Les statuts du mouvement En Marche : Une architecture céleste ou bien un jeu de dupes ?

Jupiter, qui a su aligner les planètes pour conquérir le pouvoir, fera-t-il sa révolution pour donner une vie à son mouvement ?

Une révolution, pour reprendre le titre de l’ouvrage fondateur, ce n’est parfois qu’un modeste tour complet sur soi-même. C’est toutefois l’opportunité de voir les choses sous différents angles.

Les organisations sont des organismes vivants, ils sont réglés pour une naissance, une vie et une mort lorsque les membres sont écartelés et que le cœur cesse de battre. Quelle est la durée de vie des étoiles filantes, quel est l’intérêt des astres morts.

En marche est un cas d’école pour celui qui scrute les différentes organisations. Celles-ci présentent toutes un grand nombre de traits communs, qu’elles soient multinationales, administrations, start-up ou simple association. A cet égard le succès d’un groupe politique au fonctionnement assez informel, capable de créer une dynamique puissante à la vitesse de la contagion d’un mouvement de foule est assez exceptionnel.

Mais le fonctionnement adopté pour livrer une bataille doit-il être le même que l’administration civile en période de paix ? La cohésion naturelle des adhérents alimentée par le combat, peut-elle subsister quand il s’agit de nourrir le projet, de confronter les avis et de coopérer pour œuvrer en commun ? C’est la question qui se pose aujourd’hui à la LREM, aux heureux élus, aux techniciens du staff, mais également au gros bataillons des adhérents ayant vaillamment servi et revendiquant légitimement une place dans le fonctionnement de la maison commune.

Puisque le leader d’En Marche est friand de pensée complexe, chacun escompte que la suite de ce mouvement accordera une large place à un fonctionnement systémique, c’est-à-dire une interaction permanente de ses membres vers un but commun.

A l’heure d’adopter les registres du code de fonctionnement de ce mouvement, il ne semble pas inutile de proposer et de s’entendre au moins sur deux fondamentaux des organisations : La structure et le management ; La rédaction des statuts eux-mêmes n’en sera que la conséquence, la déclinaison, mais on y verra beaucoup plus clair sur l’architecture et son fonctionnement.

Le groupement d’individus vers un but commun doit trouver un équilibre entre efficacité et création de richesse collective, la force de proposition et la discipline commune. Il faut également s’entendre sur le système d’information, les régulations, la représentation, le contrôle, l’évaluation … Dans cette structure combien doit il y avoir d’étages, d’ascenseurs entre les niveaux ?

On peut en convenir, s’accorder sur cela est couteux en temps, mais n’est-ce pas indépassable pour un fonctionnement démocratique de 370 000 personnes, peut-on raisonnablement en faire l’économie ? Comment se nomment les pilotages qui évacuent ces fondamentaux ? L’autocratie, le paternalisme… ?

Le management : Toutes les organisations qui gèrent des ressources le savent, c’est une question de survie, il faut motiver, impliquer, faire adhérer…. Pour être fructueux et innovant il n’existe que le management participatif : écouter, reconnaitre et respecter tous les acteurs, solliciter l’expertise collective, bref mettre du réseau dans la pyramide.

Les entreprises qui adoptent ces règles, n’ont pourtant pas l’impression de perdre de l’argent et du temps avec de telles méthodes, mais cela demande beaucoup d’exigence et un peu d’humilité…

Ces quelques remarques pourraient faire l’objet d’une consultation nationale sur chacun des registres fondamentaux auprès des comités volontaires pour apporter leurs contributions.

Le maître des horloges saura-t-il accorder du temps à son mouvement pour une construction plus fructueuse ?

Considérons les statuts qui nous sont proposés comme un outil d’administration pour une période transitoire. Donnons-nous quelques mois pour capitaliser la richesse collective et finaliser un document qui ressemble à ce mouvement : de l’énergie, de l’intelligence, de l’engagement, de l’innovation, qui ne peuvent naître que du dialogue.

La mouture actuelle est désincarnée, et prétend administrer la vie avec un mode de culture hors sol. Pour paraphraser les pères de la théorie des organisations, cela sent la technostructure à plein nez, avec une petite pointe de Machiavel au pays du marketing.

Encore un effort pour la démocratie.

www.democratieenmarche.fr

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