Réflexions sur le Silence (et la pensée)

Je ne sais pas s’il est possible de conserver une pensée dans son intégralité, sans en perdre une partie du sens.

Je finis par penser que tout bien considéré, inévitablement, il en manquera toujours une partie.

Une réflexion n’est complète que dans la continuité.

Mais la pensée, même non collectée, est-elle jamais complète? Tout comme le silence, elle s’adapte.

Elle est une grande voyageuse et transmet en prenant soin de ne pas rompre la continuité.

Peut-être même est-ce le silence qui est ce lien.

Il est un état de transition; tout comme la pensée il nous fait traverser un état pour nous amener vers un autre, et l’on n’en sort pas indemne.

Le silence est le soleil découpant une ombre sur un relief montagneux. Progressif, il avance lentement et enveloppe. Le silence a des frontières tangibles, sans cesse en mouvement, comme le retour incessant des vagues sur la rive.

Il est une marée, un coefficient, un cycle. Car il revient.

En fait, il n’est jamais vraiment parti.

Il était là, quelque part, à nous observer, et sans le savoir nous le cherchions.

Le silence est un livre à ciel ouvert.

Il traverse les murs des prisons.