C’est décidé: j’apprends à coder!
Ce soir, c’est mon premier cours de code
Ca y est, je m’y mets. Ca fait longtemps que j’hésite. Ca fait longtemps que je repousse, et que je me trouve des excuses bidons du genre: pas le temps, ca va être trop dur, c’est pas une priorité, je suis déjà en train de monter une business, pourquoi coder quand t’as des mecs dans ton équipe qui le font déjà, les maths c’est pas ton truc anyway…
Mais comme d’habitude ce genre d’arguments extérieurs purement rationnels ne résistent pas à une envie pressante, irresistible, complètement irrationnelle et qui vient de l’intérieur . J’ai juste envie de le faire et c’est probablement la meilleure raison du monde.
J’ai ce sentiment que c’est ce qu’il FAUT faire. En plus j’aime apprendre. J’ai toujours aimé ca. Quand je suis dans une situation où je n’apprends pas, je m’encroute, je m’enkyste, je m’emmerde. A mourir. Et puis, certains appellent ça la crise de la quarantaine, mais je suis de toute évidence dans une période où j’ai besoin de sortir de ma zone de confort, d’abandonner mes pantoufles comme j’en parlais ici notamment, et de faire quelque chose de difficile, de différent, d’utile aussi si possible.
Je me souviens, quand j’ai choisi une école pour débuter mes études, je voulais une école qui m’aide à comprendre le monde. J’ai choisi Sciences Po en me disant que même si je n’apprenais pas un métier à proprement parler, j’en sortirai au moins avec une compréhension de la société qui m’entoure et de son organisation. Je ne m’étais pas trompé… ca ne m’a pas appris de métier ;-) Je suis tombé dans la pub et le marketing que bien plus tard, et par des sentiers détournés, bien cachés, de loin les moins empruntés(ce sont mes préférés encore à ce jour).
Aujourd’hui je décide d’apprendre à coder. Il ne s’agit pas d’une réorientation de carrière. Je n’ai pas l’intention de me mettre à coder les sites web de mes clients. Je n’ai pas la prétention de programmer la prochaine application qui va révolutionner le web. Je n’ai pas plus l’intention de repasser derrière les lignes de codes de mes programmeurs pour y chercher le bug. Je serai peut-être juste un peu moins perdu quand j’assisterai à une de leur discussion, mais ce n’est pas le genre d’idée qui à présidé ma décision.
Non, mon idée c’est que je vis aujourd’hui dans un monde infiniment plus connecté que celui dans lequel je suis né. Mes enfants sont nés avec un iPad dans les mains, ils ne regardent pas la télé, n’utilisent jamais google, et jouent à des jeux vidéos surtout pour avoir une relation avec leurs amis. Aujourd’hui les hommes voient le monde à travers le filtre d’une interface et d’un software. Le monde a complètement changé. Comment prétendre guider ses clients dans un univers dont on ne comprends pas la langue?
Quand on s’appelle au téléphone, la ligne passe d’abord par un serveur, qui est commandé par un software. Nos télévisions sont connectées au web, on magasine en ligne, plus personne n’achète de cartes routières ni d’appareils photos ni de livres, ni de films, nos possessions se dématerialisent au rythme de la loi de Moore et sont stockées dans le cloud, et tout cela nécessite des softwares, qui ne comprennent que le code.
Dans un monde où les ordinateurs sont partout, et où même les objets sont connectés entre eux, ne pas comprendre le langage des machines c’est ne plus comprendre notre propre univers. Le code, c’est le langage du monde dans lequel nous vivons. Tout simplement.
Mais il ne s’agit pas seulement de comprendre les machines. On dit en effet que le langage structure la pensée. C’est pour celà que nous avons des écoles dans lesquelles nous apprenons aux enfants à lire, à écrire et compter. Il ne s’agit pas simplement de leur enseigner un métier, il s’agit surtout de leur apprendre à penser par eux eux-même. Le but de l’école est d’apprendre à apprendre, trop nombreux sont ceux qui pensent avoir tout appris en sortant de l’école alors que l’histoire commence à peine.
Alors si le code est le langage des machines, c’est le code qui structure leur manière de penser, de fonctionner. Comprendre le code c’est comprendre la machine, et c’est surtout lui enseigner comment changer le monde, comment règler des problèmes majeurs.
Moi l’école m’a enseigné qu’il fallait toujours apprendre, toujours aller plus loin, toujours se dépasser et qu’en s’améliorant on améliorait le monde. A Sciences Po j’ai appris comment fonctionnait la société, et ca m’a donné le gout de la changer. Au moins un peu. Pourquoi pas le faire en codant?
Ce qui a achevé de me convaincre c’est qu’un pote (de Sciences Po justement) a lancé l’initiative d’école du code à distance suivante: http://simplon.co/foad J’aimais l’idée, la vision. Elle s’appliquait à mon univers et à mon rythme de vie. En plus, quitte à vouloir changer le monde, s’inscrire en passant par là http://fr.ulule.com/simplonco/ permettait d’offrir la formation à des jeunes défavorisés. Offrir le code en apprenant à coder me parraissait encore plus génial. Pour Simplon c’est un deux pour 1. En l’occurrence un 4 pour un car j’ai décidé d’inscire mon fils avec moi. Apprendre à coder devient une activité père-fils. Pour les 6 prochains mois, mon fils et moi allons apprendre le code. Ensemble. A la fin de la session on fera peut-être une app ensemble qui sait?… Moi je trouve ca beau.