Sidra, 14 ans, rêve de défendre les droits des femmes de son pays

Portrait n°1 : Sidra, une jeune fille qui veut s’engager pour l’émancipation des femmes en Inde

Sidra est en quatrième à l’Avasara Académy. Elle vit avec sa famille à Pune, la ville à côté.

Pourquoi as-tu choisi cette école?

— C’est une amie qui m’ a parlé d’Avasara (voir notre article sur ce collège du leadership féminin). Ça faisait un an qu’elle y était et elle avait l’air d’adorer. Ce qui m’a convaincue, c’est le fait que c’est un collège non mixte qui veut apprendre aux femmes à se donner les moyens de leur ambition.

— Et toi, quelle est ton ambition?

— Je veux devenir une figure de l’émancipation des femmes. Je veux participer à l’élévation des femmes en Inde. Elles devraient avoir la même place que les hommes.

— Et si tu pouvais faire passer un message à une de ces femmes, d’Inde ou d’un autre pays, que lui dirais-tu?

— Je lui dirais : “où que tu sois, bats-toi pour défendre tes droits. A chaque fois qu’un obstacle se présente à toi, surmonte-le en faisant porter ta voix, en défendant ce qui est juste. Fais-le pour toi-même, aies ce courage.”

— Tu as dû surmonter des obstacles, dans ta vie personnelle, en tant que jeune femme?

—Oui. J’étais en CM2. Des voisins et même des amis de mes parents ont commencé à leur dire qu’ils ne devaient pas me fournir une éducation : “vous ne devez pas l’instruire, elle ne vous appartient pas, elle appartiendra à une autre famille quand elle sera grande.” J’ai demandé à en parler avec mon père. Je lui ai dit que pour moi, l’éducation était la seule chose qui pouvait m’aider à m’élever, à grandir. Il a été très compréhensif, il m’a beaucoup aidée. C’est grâce à lui que j’ai pu intégrer un collège. Toutes les filles n’ont pas cette chance.


En Inde, plus de 87% des mariages sont arrangés, ce qui ne veut pas dire forcés : les jeunes Indiennes et Indiens préfèrent faire confiance à leurs parents pour choisir leur futur(e)s conjoint(e)s que de faire ce choix eux-mêmes. Les critères pris en compte pour le mariage arrangé sont la religion, la caste, le statut social et la profession, des critères physiques en particulier pour le choix des jeunes femmes. Une fois mariée, la jeune femme quitte sa famille pour s’installer dans la maison de sa belle-famille (avec ou sans dot). Une tradition qui décourage de nombreuses familles d’éduquer leurs filles, et qui maintient une pratique d’infanticide des filles.