Cartographie du RETIF (Répertoire des tableaux italiens dans les collections publiques françaises) dans le Hauts-de-France : manipulation avec Palladio

Comme il s’agit d’un projet au long court, les quelques chiffres fournis concernant la base datent du 9 mars 2017.


Mise en contexte

L’Institut national d’histoire de l’art (INHA) recense et répertorie depuis 2001, avec l’aide de l’ensemble des musées de France et des conservateurs des Antiquités et objets d’art, tous les tableaux italiens conservés dans les églises et les musées français.

Ces œuvres sont présentées dans une base de données unique désignée sous l’acronyme RETIF pour « Répertoire des tableaux italiens dans les collections publiques françaises ». Hébergée dans AGORHA, cette base de données est le reflet de l’actualité de la recherche, les notices d’œuvres évoluant au gré des attributions, des restaurations et des découvertes.

A l’heure actuelle, le RETIF compte 13 923 notices oeuvres publiées conservées dans 1245 villes (soit 1745 institutions publiques ou églises).
Un graphique peu lisible > beaucoup de ville et d’institutions engagées

À l’occasion de l’exposition Heures italiennes, trésors de la peinture italienne en Picardie (XIVe-XVIIIe siècles), qui s’appuie sur les informations du RETIF, l’INHA propose une version cartographiée de la base de données. Elle permet au public le plus large possible de se promener dans les collections italiennes des Hauts-de-France, de s’informer sur les œuvres, et d’approfondir le cas échéant par un accès direct à la base de données.

Prototype réalisé à partir de Bootleaf codé par Bryan McBride, à partir de Bootstrap 3, Leaflet, et typeahead.js

Adresse de l’application: https://heuresitaliennes-hautsdefrance.inha.fr/

Accès au données

Pour alimenter cette cartographie, les données sont récupérées via le protocole OAI-PMH mis à disposition par AGORHA (pour en savoir + sur les sets disponibles), puis nettoyées/simplifiées/géolocalisées.

Pour faciliter l’exploitation de ces données par des tiers, cette application, via l’onglet “Télécharger”, permet de récupérer les données sous plusieurs formats:

CSV, geojson mais également un fichier json préformaté pour l’utiliser avec l’application PALLADIO développée par le laboratoire Humanities + Design de l’Université de Stanford.
Téléchargement du jeux de données

Les données exportées comportent 17 champs de description. Le tableau ci-dessous précise leurs intitulés, le type avec une description et un exemple.

Manipulation des données avec Palladio

Après le téléchargement du fichier, il suffit de se rendre sur l’application Palladio pour importer le fichier json, à l’adresse suivante: http://hdlab.stanford.edu/palladio-app/#/upload.

Une fois importé, l’ensemble des données du fichiers (avec leurs typologies > texte, nombres, coordonnées géographiques), s’affiche dans le 1er onglet “DATA”. Le point rouge indique qu’il y a élément à regarder de plus près, dans notre cas, la présence de caractères spéciaux (de type — , ? ; :, etc.). Pour chaque type d’information (voir cela comme des noms de colonnes d’un fichier excel), il est possible d‘avoir plus de détails (très pratique pour faire un petit contrôle des données).

Import du fichier json dans Palladio
Premier onglet de l’application avec l’ensemble des données et une fenêtre d’édition pour le champ “TITRE_COMPLET”
  • MAP
Permet de créer des cartes. Il s’agit ici de spatialiser le millier d’oeuvres de la base RETIF selon le lieu actuel de conservation.

La procédure est la suivante:

  1. Cliquer sur “New Layer”
  2. Dans l’onglet “data”, ajouter un nom à votre claque, choisir “Point” pour le type de carte, dans “Place”, choisir “Geoloc” (champ qui contient les coordonnées géographiques des lieux de conservations), puis pour “Tooltip Label”, choisir “TITRE_COMPLET” et cocher la case “Size points” (choisir la couleur de votre choix !)
  3. Le résultat s’affiche à l’écran !

Pour d’autres options sur la fonction cartographique de Palladio, voir un autre billet sur la spacialisation de données sur une carte ancienne numérisée, toujours dans Palladio: https://goo.gl/TSYNdz

  • FILTRES
Les filtres sont accessibles dans les 4 visualisations de Palladio et permettent de filtrer dynamiquement les informations affichées dans la zone centrale.

Exemple concret d’utilisation -> Ainsi, on peut facilement faire afficher sur les cartes, toutes les copies (en utilisant le qualificatif (copie de) ou encore le lieu de conservation des oeuvres exposées dans l’exposition d’Amiens, etc.

  • GRAPH
Permet de visualiser sous la forme d’un graph de réseau, les relations entre 2 champs. Il suffit de choisir un champ “source” et un champ “cible” et Palladio créé un réseau simple.

Cette fonctionnalité possède très peu d’option, il s’agit là de la visualisation la moins pertinente à mon sens de Palladio (du moins, le jeu de donnée ne s’y prête pas. Ci-dessous un test pour visualiser le rapport entre artiste et lieu de conservation des oeuvres.

  • TABLE
Espace permettant de générer des listes en réalisant des regroupements logique à partir des données et de les exporter au format CSV (équivalent à excel)

Cet outil est utile pour se poser des questions telles que “Où sont conservées les oeuvres de tels artistes et quels sont les qualificatifs d’attribution (de, d’après, copie d’après, attribué à, genre de, entourage de, etc.) qui lui sont associés) ?

Pour ce faire, dans “Row Dimension”, il faut choisir la donnée de départ (à savoir le nom de l’artiste > AUTEUR_FR) puis de choisir les dimensions que l’on souhaite voir afficher (à savoir AUTEUR_QUALIF, LIEU_DE_CONSERVATION, LIEU_EXPO)

  • GALLERY
Grâce à la récupération des URL des vignettes, il est possible de générer cette galerie très facilement et de choisir les éléments qui en constituent les cartels. La source de l’information n’est pas perdue car il est possible d’associer une URL à chaque enregistrement (utilisant ici l’URL pérenne d’AGORHA reposant sur le système PURL).

Pour cela, il faut pour chaque élément du cartel, choisir le bon champ dans les données importées.

Limites de Palladio

Bien que certains exports existent (SVG pour le graph et la carte (mais sans le fond de carte), CSV pour la table) le gros moins de Palladio consiste aux partages des ces visualisations car il n’existe pas d’outil, à ma connaissance, pour exploiter facilement le json généré par Palladio.

De plus, il n’est pas possible de partager son travail (soir pas une URL soit par exemple par la génération d’un code à <embeder>), à moins de mettre à disposition le json généré (et d’inviter les personnes à l’importer dans leur propre session Palladio).

Si des questions se posent sur l’utilisation de Palladio, n’hésitez pas à commenter, ce billet sera évolutif avec d’autres trucs et astuces à venir !