Marchons pour la France et pour Marseille

Mon choix est fait. Je m’étais astreint moi-même à un temps de la réflexion et de suspension du jugement depuis l’annonce du renoncement de François Hollande.

Ce dernier était pour moi un candidat de synthèse et de transition. Il faisait l’union des gauches du Parti socialiste tout en assumant une trajectoire sociale-démocrate. Son bilan est le mien : le positif comme le négatif.

J’aurais souhaité qu’il puisse aller plus loin sur toute une série de sujets mais son talent a été de ne pas (trop) fracturer son camp tout en réformant. Son quinquennat est — était — je crois une étape indispensable du dépassement de la Gauche du 20e siècle.

Par amitié pour mes camarades socialistes, par attachement et par volonté de ne pas rompre avec ceux avec lesquels je partage l’essentiel des combats politiques, j’avais fait le choix de ne pas m’exprimer avant la fin des primaires. Par solidarité enfin, j’ai voté Valls à la primaire car c’est un réformiste assumé et je trouvais respectueux de voter pour celui qui défendait notre bilan.

Pour autant, ma ligne politique personnelle est depuis bien longtemps sociale-démocrate. Je ne partageais pas les choix du gouvernement sur la loi renseignement, sur le fichier TES, sur une vision intransigeante de la laïcité, sur la déchéance de nationalité, sur l’accueil des réfugiés, sur le “non-traitement” des contrôles aux faciès, sur le “non-traitement” de nos quartiers populaires…

Sur tout ce qui différencie, à mes yeux, politiquement Macron de Valls en somme.

Ma philosophie politique s’est construite sur un attachement fort aux valeurs de gauche d’égalité et de solidarité et un amour intellectuel construit comme vécu pour la liberté. Je pourrais dire “fraternité” plutôt que solidarité mais je suis féministe et je crois que c’est un terme à déconstruire (Cf. Derrida).

La liberté, c’est pour moi l’ouverture au monde et aux autres. C’est la possibilité de dépasser tous les conservatismes et tous les a priori. C’est pour moi tout le sens de l’Union Européenne et je crois au dialogue permanent avec nos partenaires et amis plus qu’aux caricatures sur les uns ou sur les autres. Les Français auraient raison sur tout et les Allemands se tromperaient en permanence ? Je n’accepte pas les a priori lapidaires et ce satané reflexe franco-français. Réformons-nous et on verra ensuite pour les leçons à donner aux autres.

En 2017, nous pouvons choisir de nous refermer sur nous-mêmes avec des recettes, des idées et des hommes du siècle dernier ou bien alors de nous ouvrir sur le monde qui est déjà là comme sur celui qui vient.

Alors oui, je me sens plus proche sur le plan des idées d’une Aurore Bergé (lire sa tribune) que d’un Benoît Hamon. Très éloigné d’elle sur le plan de la tradition politique, de l’histoire de ma famille politique, de nos trajectoires de militant mais très proche sur les idées, le projet et la compréhension de la France.

Qui a voté une motion de censure contre le gouvernement ?

Certainement pas un progressiste européen

Mes camarades hamonistes qui l’ont toujours été sont dans le bon combat. C’est le leur. Il est respectable. Pour ma part, je suis sur une autre ligne et c’est pourquoi je soutiens Emmanuel Macron.

J’invite simplement chacun à regarder ce qui est proposé et à être au plus près des idées et des propositions. Pour ma part, j’adhère à 99% des propositions faites par En Marche et je crois que c’est plus important que la stratégie, la tradition, la communication et le positionnement politique.

Féministe, libéral, européen, de gauche : ce sont bien mes valeurs. On ne peut pas être pro-européen et penser qu’une Europe des 4 pays principaux va décider pour les 27 (Cf. Piketty sur France Inter en février 2017). On ne peut pas être européen et décider unilatéralement de ne plus respecter les règles communes. C’est amusant d’ailleurs comme l’interview de Piketty aura achevé de me convaincre que rien dans le projet de Hamon ne me convainc.

Et puis au-delà du progrès et de la sociale démocratie européenne, il y a la situation des Bouches-du-Rhône et de Marseille.

Après les échéances immédiates, n’oublions pas que le renouveau politique de Marseille passera par les législatives. Ceux qui seront élus en 2017 dans les circonscriptions de notre ville seront de facto les leaders naturels de l’élection municipale et je ne sais pas me résoudre à laisser exactement les choses en l’état.

Les élections législatives sont un enjeu majeur pour Marseille et son territoire.

S’opposer à la Capitale européenne de la culture, ou à celle du sport, s’opposer à la création des Terrasses du Port ou expliquer que les Dimanches de la Canebière ne doit pas suffire à constituer une ligne politique. La Mairie de Marseille rate suffisamment de choses — éducation, fiscalité, solidarité, écologie, … — pour que nous n’ayons pas besoin de nous opposer par principe à tout ce qui est fait.

Une chose me semble certaine c’est que nous devons changer et faire différemment que tout ce que nous avons fait.

Les enjeux pour la France sont considérables, les enjeux pour Marseille ne le sont pas moins.

RG

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