Croyants, athées, agnostiques mais frères humains avant tout ?
Cette réflexion donne suite à un article récemment paru dans “Sciences humaines” en date de mai 2016 intitulé : “Dieu ou la quadrature du cercle”. Un article qui traite du problème de Dieu, ou plutôt du problème humain à apprécier la notion de Dieu. Cet article m’a particulièrement interpellé dans la mesure ou la conception que nous avons de Dieu n’est en rien objective — celle-ci pouvant être envisageable et/ou récusable — cependant la question pertinente est celle de savoir dans quelle mesure et sur quelles bases nous pouvons affirmer ou infirmer l’existence de Dieu (universel bien entendu) ?
Assurément, la question n’est pas tant de savoir s’il y a existence ou néant, mais plutôt de savoir ce que nous entendons derrière le mot Dieu, un mot qui aujourd’hui n’a de sens que dans la mesure ou intervient une définition, cette fois ci, subjective.
Nous ne prenons donc pas trop de risques en disant que les extrêmes ne sont jamais bons, et que dans toutes questions il nous faut prendre du recul. Du recul ? En as-t-on assez ? Il serait hautain de le croire, mais malgré cela des pistes de réflexions s’ouvrent à nous.
Pouvons nous oser prétendre avoir une réponse à la question ô combien inhérente à la condition humaine, celle de l’existence ou non d’une force supérieure. La difficulté résidant, par essence, dans la définition des termes extrinsèques plutôt que dans l’analyse factuelle et particulière qui tantôt se veut rationnelle, tantôt spirituelle.
Il est peut-être ainsi préférable de se situer comme le disait Marc-Alain Ouaknin “dans cet espace entre la violence de la question et le silence de la réponse”, non bien sûr en excluant toute démarche de recherche personnelle, mais en admettant la supériorité et la complexité de la question sur une finalité dogmatique.
Thomas Lepeltier conclu son article par cette proposition ; “[…] mais comme tout discours sur le sujet sera vide, autant se taire…”
Se taire ? peut-être, oui mais alors quelque part nous fuyons le débat, conscient que la question nous dépasse. Le silence est-il vraiment une solution ? Alors que faire ? Comment vivre cette différence entre athées, agnostiques et croyants ?
Dans cette aporie, il est pertinent de savoir si l’agnostique aurait-il finalement réussi à passer outre ses interrogations ? Sans toutefois refuser le débat, aurait-il alors réussi à faire corps avec cette altérité ? dans le fait de reconnaître qu’il ne maitrise pas tout, qu’il est en chemin et qu’il refuse tout dogme. Aveu intéressant dans un monde où l’on tombe facilement dans la catégorisation et où il n’est pas agréable, pardonnez moi l’expression, d’être le “cul entre deux chaises”.
L’ “exemple” de l’agnostique ou du sceptique pousse alors, croyants et athées dans une démarche introspective du comment vivre ce rapport à l’autre, à celui qui a parfois une position radicalement opposée. Comment doit-on vivre notre foi ou non-foi dans le respect de cette altérité humaniste ? Et se définir athée ou croyant, n’est-ce pas déjà là faire violence ?
Je ne cherche pas ici à faire l’éloge du scepticisme, bien que, je pense cette position être la plus rationnelle et comme disait Aristote “Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien”. J’espère seulement que nous finirons par dépasser cette opposabilité manichéenne malsaine si présente dans notre monde entre athées et croyants, et faire chemins ensemble, conscient de n’avoir pas toutes les clés en mains, mais sûrs de notre amour entre frères humains.
Amen