Perspectives d’un vernaculaire numérique africain..

Aussitôt qu’on nous montre quelque chose d’ancien dans une innovation, nous sommes apaisés. Nietzsche
Les contraires lorsqu’on les pousse aux extrêmes, en viennent à se ressembler. (…) La chair et l’esprit, le sens et l’intellect, l’au-dehors et l’au-dedans, prennent d’un pas leurs distances d’avec la terre, de là-haut, plus haut même qu’où se boucle la ronde des nuages blancs qui serpentent autour de la terre, eux aussi vont se rejoindre. Mishima

Le propre des époques quelque peu troubles est, du milieu de l’antagonisme exacerbé des principes, de provoquer parfois le surgissement de quelque contradiction étonnement heureuse. L’une est, à la notre, que la personne certainement la plus proche du paysan somba (archétype de l’homme du sud écrasé de contemporaneité) est le nerd du MIT (figure on ne peut plus caricatural de l’égotique occidental). Eux seul, en vrai, parlent encore chacun un langage que l’autre peut comprendre… et qui se peut décliner en ces quelques termes: partage, entraide, autonomie, économie de moyens etc. Eux seuls, en vrai, ont leur vie vouée à l’indépendance. Le concept #LowhighTech a été construit en 2012, pour révéler et en catalyseur de cette proximité.Si donc le paysan, tel maçon traditionnel ou encore le ressourcier africain d’une part…, le hacker d’autre part, sont pareillement ‘makers’, l’ambition ici est de les faire se rencontrer. Mais il s’agit d’opérer un rebours de Leah Buechley en investissant la chose de la conscience d’une urgence. Le contexte nous fait, en effet, la violence de nous astreindre à la recherche d’applications plus ‘sérieuses’ que la production de porte-clés. Il nous semblait que c’est par là, en cette nécessité vitale, que ces technologies contemporaines gagneront du détour par l’Afrique. Pas seulement l’acquisition d’un supplément d’âme, mais de devenir adulte.Pour ce faire il faut s’appuyer sur de nouveaux objets pensant, inventés à cet effet, qui anticipent sur l’évolution inéluctable des sociétés africaines en rendant possible une alternative la moins agressive possible en ce qu’il essaie de se tenir au plus près des originalités. Si cette projection mobilise des concepts exportés — dont nous avons montrés qu’ils étaient tout de même moins étrangers qu’il n’y paraît — elle prend appui sur des structures configurées localement qui elles mêmes sont en projet de recycler des dispositifs “anciens”. En ceci les ArchiCamp par exemple sont un atelier fondateur qui du blogging comme première implication, jusqu’aux nouveaux outils de design, pose la rencontre médiée par le numérique comme modalité valable de de la ville du pauvre, projetées, prototypées et fabriquées par lui, au même niveau d’efficience que celui des moments de rituels dans la production du village. fablab, incubateurs tech- hubs, co-working space sont pensés pour avoir eux, en contexte urbain, une fonction similaire au “couvent d’initiation” dans les structures organiques.Ainsi, via la niche “collaborative”, la technologie opère-t-elle un retour à la société de tradition… C’est le potentiel de cette frontière devenue floue, analysée et conceptualisée à une fin opérative que nous ouvre la voie #LowHighTech.

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