Psychologie cognitive en UX design — Introduction
L’illusion de la simplicité et amélioration progressive
Vos utilisateurs vont naviguer dans l’interface du produit que vous avez tâché de rendre le plus intuitif possible. Mais l’est-elle vraiment ? N’avez-vous pas fait l’erreur commune de rendre votre produit trop complexe sans vous en rendre compte ?

What you see isn’t what your brain gets
Regardez cette image. Que voyez-vous ? Avec cet exemple frappant dans le livre 100 Things: Every Designer Needs to Know About People, Susan Weinschenk nous explique qu’en fonction de comment les choses sont présentées notre cerveau peut voir à première vue autre chose.
Ce qui est important de comprendre ici, c’est que bien qu’il n’y ait qu’un seul triangle de dessiné votre cerveau en verra 2. 👽
Dans cette trilogie d’articles plutôt théorique, essayons de comprendre comment notre cerveau peut parfois nous jouer des tours sans que nous puissions y faire quoi que ce soit.
L’illusion de la simplicité
Des entreprises, dans les années 90, ont tenté de cacher des actions complexes de leurs produits afin de générer ce qu’on appelle l’illusion de la simplicité. Vous pouvez être gagnant sur le court terme et vendre des tonnes de produits, mais ce qu’on recherche avant tout c’est fidéliser nos utilisateurs sur le long terme. Un utilisateur qui perd votre confiance c’est un utilisateur qui ne reviendra pas. Votre site ne soit pas être seulement beau, il doit aussi être fonctionnel. La simplicité d’un produit est obtenue en simplifiant le produit lui-même et non pas en cachant de la complexité sous le tapis.
Comme dans la vie, ce qui compte sur un site c’est d’abord la première impression. Un site semblera agréable et simple à utiliser si, dès le départ il donne une impression d’harmonie. Si l’on pense cela, c’est parce que nous sommes subjectifs dans nos décisions ! C’est comme ça que notre cerveau fonctionne : un moyen de défense face à l’inconnu…

Dans mon précédent article sur l’élaboration de la page météo pour france3, j’avais déconseillé de regarder sur d’autres sites d’inspiration quand on commence à concevoir les wireframes. Des sites comme dribbble vont effectivement vous présenter des tonnes d’idées graphiques, mais quant à l’utilisabilité, soyez attentifs, car bien souvent, ces idées sont effectivement plus belles que pratiques dans la réalité…
Cependant, l’analyse concurrentielle est utile à tout point de vue. Elle permet de voir comment vos concurrents ont géré des problématiques comparables aux vôtres. Vous pouvez même regarder sur le site Wayback Machine pour voir l’évolution et la résolution d’un composant au fil des années sur un site en particulier. Ce qui permettra d’observer pourquoi et surtout comment votre concurrent a adopté telle ou telle solution.
Cette citation de Jakob Nielsen est souvent reprise :
“Existing, perhaps competing, products, are often the best prototypes we can get of our own products” (Jakob Nielsen, inspiré de Byrne, 1989)
Qui explique entre autre que : les produits concurrents sont souvent les meilleurs prototypes de nos propres produits.

La première impression : c’est elle qui va rester ancrée dans notre mémoire.
Steve Jobs l’avait très bien compris en créant des objets aux formes simples et épurées.
Les utilisateurs souhaitent utiliser des appareils complexes comme des ordinateurs, très rapidement sans lire un manuel de 1000 pages. En créant l’illusion que le produit est simple à utiliser avec un design très épuré, l’utilisateur sera facilement convaincu.
Great design is invisible
Cependant, avoir seulement “un beau design”, ne peut être seulement profitable qu’à court terme.
La découverte active
La meilleure chose à faire serait de rendre directement l’utilisateur acteur de votre produit en affichant certaines features seulement au moment opportun (quand l’utilisateur en a réellement besoin). Ce qui éviterait de tout afficher d’un coup.
Quelques pistes pour vous aider :
- 1. Mentionnez la feature à l’aide d’un “Saviez-vous que…”
- 2. Répétez le message intelligemment à intervalle régulier,
- 3. Stopper l’affichage du message quand la feature est adoptée
La découverte progressive est un premier moyen efficace pour réduire la charge cognitive de l’utilisateur. Grâce à cela, vous éviterez de déconcentrer l’utilisateur en lui donnant trop d’informations dès le départ.
Pour la suite…
La solution la plus logique serait de demander directement ce qui ne vas pas aux utilisateurs et de nous expliquer ce qu’ils voudraient. Mais en faisant cela, on risquerait de répondre aux mauvaises problématiques.
A l’époque de Ford, si on avait demandé aux gens ce qu’ils voulaient avant que la voiture existe il auraient répondu : “Des chevaux plus rapides”.
Malheureusement il n’existe pas de formule magique qui permettrait de résoudre vos problèmes de complexité en un claquement de doigts. Chaque situation est différente et doit être étudiée en détail.
Et c’est en connaissant mieux ses utilisateurs, savoir comment ils se comportent face à certaines situations, d’où viennent-ils, pourquoi font-ils ceci plutôt que cela etc. qu’on peut commencer à trouver des solutions (ou du moins essayer d’être le plus juste possible). Et c’est là tout l’enjeu de l’UX Design : créer une expérience fluide, agréable et mémorable de votre produit.
Comprendre la psychologie UX et les différents biais cognitifs peut nous aider à prendre de bonnes décisions qui peuvent être utiles pour la suite…
