Tribulations d’une stagiaire en stage…

…ou comment je me suis injustement fait virer de mon stage de fin d’études.

Comme on dit, “c’est en faisant des erreurs qu’on apprend”. Pour mon premier stage, on peut dire que je suis bien tombée! J’ai fait l’erreur de faire confiance à une entreprise peu scrupuleuse. On ne m’y prendra pas deux fois. Ça tombe bien, l’année scolaire est bientôt terminée et je suis sur le point d’être diplômée. Retour sur une expérience qui laisse tout de même un goût amer dans la bouche.

Qui suis-je?

Avant d’aller droit au but, une petite présentation s’impose. Je suis étudiante à distance et je suis sur le point de terminer un Master (yeah!). Comme dans tous les cursus de Master pro (me semble-t-il), les étudiants doivent obligatoirement faire un stage d’un à plusieurs mois. Si le stage est supérieur à deux mois, il est question d’une gratification (les sites du Service Public et de l’URSSAF l’expliquent bien mieux que moi). Dans mon cas, un stage de deux mois suffit pour obtenir le diplôme. Je ne m’attends donc pas à “être payée” et pour être honnête, je ne cours pas après cette gratification. Car après tout, il faut dire les choses comme elles sont, comment peut-on vivre avec 554 € par mois ?! Bref, je n’ai qu’une hâte : commencer à exercer dans le domaine choisi.

La recherche du stage

Je n’ai jamais vraiment eu de difficultés à trouver un emploi. Je pars donc du principe que trouver un stage sera pareil, d’autant que j’élimine d’emblée la contrainte géographique. Je postule en effet en tant que “stagiaire télétravailleuse”.

Je dois avoir trouvé un stage en moins de deux mois, en gros, avant les vacances de Noël. Vu la profusion d’annonces dans le domaine en question, je me dis que c’est largement faisable. En deux jours, j’envoie une trentaine de candidatures. Le peu de retour que je reçois précise que le télétravail n’est pas possible. Toutefois, une entreprise semble intéressée par mon profil et me propose rapidement un entretien via Skype. Ce jour-là, j’aurais mieux fait de me casser une jambe.

La convention de stage

Première surprise : l’entreprise en question a déjà trouvé un stagiaire. Cependant, mes capacités en langue anglaise et ma situation géographique (pays anglophone) attirent. On me propose donc d’exploiter ces atouts qui, d’après ce que je comprends, feraient le plus grand bien à l’entreprise.

Seconde surprise : bien que je cherche un stage de 2 mois, on m’offre un stage de 6 mois “car un travail à long terme est plus intéressant”. Why not. Après plusieurs rappels, l’entreprise signe enfin la convention de stage rémunéré (d’un montant inférieur au montant légal mais je ne l’ai relevé que plus tard). Je débute immédiatement après les vacances de Noël.

L’entreprise

Je pense naïvement qu’un stage permet d’être formé sur un métier et que le maître de stage est là pour aider et expliquer les ficelles dudit métier (car bon, il ne faut pas oublier qu’il s’agit ici d’un stage rémunéré, il ne faudrait pas non plus que je sois payée à ne rien faire). Que nenni! En réalité, je me mets le doigt (que dis-je, le bras) dans l’œil. Le maître de stage n’y connaît strictement rien dans le métier en question. Ça malheureusement, je mets un peu de temps avant de m’en apercevoir. Ah! Si on savait tout tout de suite, ça ne serait plus drôle.

Les débuts du stage

Afin de me familiariser avec l’entreprise, on m’envoie quelques PDF. Pour le reste, j’ai carte blanche (sous-entendu “Débrouille-toi!”). Travaillant de chez moi, j’ai au moins la chance de ne pas préparer le café ni de faire des photocopies.

Peu de temps après, mon travail est remis en question car je semble m’éloigner du but défini au départ (un but qui me paraît à ce moment encore abstrait mais un but quand même). Qu’à cela ne tienne, je me renseigne comme je peux sur cet aspect particulier du métier et je découvre des tas de choses intéressantes que je commence à appliquer dans mon travail.

Je m’améliore en un temps record

Les jours se suivent et se ressemblent. Je prépare mon travail, je le soumets et à chaque fois, il est accepté sans être modifié. Wow, j’assure on dirait! Le changement de stratégie semble porter ses fruits. Ça change du temps où les profs n’hésitaient pas à corriger mes exercices et devoirs à la virgule près.

Le sujet qui fâche

Au bout d’un mois et demi de stage, j’aborde la question de la gratification, censée être due dès le début du stage car il s’agit, je le rappelle, d’un stage long. Et là, catastrophe, tout s’écroule! Mais qu’est-ce qui m’a pris de parler d’argent!? Je suis vraiment bête, j’ai tout gâché.

“Vous comprenez, votre travail n’apporte rien à la société. Je n’ai donc pas envie de vous payer autant, car c’est beaucoup, 500 euros pour ce que vous avez fait.”

J’avoue que je ne l’ai pas vue venir celle-là. Je suis en train de me faire arnaquer pendant mon stage de fin d’études et personne ne me prévient? C’est vraiment la meilleure de l’année! Et le maître de stage d’ajouter, d’une voix mielleuse: “Allez, vous avez produit tant, je vous le fais à tant.” On est en train de marchander mon travail en plus! Mais où est-elle, la caméra cachée?

Se battre

L’incompréhension, la colère, le doute, les questions. Où est le respect dans tout cela ? Et si ce stage n’était en fait qu’un emploi dissimulé ?

J’ai besoin d’en parler, là, tout de suite. Je poste sur un forum spécialisé dans le domaine de mon stage, un message objectif et clair. Je reçois un, deux, dix, vingt, cent (…) réponses de la part d’individus qui ne me connaissent pas mais qui semblent être, comme moi, scandalisés face à la mauvaise tournure qu’a pris le stage. Je voulais du soutien et des conseils, j’en ai eu au centuple. Ça fait du bien. J’ai même eu des propositions de stage pour me faire oublier ce raté.

Mon histoire n’est pas banale, je ne suis pas seule, cela me fait plaisir et cela m’attriste en même temps. Je me demande ce qu’il faut faire pour que de telles situations ne se reproduisent pas.

Affaire toujours à suivre

Avec l’aide de mon école (pas dupe, heureusement), la rupture de la convention se fait dans les règles. Je ne sais pas si les papiers sont signés mais à ce jour, j’attends toujours le versement de la gratification. Pour le principe, je relancerai jusqu’à ce que j’obtienne satisfaction car moi, je n’ai rien à perdre.

Je dédie ce premier billet à Raphaëlle que je remercie pour son soutien, ainsi que de m’avoir fait découvrir cette plateforme.

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