Non, votre start-up n’est pas votre bébé.

Romain Laventure
Sep 10, 2015 · 2 min read

Vous y avez mis toutes vos tripes, vous avez passé des nuits blanches et une grande partie de vos économies, vous avez sûrement négligé famille et amis pour ce projet. Votre projet. Vous vivez l’aboutissement comme un véritable accouchement, mais, non, votre start-up n’est pas votre bébé.

Dans la vie, il y a des cactus… (air connu)

Lors de la construction de votre projet, vous avez eu un choix à faire : seul ou à plusieurs.
Seul, ça veut dire rester maitre de son projet, rester seul au capital de la société, prendre toutes les décisions et prendre tous les risques, seuls.
A plusieurs, ça veut dire partager, échanger, sortir la tête du guidon, mais ça veut aussi dire savoir partager le capital de la société et donc ne pas être totalement maître du projet, même si l’on est l’initiateur.

Qui veut voyager loin, ménage sa monture.

Vous l’aurez certainement compris, j’ai une nette préférence pour le collectif.
Mais ce collectif ne peut exister sans humilité et sans partage.
Dès lors que l’un des acteurs se placera en situation de “monopole” ou de supériorité par rapport au projet, les dés seront forcément pipés.
Si on joue collectif, on ne l’apprendra pas au fan de foot, basket, rugby et j’en passe…, on joue collectif point. Le talent de l’un (pour le talent d’or, ça marche aussi !) ne doit en aucun cas outrepasser les fonctions ou les rôles que les autres doivent jouer.

Les règles doivent être claires et ce dès le début. C’est ce que l’on peut appeler communément : un pacte d’actionnaire. Mais d’un point de vue plus humain, c’est ce que l’on appelle communément : une franche discussion. Et là, à chacun d’être attentif aux discours des autres. Sinon…

Pour quelles conséquences sinon ?
Jouer les têtes brulées/dominateur/messie avec ses compagnons d’entreprise ne donnera jamais rien de bon. Au risque de les voir se cantonner simplement à un rôle de salarié, certes particulièrement investis.
Et puis bon, on pourra toujours les solliciter lorsqu’il y aura besoin, après tout, ils sont actionnaires quoi…

Ce comportement ne fonctionne pas.

Rappelez-vous ceci : “Non, votre start-up n’est pas votre bébé”. Si vous jouez collectif, alors elle devient de fait au mieux une aventure entreprenariale à succès et, au pire, le bébé de chacun.

Et parce qu’un juriste reste juriste, même sur Médium, rendons à César ce qui lui appartient :

“Les Cactus”, Jacques Dutronc, 1966.
“Qui veut voyager loin ménage sa monture”, Jean Racine, Les Plaideurs, 1668.

Romain Laventure

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Juriste dans l’âme. Soyons précis, bon sang ! Et Globe-trotter qui aime la comm’… Un joyeux bazar !