Je suis responsable informatique, comment redonner du sens à mon métier ?

Erreur fatal 404, le genre de message qui agrémente mes journées. Quinze ans de prestation de service, de responsable informatique. Autant d’années à corriger les problématiques des autres, à paramétrer, transférer des données de plus en plus sensibles. L’urgence des autres devient mon urgence, les systèmes d’information sont au cœur de l’entreprise, quand le bug arrive c’est l’AVC de celle-ci.

Les collaborateurs de nos clients appellent le support utilisateurs avant même de réfléchir à une solution

«Pas de temps à perdre, l’informaticien va nous résoudre le problème».

Je passe en permanence d’un souci mineur mais chronophage à une problématique majeure demandant toutes mes capacités. Mon métier devient de plus en plus stressant et de moins en moins enrichissant.


«l’informatique a enfermé les processus métiers»

Nous avons laissé le système d’information prendre une place centrale. Forts de notre position dominante au début des années 2000, ce sont nos clients qui ont adapté leurs processus métiers à l’outil informatique alors que l’inverse aurait permis une meilleure R&D et des évolutions plus rapides des usages.

Les usages collaborateurs le maillon faible de notre système.

Au quotidien, nous faisons le grand écart entre la simplification de notre informatique personnelle (smartphones, réseaux sociaux, achats en ligne, accès à la formation, etc. ) et la complexité de l’environnement dans nos entreprises.

Les usages des collaborateurs sont le maillon faible de notre système pensé dans une logique de performance qui laisse l’expérience de côté. Nous devenons incapables de faire communiquer un ensemble d’outils développés par des éditeurs qui n’ont souvent qu’un seul objectif : en faire un système propriétaire pour «vendre toujours plus d’assistance et de mises à jours».


Une situation paradoxale pour nous, les responsables informatiques, qui devenons de moins en moins indépendants des éditeurs logiciels ou des constructeurs matériels. Avec l’actualité récente des cryptolokers (cryptage des données contre rançons) nous supportons de plus en plus de risques et sommes sollicités à chaque vague d’attaques pour éteindre un incendie que nous avons nous mêmes créé par nos choix antérieurs.


La cybercriminalité est une opportunité pour les mafias ou les groupes terroristes de remplir les caisses de dollars sans arme ni combat. Mais c’est aussi la mort de plusieurs prestataires ou le burn-out assuré pour les responsables informatique et les dirigeants victimes de ces attaques invisibles et plus ou moins silencieuses.


Avec l’expérience j’ai vu évoluer mon métier. Les risques sont trop élevés, le plaisir s’est perdu au fil des années.

C’est à nous de changer la relation utilisateurs avec le support informatique, accompagner et former les collaborateurs pour améliorer leur autonomie.

il est temps de mettre les outils informatiques au service de notre société et de nos vies :)

Pour cela il faut reprendre la main, travailler sur le développement d’une meilleure relation entre l’homme et la machine.

Et enfin profiter pleinement de l’intelligence artificielle et de l’interconnections de nos réseaux au service de l’évolution de nos sociétés.


J’aime mon job, je n’oublie pas la chance que j’ai de vivre d’une passion, d’apprendre quotidiennement mais il est temps pour moi d’alterner, de continuer à créer les conditions d’un slasheur libre et indépendant.

Olivier