J’ai assisté au conseil municipal de la ville de Trois-Rivières pour la première fois, mardi 5 novembre 2019.

Soyons clairs, oui, je suis pro GP3R. Mais je tente de faire, à ma façon, ma part “écologique”. Je pensais que le conseil municipal avait compris que le Grand Prix aussi, comme les membres de ce dit conseil.
Je ne suis pas du genre à intervenir quand ça parle politique, mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Voici à peu près ce que j’ai dis, lors de notre temps de paroles à la fin. Bien sûr, c’est un peu plus détaillé, j’ai du faire court à la séance.
On dresse le portrait du GP3R comme du plus gros pollueur, alors que les premiers pollueurs de la ville restent les avions de l’aérogare. Mais pourquoi? Parce que le GP3R rayonne lui, l’aéroport, non, il est plus discret. Sans parler des transports en commun, complètement à la ramasse, niveau qualité de service.
En Europe, la notion de “contrôle technique” existe depuis 1976 dans les règles et directives européennes, et est obligatoire depuis… 1991. On se moque de qui avec l’urgence climatique? Le Canada n’a jamais adopté de règles aussi précises sur la pollution. Et on blâme le GP3R?
Pour rappel, le contrôle technique dresse un bilan de votre véhicule et vous précise si votre véhicule respecte les règles européennes de consommation, sécurité, et de pollution, et ce, dès que le véhicule a 4 ans, puis tous les deux ans.
S’il l’on testait le parc automobile trifluvien, je suis sur que la moitié des véhicules seraient refusés, et environ un tiers de ceux ci seraient en défaut niveau pollution.

De plus, on refuse une subvention à un événement qui veut apporter des activités familiales en ville autour de la course, qui essaie de diminuer son empreinte écologique. et de ce fait éviter le rayonnement international supplémentaire et les bénéfices générés, tout ça “par principe”.
Par principe, quand vous avez voté l’urgence climatique, certains d’entre vous sont quand même venu au GP3R, et il y a qui ont même fait des tours de pace-cars. On continue l’hypocrisie?
Je suis cycliste par habitude. Demandez, je suis un des seuls bénévoles qui vient à vélo au GP3R et qui me déplace sur le site comme ça. Je n’ai pas le permis, donc je “triche” un peu, vous me direz. Mais les conseillers, qui votaient contre cette subvention et qui reprochait l’empreinte carbone au GP3R par un manque d’arbres plantés, ou un manque de savoir sur le sujet, votre empreinte, allez vous planter des arbres par la suite pour compenser? Vous faites quoi, vous, pour être plus écolo? Vous amendez un budget incluant les déplacements du maire en voiture dans son salaire. Mais par contre, on ne propose pas d’alternatives à monsieur Lamarche quant à sa méthode de déplacement.
Avec les vêtements en acrylique et autres plastiques que j’ai vu pendant le conseil municipal, la quantité de paperasse juridique, je me dis qu’avant de prendre pour cible un événement qui est déjà prêt à changer et surtout, qui a l’image du méchant de l’histoire par défaut et qui essaie comme il peut de respecter le plus possible l’environnement, on devrait déjà essayer de faire sa part, comme par exemple, être plus réfléchi; voir une opportunité quand elle s’offre à soi (et donc, profiter de l’expertise du GP3R en termes d’événements, pour obtenir des activités familiales digne de Trois-Rivières), et penser écologique en évitant d’abord soi même de consommer ou polluer trop (comme par exemple, commencez par ne pas venir en gros char à l’hôtel de ville).
Je pourrais parler aussi des étudiants de l’AGE UQTR venu faire le show devant l’hôtel de ville pour faire cesser le grand prix, quand personne ne se mobilise au sein de l’université pour faire cesser les courses de formule SAE, qui font pourtant partie des stands du GP3R, et qui profitent de ce rayonnement pour promouvoir le Génie de l’UQTR et la construction du bolide accroché au mur dans un des pavillons. Ben alors, on l’avait pas vu celle là?
Un point important que j’aimerais aussi soulever: savez-vous pourquoi le GP3R arrive a mobiliser les foules, puisque c’est une recette que les gens aimeraient savoir? Les boss nous respectent, nous traitent bien. Ce n’est pas qu’une question de passion, certains sont bénévoles et n’en n’ont rien à faire des chars.
À la personne qui voulait nous envoyer planter des arbres, nous, les bénévoles, essayez déjà de respecter votre prochain, on verra par la suite si vous seriez capables deux secondes de gérer autant de bénévoles de la bonne façon.

Là où j’ai le plus apprécié l’argumentaire des conseillers, c’est lorsque le dernier conseiller à prendre la parole, monsieur Ferron, démontait de lui même l’argumentaire de ses collègues, expliquant que de toute façon, tout événement polluait énormément. On va donc priver l’appui de la ville sur un événement à l’hiver, que tout le monde ou presque, réclame.
Je le redis, vous ne pénalisez pas le GP3R quand vous travaillez de cette façon, vous pénalisez les trifluviens qui pourraient profiter des activités. Avec ou sans vous, le rallycross d’hiver aura lieu, autant que la ville s’en mêle et travaille à viser plus vite l’écologie, plutôt que de tout refouler en bloc.

Ironie : 106.9 FM Mauricie faisait un sondage à savoir si l’on était pour ou contre la décision de ne pas donner la subvention. Il est 18h15 le 6 novembre 2019 et surprise : 1500 personnes contre cette décision, 379 pour.
À l’inverse, on a eu 9 votes qui refusaient de donner la subvention, et 6 incluant monsieur le Maire, qui étaient d’accord.
Ma prof d’économie-droit disait toujours : l’économie, c’est la science de la rareté. Monsieur Lamarche, j’apprécie votre volonté de rappeler que l’écologie n’est jamais l’ennemi de l’économie.
Un français dans la foule, Trifluvien depuis 8 ans.
