je sais que cela est ».

Et cela peut durer toute une vie, comme durer simplement quelque temps, le temps que l’information circule dans toute nos cellules et que celles-ci prennent en maturité. Une fois cette « maturité » présente, dans la majorité des cas, on décide d’affronter cette peur.

La peur perd de son intensité, de son pouvoir, de sa supériorité dès que la maturité est là. On a grandi ! On a rempli l’espace qui sépare notre être de la peur, jusqu’à nous permettre de la dominer.

Pour atteindre cette maturité, il y a plusieurs étapes à traverser.

Imaginez la transformation que vous entamez de l’enfance à l’âge à l’adulte. Cette période s’appelle l’adolescence. On lâche un âge que l’on trouvait confortable parce que connu pour entrer dans un âge où nos actes posent/supposent notre responsabilité. Que l’enfance ait été belle, ou difficile, l’adolescence reste une période critique. Elle va déterminer l’adulte que nous allons devenir en se basant sur nos expériences de l’enfance. C’est une transition.

A l’adolescence, on devient grand et on ne doit plus avoir peur. Oublié les monstres dans le placard ou sous le lit, cela n’est plus de notre âge.

La transition de l’adolescence est dans la majorité des cas mal accompagnée.

On force l’enfant à grandir. Il élimine alors peurs et fausses croyances en les cachant un peu partout sous les tapis. On referme méticuleusement la porte du placard dans le quel le monstre subsiste. Et on croit, à l’adolescence que cela suffit. On entame alors, à l’âge adulte, une nouvelle voie, une nouvelle vie.

Mais le monstre sort du placard. C’est la rupture ! Ou la fracture. C’est l’évènement qui nous amène à nous questionner sur trois choses :

1- Qui étions nous (enfance)

2- Qui sommes nous vraiment (adolescence)

3- Qui voulons nous être (adulte)

Crédulement, nous estimons que le point 1 et 2 sont traités et qu’il n’y a pas à revenir dessus. Et on se concentre uniquement sur le point 3.

Quelle erreur !

Il subsiste, à l’évidence, des choses à traiter dans le point 1 & 2.

Si aujourd’hui, nous ne sommes pas en accord avec nous même (et donc en désaccord avec les événements) c’est que nous n’avons pas VU qui nous étions enfant (nous ne nous sommes pas confronter à ce qui « est » pour comprendre qui on est), ni qui nous sommes vraiment durant l’adolescence. Nous prenons alors des chemins qui ne sont pas « nous », mais issus de l’éducation et des croyances transmises lors de l’enfance, consolidées durant l’adolescence.

C’est là que l’angoisse survient ! Elle est le gardien de la peur, la porte qui a refermé le placard où le monstre subsiste pourtant.

On se retrouve face à une posture que l’on vit et une posture que l’on souhaite vivre. Pour y accéder, il faut ouvrir la porte et laisser sortir le monstre, laisser la peur se dévoiler et s’exprimer.

C’est l’introspection, un retour vrai et sincère sur soi-même. C’est reprendre le film au commencement. Il faut aller chercher au tréfonds de notre mémoire l’événement précis qui a crée cette peur.

Cette peur est souvent une incompréhension d’un fait vu par les yeux de l’enfance. Souvenez-vous la mauvaise odeur. L’enfant n’a pas vu, sans voir il ne peut comprendre.

Pour comprendre, il faut prendre !

Mais l’enfant ne sait dire que « non ! ».
Ni les adultes, ni la société qui l’entoure ne l’amène à dire « oui », on lui impose le « oui », ce qui est différent de l’amener au « oui », on lui impose la soumission, l’obéissance.
Les choses sont comme ça et pas autrement et l’enfant doit savoir se contenter de ces explications. Il n’a pas les armes pour atteindre la compréhension, ni les armes pour entrer en rébellion. Il a confiance en la parole de l’adulte, la parole de la société.

Voyez comme les choses sont perçu autrement lorsque dans votre enfance la réponse de l’adulte était « tu comprendras quand tu serras plus grand ». Replongez-vous dans ces moments où, enfant, un adulte vous a dit « plus tard, quand tu auras suffisamment grandi » et voyez comme l’inscription est différente en vous. L’enfant sait que c’est là, comprend qu’il n’y accède pas car il faut d’abord qu’il grandisse, qu’il prenne en maturité. De ce point là, le travail se fait seul. Les cellules se mettent en action, discrètement mais surement. Puis un jour, quand on a grandi, et la question et la réponse resurgissent simultanément.

Replongez-vous maintenant dans les moments où la réponse de l’adulte, face à vos interrogations, était « Cela ne te regarde pas ! » « Tu n’as pas à savoir ! » « Ce n’est pas toi qui décide ! » « Tu n’as pas le droit ! » « Tu dois faire ce que je dis ! » « Tais-toi ! ». Que prend t on alors à l’enfant ? Sa légitimité ! Il n’est pas légitime, il n’a pas le droit ! On crée alors la séparation, on crée le gardien, on referme la porte du placard, on crée l’angoisse. Chaque fois que l’enfant devenu adulte tentera une action qui permettra au monstre de se dévoiler à ses yeux, il réveillera le gardien de la porte, et l’angoisse se dressera sur son chemin.

L’adulte a acquis la croyance qu’il doit se soumettre. L’effort qu’il doit fournir pour entrer en rébellion est d’autant difficile qu’à l’adolescence celle-ci a engendré des menaces voir des brimades.

Alors, quand l’adulte veut imposer sa décision et une direction différente à sa vie, l’angoisse l’envahi. Et que fait l’angoisse ? Elle vous entraîne dans un questionnement faux ! « Qui suis-je pour faire cela ?», « ai-je le droit de faire cela ?», « Est-ce que j’ai la capacité de faire cela ?».

Pourquoi vouloir savoir qui vous êtes ? Vous ne savez pas qui vous êtes !

Pourquoi n’auriez vous pas le droit de faire cela ? C’est votre vie, la votre, celle de personne d’autre. C’est vous et personne d’autre qui devait la vivre.

Ce n’est quand agissant que vous saurez si vous avec la capacité de faire, et vous ne pouvez acquérir cette capacité qu’en faisant !

Que faut-il faire ?

Votre première action est de vous positionner différemment face à ces angoisses. Elles sont certes le gardien mais c’est un gardien qui veille sur vous, c’est un indicateur, comme l’ego qui préserve l’intégrité de votre corps, l’angoisse veille sur vous en vous alertant sur les dangers que vous courrez et les profonds changements vers lesquels vous vous dirigez.

Voyez l’angoisse comme une rage de dent ! Si la douleur n’existait pas, comme sauriez vous que vos dents vont mal et qu’il faut y apporter un soin. Vous ne le découvririez que trop tard, quand la dent n’est plus, qu’elle est tombée, qu’elle est morte.

L’angoisse, même si elle fait mal est votre amie. Elle vous invite à la « guérisons » de vos maux, elle vous invite à la construction.

Rim@instantcoach.fr

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Coach en développement personnel installée sur Monptellier depuis 1993

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