Startupers, ayez le sens du mandat social

Romain Passilly
Mar 16, 2018 · 5 min read

L’an dernier, la lecture du livre de Mathilde Ramadier « Bienvenue dans le nouveau monde, comment j’ai survécu à la coolitude des start-ups » m’a laissé une drôle d’impression. Dans cet ouvrage, elle dresse un portrait au vitriol du monde des start-ups basé sur son expérience personnelle. Elle dénonce « un nouveau capitalisme sauvage qui dissimule la loi de la jungle sous une brume de cool ». Un monde peu reluisant forçant sur la novlangue pour inciter des jeunes à travailler comme des forcenés. Un écosystème où la juste gratification du travailleur est habilement sous-évaluée au prétexte qu’il prend part à la construction du monde de demain. Ce pamphlet n’est pas totalement gratuit, la jeune femme, diplômée d’un master de philosophie à Normal Sup’, essaime son livre d’analyses pertinentes et d’exemples concrets. Evidemment je ne partage pas la totalité de son point de vue, la généralisation est toujours un danger, mais sur pas mal d’aspects, elle est dans le vrai. Elle a le mérite de soulever un problème qui existe bel et bien, et là-dessus je la rejoins volontiers. Le startuper, tout comme chaque dirigeant d’entreprise, n’est en rien exempt de son mandat social.

Le devoir social, une composante parfois oublié de l’entrepreneuriat

Mais en aucun cas, je n’ai le droit d’ériger mon propre investissement comme une règle de fonctionnement dans mon entreprise. Une start-up ne peut calquer son modèle de développement économique sur son mandat social.

Le créateur d’entreprise nourrit quotidiennement son souhait d’être son propre patron, il est de ce fait redevable envers la société d’obligations salariales et fiscales, mais aussi d’obligations morales et sociales.

La start-up est le lieu idéal pour réévaluer le rôle du stagiaire dans notre société

Ne pas rougir de son succès

Oui, le startuper mérite l’argent qu’il gagne, il a pris des risques et a mis sa vie entre parenthèses sans aucune assurance de succès. Il n’a donc certainement pas à rougir de son succès, tant que celui-ci se construit sur un pacte moral et social.

Evidemment, tous les startupers ne sont pas égaux devant les difficultés rencontrées mais cette règle doit s’appliquer à tous. Effectuer une levée de fonds de 30 000 euros ou de 3 millions d’euros ne décharge pas le startuper de ses devoirs. Si c’est trop compliqué de rémunérer les personnes alors pourquoi ne pas partager la valeur ? Il faut que la redistribution des richesses créées ait lieu entre l’entreprise et la communauté mais aussi entre dirigeants et salariés.

Pour conclure, je réitère que la généralisation est toujours un danger, cette tribune s’adresse donc de manière indifférenciée à ceux qui souhaiteront eux-mêmes se reconnaître ou non. Le startuper est nécessaire à notre société à bien des égards, son mandat social également.

Everybody clap your hands! 👏

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Romain Passilly

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