#LEADERSHIP - Gardez un comportement smart et agile en période de stress ou de crise

« On a deux vies. Et la deuxième commence le jour où l’on se rend compte qu’on en a qu’une. » Confucius

VOTRE COMPORTEMENT, UN OUTIL DE MESURE

Ne vous-êtes-vous jamais trouvé dans une situation inconfortable qui met à l’épreuve votre façon de voir le monde, votre façon d’agir dans la société et la façon dont vous attendez que les autres se comportent et réagissent ?

Vous êtes régulièrement en présence d’environnements ou de comportements qui ne respectent pas votre vision du Monde, parfois d’un monde « idéalisé ». Parfois même vos propres comportements ne correspondent pas à vos intentions profondes ou plutôt leurs conséquences ne correspondent pas à ce que vous espériez générer comme réaction chez les autres et ce que vous espériez vivre, tout simplement.

Observons deux cas de figure :

  • Vous êtes l’initiateur

Dans le premier cas vous êtes à l’initiative d’un comportement. Vous avez consciemment ou inconsciemment imaginé une situation, un objectif, une situation finale (c’est-à-dire long terme). Vous agissez, dans votre environnement, dans l’idée d’atteindre votre objectif ou réaliser votre vision. Vous avez un comportement positif et cohérent mais rapidement le temps presse, des éléments divers viennent ralentir ou compliquer vos plans et une frustration commence à naître. La peur (ou l’inquiétude) de ne pas atteindre ou réaliser les objectifs (ou visions). Vous vous surprenez à agir de façon incohérente ou maladroite, vous provoquez des situations d’incompréhension et des tensions naissent entre vous et votre entourage. Vous êtes frustré, parfois en colère, triste surtout de ne pas agir comme vous le souhaiteriez. Triste de ne pas réaliser ce que vous vous êtes promis. Cette frustration engendre des comportements en décalage avec vos intentions profondes, un décalage parfois total ou contraire à certaines de vos valeurs.

Prenons un autre exemple. Vous voulez faciliter la scolarité de vos enfants ou leur donner un maximum d’atouts pour leur réussite. Vous vous focalisez tellement sur votre vision finale que vous en oubliez l’essentiel. Ce qui peut leur donner la confiance ou l’amour propre nécessaire à de magnifiques réalisations : de l’attention, de l’amour, de la confiance, de la responsabilité, des conseils. Votre intention est d’exprimer votre valeur de « Bienveillance » mais vos comportements expriment l’inverse ou sont ressentis très négativement. Ceci a d’ailleurs pour effet de provoquer le contraire de ce pour quoi vous agissez.

  • Vous êtes en réaction

Dans le second cas, vous êtes en réaction. Votre collaborateur a un comportement qui vous gêne, que vous ne comprenez pas (qui vous semble inadapté à la situation) ou par exemple votre enfant vous snobe, vous défie, vous n’arrivez pas à le comprendre à échanger calmement avec lui. Vous devez faire des choix. Décider comment réagir. Dans la plupart des cas nos réactions sont basées sur des habitudes, des réflexes acquis avec le temps. Des réactions conditionnées par les « croyances » et étalons que chacun de nous construit durant nos premières années de vie. Rapidement vous pourrez ressentir de la frustration, de la colère, évidemment de la tristesse. Toujours pour les mêmes raisons : ne pas avoir su réaliser vos intentions.

A LA DÉCOUVERTE DU SYSTÈME DE VALEUR

Comme nous l’avons vu précédemment le système de valeurs est le châssis de votre vie. Un châssis qui va être mis à l’épreuve par vos comportements d’une part et d’autre part les réactions de votre environnement. Vous avez en votre possession deux indicateurs. Nous allons détailler ce concept un peu plus loin. Intéressons-nous tout d’abord à la façon de conscientiser ou formaliser son système de valeur. Quelle est la définition d’une valeur ? Voici la définition de wikipedia.fr :

« En psychologie, les valeurs (du latin « valor », dérivé de « valere » qui signifie « être fort, puissant ») sont « des motivations trans-situationnelles, organisées hiérarchiquement, qui guident la vie ». Les valeurs sont considérées comme des variables latentes, qui ne sont pas directement observables mais qui se manifestent à partir de nos perceptions, nos attitudes, nos choix, nos comportements, nos jugements et nos actions. Dans ce sens, elles permettent de répondre à la question pourquoi agissons-nous comme nous agissons ? La psychologie des valeurs peut aider à comprendre ce qui est le plus important pour un individu (ou pour un groupe) et ceci à travers différents contextes et situations sociales.

Voici une partie de la méthodologie qui permet de conscientiser, constituer et formaliser son système de valeur individuel. Il existe 3 étapes essentielles :

  1. Faire une introspection sur ses intentions profondes de vie
  2. Choisir 5 valeurs « guides » qui vont constituer le socle du système
  3. Définir chacune d’elle par une phrase courte qui exprime de façon opérationnelle la façon dont elle se vie et se partage. Choisir des exemples concrets.

Pour certaines personnes, il est plus aisé de penser d’abord à « ce que l’on ne veut surtout pas » pour aboutir à ce que l’on préfère et retrouver ainsi les valeurs qui nous animent. Partir de la fin ou du perçu comme négatif pour le transformer en positif est une astuce qui fait écho au fait de partir de la fin pour savoir ce que l’on veut au début (dans le présent), c’est-à-dire voir la mort (la fin ou le futur) comme un rappel à la vie (le début ou le présent) et à nos responsabilités.

PRENDRE DU RECUL SUR SES RÉACTIONS ET SES CHOIX

Maintenant que l’on a étudié ces deux cas de figure, on comprend qu’agir en cohérence avec ses intentions profondes via son système de valeur n’est pas toujours évident et dépend beaucoup des situations que l’on traverse. Cela dépend largement des contextes et de la prise de recul que l’on est capable d’effectuer.

Un des moyens de prendre du recul est d’analyser l’alignement entre le système de valeur et ses comportements ou plutôt les réactions qu’ils engendrent. Il y a donc deux cas, l’un où vous devez engager un comportement suite à un stimulus (ou des stimuli) venant de l’extérieur, un autre cas où vous devez engager un comportement pour réaliser une ambition personnelle sans stimuli directs.

Pour ces deux cas, la méthode est identique. Vous devez vous demander, et c’est ce que nous verrons plus loin, si votre comportement est en accord avec votre système de valeur. Avant de pouvoir réaliser cette mise en perspective vous devez construire votre système de valeur en vous aidant du schéma ci-dessus.

LE SYSTÈME DE VALEUR SOUMIS AUX CAS EXTREMES : GUERRE, CRISES ET TERRORISME

Faisons un détour vers le pire puis nous revendrons ensuite au meilleur. Les évènements de type crise profonde, attentats ou guerre sont des exemples extrêmes de ce qui peut éprouver ce qui existe au plus profond de nous : le système de valeur. Une sorte de châssis ou de fondation plus ou moins souple qui sous-tend notre façon d’évoluer à travers la société, les communautés, le Monde et finalement la vie.

Quel est le point commun entre la guerre, la crise majeure ou le terrorisme dans leurs formes les plus dramatiques ? La réponse est simple. Tous ces événements nous rapprochent de la mort. La mort effraie, la mort nous rappelle une « fin ». Mais la mort ne nous rappelle-t-elle pas à la vie, physique (de chair), avant tout ? Ne nous renvoie-t-elle pas à notre présence et donc au sens que nous donnons à chaque seconde, chaque jour passé à nous mouvoir ? Ne nous renvoie-t-elle pas à la vision (vraisemblablement idéalisée) que nous en avons ?

Réalisons, si vous le voulez bien un petit retour sur notre communauté à toutes et tous. La communauté humaine. Tous les individus sont issus d’un même groupe ou d’une même communauté que l’on appelle évidemment « humanité ». Ce qui guide l’évolution de cette communauté est double. La naissance tout d’abord qui permet d’entamer cette aventure unique dans l’univers (d’après les éléments connus et acceptés par la science dite « moderne »), jusqu’à la mort, qui est la fin d’une certaine forme de vie. En effet certains croient profondément en une vie sous une forme différente, quand d’autre ne savent pas trop que croire ou tout simplement n’y croient pas du tout.

Le plus grand regret des mourants et de ne pas avoir eu la vie qu’ils voulaient avoir !(Source : Huffington Post)

LA MORT NOUS RAPPELLE LA VIE

La « mort », justement, nous rappelle donc que nous vivons, elle nous rappelle cette aspiration idéaliste d’une humanité que nous aimerions tous bâtir ou voir naître un jour. Nous souhaitons toutes et tous participer à ce projet commun. Vous me direz : « Certains sont sans foi ni loi, sont prêt à tuer pour leurs profits matériels, d’égo ou leurs convictions, leur vision du Monde ». C’est tout à fait exact.

Petits, avez-vous déjà rencontré un enfant qui ne rêve pas d’avoir une vie agréable, de prendre du plaisir à vivre, à s’épanouir, à être respecté ? Nous avons toutes et tous les mêmes aspirations, ce qui peut nous différencier est notre façon d’envisager notre part de responsabilité sur le devenir de l’humanité. La vie nous rappelle à son essence : la responsabilité. La responsabilité de prendre soin de soi, des autres, de bâtir des choses belles et utiles, de construire la paix et repousser le conflit, le dégât. Dans ce but, certain en appellent « aux bonnes œuvres », d’autres à la « démocratie » ou encore au « libéralisme économique ». A chacun sa manière d’envisager les moyens d’y parvenir.

A travers 10 ans d’entrepreneuriat, autant de management, 12 ans de relations professionnelles et plus de 30 années de relations personnelles/familiales, je me suis rendu compte que ce qui fait une différence entre un comportement constructeur ou destructeur est en rapport direct à au moins 3 leviers. Le premier est le degré de responsabilité que l’on se donne vis-à-vis du projet humain, le second le rapport de chacun au temps et/ou à la mort soit la vie et in fine se sent-on à l’aise avec cette idée (en a-t-on peur ou l’accepte-t-on plutôt bien), enfin le troisième levier concerne la place que l’on occupe dans les différentes communautés auxquelles on appartient et finalement, arrive-t-on à y échanger de la compassion, de l’Amour ?

ÊTES VOUS COHÉRENTS ET ALIGNÉS

Voici un schéma qui est basé sur des échelles de ressenti (vos ressentis) qui vous permettra de jauger de l’équilibre et du rapport qui peut exister entre votre propension à construire des choses positives ou à être dans une attitude de destruction vis-à-vis de votre environnement direct ou indirect. On peut évidemment l’utiliser d’une façon globale mais également l’appliquer à des environnements locaux ou délimités. Des communautés par exemple, comme la famille proche, les amis, le milieu professionnel, la société et ses différents cercles, paradigmes ou sous communautés. On peut également parler de construire ou détruire la confiance au sens large, la confiance en quelque chose de meilleur, de durable et d’agréable.

Cette méthodologie peut donc être utile pour les cas qui vous posent le plus de question, si vous jugez que dans l’un de vos cercles votre positionnement n’est pas équilibré/harmonieux, vous pourrez focaliser dessus et analyser avec plus de précision les cas qui vous frustrent ou vous interrogent.

VOTRE SYSTÈME DE VALEUR ET L’IMPACT SUR VOTRE SANTE

Une fois que vous avez votre système de valeur, vous pourrez à chaque situation ou interrogation sur une action à mener (disons aussi décision prendre) vous poser la question de savoir si cela respecte ou non et à quel degré votre système de valeur.

L’échelle de chaque valeur va de 0 à 100%, vous pouvez évaluer chacune d’elles. On peut dire que 50% est le minimum pour être aligné et limiter la frustration et qu’au-delà de 80% cela générera une sensation de plaisir, d’alignement et de bien-être qui vous permettra, à terme, de vous accomplir. A l’inverse, si 3 de vos valeurs sont « bafouées » à plus de 50%, vous pouvez estimer que la décision prise ou votre comportement ne respecte pas votre système de valeur. C’est le risque d’une part de ne pas avoir les résultats que vous escomptez, d’autre part de vous décevoir, enfin de générer de la frustration et un mal être qui refoulé, sera un poison pour votre santé.

Dans l’exemple ci-dessus, on remarque que la décision 1, est en dessous ou égal à 50% sur 3 valeurs clefs du système personnel. On peut donc estimer que la décision d’aller dans la direction ainsi évaluée eu regard du système de valeur provoquera un désalignement et une frustration. Tout ceci provoquant des attitudes contre productivité et une culpabilité qui non assumée ou refoulée risque à terme d’aboutir sur un mal être profond et des rapports négatifs avec l’ensemble de l’écosystème concerné.

L’étape suivante est de pondérer les valeurs ou de réaliser la même méthodologie avec 3 valeurs uniquement. A vous de voir ce qui est le plus simple de votre point de vue. L’adage dit bien : « mieux vaut fait, que parfait », c’est une philosophie intéressante pour itérer et améliorer sans remettre tout à plus tard.

Aligner ses décisions avec son système de valeur permet donc, à terme, de développer et déployer une nouvelle énergie et une croissance constante (on pourrait écrire crois”sens”), de développer une agilité et une plus grande curiosité quant à son fonctionnement.

PATIENCE EST MÈRE DES VERTUS

En dernier lieu, sachez que tout ceci n’est pas le travail de quelques jours mais de nouvelles habitudes à prendre et à éprouver au travers de vos différentes situations de vie. Derniers conseils, soyez patients et n’exigez pas de vous-même de changements trop rapides, acceptez votre culpabilité ou votre malaise à faire les choses, ce qui vous permettra de vous éloigner peu à peu des situations et des environnements ou relations qui ne reflètent pas ce que vous aspirez à être.

Selim SAADI — CEO NAPE AGILITY / Accompagnement à l’agilité des collaborateurs dans les contextes de transformations et d’amélioration des performances.

http://www.napeagility.com