Cartographie collaborative : l’humain sur la carte du monde

SAMILEI HOARAU
Nov 22, 2019 · 2 min read

Malgré la multiplication des satellites dans l’espace, certains endroits du monde semblent encore invisibles. De nombreux territoires habités, considérés comme “zones grises”, ne sont toujours pas cartographiés sur les logiciels de géolocalisation. Ce sont généralement des territoires défavorisés et exclus des logiques commerciales. De prime abord, les cartes semblent être un luxe appréciable grâce auquel nous trouvons notre itinéraire le plus rapide et fiable. Pourtant, c’est une nécessité bien plus indispensable qu’elle n’y paraît.

Nous étions au dernier “mapathon” organisé à Grenoble, le 20 novembre 2019 (Photo : Sarah Saadi-Garcia)

Les zones grises sont souvent sujettes à des interventions humanitaires, notamment en cas de famine, de catastrophes naturelles ou d’autres crises. Les ONG qui partent sur le terrain ont parfois beaucoup de mal à trouver les villages concernés. Les cartes sont vierges, rendant leur périple long et parfois dangereux. Des cartographes ont pris l’initiative de faciliter ces missions humanitaires en mettant en place différents dispositifs.

La cartographie humanitaire pour les nul.le.s

A la Turbine, les cerveaux semblent déjà en ébullition et tout le monde est attentif aux conseils avisés de Hana El Attar, membre de l’organisation CartONG. Elle forme ces contributeurs à l’exercice particulier du “mapathon”, une soirée où des personnes volontaires, initiées ou curieuses, se plongent dans la cartographie humanitaire pendant quelques heures.

Le but ? Décrypter un territoire choisi et y ajouter un maximum de données grâce à Open Street Map, le “Wikipédia des cartes”. L’outil collaboratif permet d’ajouter rapidement de nombreuses données sans aucune contrainte, contrairement à Google Maps. Ce soir, c’est la carte de Boassa, la banlieue de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, qui est complétée.

“Mapathon” grenoblois — Reportage (Images et montage : S.Hoarau//Texte: S. Saadi-Garcia)

Des petites mains qui oeuvrent discrètement mais qui ont déjà rassemblé de très nombreuses données qui ont permis de dessiner un monde oublié. Pour reprendre l’exemple du Burkina Faso, en 2009, seulement 3451 kilomètres de routes étaient répertoriés sur Open Street Map contre près de 78 093 en 2017 ! Une avancée réelle permise par la cartographie collaborative, initiée par des ONG mais également par des particuliers anonymes désireux de faire un petit geste pour aider.

Le contraste entre Google Maps et OpenStreetMap est frappant. Sur l’un, Boassa semble ne pas être habitée, sur l’autre, la banlieue est vaste et semble tout sauf déserte.

Si la géographie ne sauve pas des vies, elle permet d’aider considérablement ceux qui agissent sur le terrain et qui ne peuvent pas se permettre de perdre du temps en s’égarant. La cartographie n’est pas réservée aux urbanistes ou aux géographes, chacun peut contribuer à l’alimentation de cartes qui sont encore loin d’être toutes dessinées. Une façon moderne de découvrir le monde, tout en restant chez soi, derrière son ordinateur.

Sarah Saadi-Garcia et Samileï Hoarau

    SAMILEI HOARAU

    Etudiante en journalisme

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