#Metoo : Pourquoi sommes-nous encore “pédago” ?
lucile quillet
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Merci pour ce beau texte.

Je fais partie de celle qui ont “parlé” de manière public et en nommant son agresseur. Pourquoi ? Parce qu’en lisant un témoignage #moiaussi, le premier sentiment qui m’est venu c’est la honte. Moi, après plus de 20 ans après mon viol, après avoir porté plainte, après un classement de mon affaire pour prescription, après avoir lutter face à ma famille qui faisait bloc contre moi je me sentais honteuse en lisant un témoignage qui parlait d’agressions sexuelles en m’imaginant faire pareil… Après la honte j’ai ressentie une énorme colère, une colère contre tous, la société, ma famille, le patriarcat, le sexisme… contre moi qui avait encore eu une fois honte… Je me suis dit stop. Parle. C’est le seul moyen de renverser les choses. Et si le témoignage que j’avais lu m’a fait me décider pour renverser cette tendance alors mon témoignage pourra peut être faire pareil avec d’autres… Et ainsi de suite. Une grande chaîne pour renverser la culpabilité…

Je comprends celles qui ne peuvent pas, celles qui ne veulent pas, celles qui aimeraient, celles qui l’ont trop fait et celles qui ne veulent plus. On est toutes dans le même bateau et chacune doit trouver comment ramer pour avancer. J’aime à croire que si l’une d’entre nous n’a pas la force de ramer, alors avec mon témoignage je rame aussi pour elle et pour vous et pour toi, que ça la fait avancer quand même. Et s’il m’arrive de ne plus ramer, alors j’ai l’espoir que d’autres rameront pour moi aussi.

Qu’avons d’autre ?

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