La force implacable de la routine, ou comment j’ai perdu 47 kilos en un an

Serge Mazille
Photos avant / après
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11 mois séparent ces deux photos

Il y a un an environ, je pesais 117 kilos.

Après avoir quitté un job qui ne me convenait pas, j’étais déprimé, la nouvelle (super) boîte dans laquelle je bossais ne prolongeait pas ma période d’essai (pas assez d’expérience), je fumais à nouveau et je dormais extrêmement mal, au point où je récupérais à peine assez d’énergie la nuit pour affronter la journée suivante.

Je me traînais donc comme je pouvais, incapable de monter une série d’escaliers sans reprendre mon souffle à chaque étage…
Je ne supportais pas la chaleur, j’avais une très mauvaise image de moi, bref je n’aimais pas la personne que je voyais dans le miroir.

Je traversais une période de ma vie plutôt pénible durant laquelle l’accumulation des déceptions et de la fatigue s’est transformée en déprime, en dépression.

Avec le recul, je sais aujourd’hui que tout cela a finalement été salutaire : je ne pouvais tout simplement pas continuer dans cette direction…

Heureusement, je pense qu’on peut reprendre le contrôle de son corps (et de sa vie), sans être obligé d’avoir d’abord touché le fond.

C’est dans cette optique que je partage mon expérience aujourd’hui et je m’adresse essentiellement à celles et ceux qui voudraient enfin retrouver la santé et un poids de forme.

J’espère que l’article sera utile à tous ceux qui se retrouvent régulièrement dépités, avec encore plus de kilos à perdre que lorsqu’ils ont commencé à s̶u̶b̶i̶r̶ suivre une méthode, un régime qui n’était pourtant pas censé échouer.

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous.

La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez oublier les régimes

Un an après mon déclic, sans suivre de régime particulier (mais en changeant de comportement), je pèse un peu moins de 70 kilos et rentre à l’aise dans un 38.

Ce n’est qu’une partie des bénéfices de mon expérience : j’ai retrouvé un travail qui me plaît, je ne fume plus et mes nuits sont à nouveau revigorantes.

Tous les jours je monte avec entrain les 5 étages qui mènent à mon bureau, je me suis remis (un peu) à faire du sport, je crains bien moins la chaleur,… bref je me sens beaucoup mieux,… je vais bien.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’il va falloir affronter vos peurs…

Outre l’aspect un peu dramatique de ce titre, ce que je veux que vous compreniez c’est que vous ne pourrez pas arriver à un poids de forme en restant la personne dont le comportement vous a conduit là où vous en êtes aujourd’hui.

Il va falloir changer vos habitudes, analyser votre comportement, prendre les mesures qui s’imposent, dépasser vos peurs et vous ouvrir au changement.

Vous verrez qu’il y a plein de bénéfices à savoir reconnaître quand on se raconte des histoires et à comprendre qu’on est pas obligé de les écouter.

Pour vous aider un peu à démarrer, voici un condensé de ce que j’ai appris.

Les principes

Le poids psychologique
Absolument tout le monde sait que pour perdre du poids il faut que notre corps dépense plus de calories qu’il n’en a absorbé.
C’est une équation assez simple, on arrête de trop manger, notre corps puise petit à petit dans la graisse disponible et voilà, le tour est joué.

Le problème ne vient bien évidemment pas d’un manque de connaissance du phénomène et la plupart des gens en surpoids, ou en obésité comme je l’étais, sont d’ailleurs souvent plutôt bien renseignés sur le sujet.

Mis à part dans le cas de certaines maladies, l’obésité trouve quasi systématiquement son origine dans un trouble du comportement alimentaire, en gros c’est notre cerveau qui débloque un peu.

Addiction imposée
Et c’est pas forcément sa faute… L’industrie agro-alimentaire nous donne un bon coup de main de ce côté-ci.
Elle nous propose des aliments tout simplement nocifs pour la santé.
Ces derniers sont saturés de sucre, de sel, de graisse et n’ont quasiment aucune valeur nutritive.

Les industriels ont réussi à condenser tous les ingrédients du plaisir et de la dépendance, pour r̶e̶n̶d̶r̶e̶ ̶a̶c̶c̶r̶o̶s̶ fidéliser les consommateurs.

Une étude du Connecticut College suggère que les Oreos sont aussi addictifs que la cocaïne…

La b̶o̶u̶f̶f̶e̶ nourriture devient alors un moyen de se procurer un shoot de plaisir rapide quand on se sent pas bien, à l’image d’un personnage de film se réfugiant dans la crème glacée pour supporter la solitude et les déceptions amoureuses.

Perte de repères
Notre comportement alimentaire est également induit par le rythme inhérent à notre mode de vie moderne. Le stress, les exigences de performance, le manque de temps font que nous ne pouvons pas prendre le temps de nous nourrir convenablement.

Pire encore, à force d’avaler rapidement des plats (mal) préparés nous perdons même la sensation de satiété.

Le corps n’a plus aucun repère, nous mangeons à peu près à heures fixes, sans considération pour la faim réelle que de toute façon nous ne saurions plus distinguer, mais nous grignotons également à longueur de journée, histoire de décompresser, de combler un manque affectif, ou encore de se faire le shoot de sucre que notre cerveau réclame.

La volonté est un muscle qui s’épuise
Après avoir résisté toute la matinée au petit déjeuner apporté au bureau pour l’anniversaire d’un collègue, vous pensez vraiment qu’on peut arbitrer entre des frites et des haricots verts à midi ?

Et le soir en rentrant à la maison après l’une de ces formidables journées modernes, peut-on vraiment oublier la plaquette de chocolat dans le placard ? La résistance est déjà loin…

La volonté est un moyen douloureux de résister à une tentation dans les situations imprévues. Elle ne peut pas être une solution à long terme même s’il existe des exercices pour la muscler.

Ce n’est pas pour rien que les anciens alcooliques sont fortement encouragés à ne pas garder d’alcool à la maison.

Et pourtant seuls responsables
Encore une fois je ne fais qu’enfoncer des portes ouvertes.

Bien sûr que c’est une mauvaise idée de piocher dans le bol de M&M’s toute la journée… mais pour beaucoup de monde c’est juste complètement impossible de résister.
Le pire c’est que non seulement nous allons céder aux bonbons, mais en plus on va s’en vouloir…

Et cet affaiblissement de notre estime de soi va faire que nous serons encore moins bien armés pour résister à la première tentation chocolatée qui se présentera… “à quoi bon après tout”…

Ce n’est donc effectivement peut être pas de notre faute. Et il faut le reconnaître, ça fait du bien de le dire parce que des fois on est pas super tendres avec nous-même.

Pas de notre faute, oui… Mais on doit quand même vivre avec les conséquences et nous sommes les seuls responsables de notre santé.

Projet régime !
Le jour où nous prenons conscience de cette responsabilité c’est la grande décision, “cette fois c’est fini, je fais un régime et je perds les 10 (20, 30, 40, etc.) kilos qui me pourrissent la vie. Après ça ira mieux”…

Je vous la fais courte, ça ne marche absolument jamais.
(Comme ça on gagne tous un peu de temps et je vous épargne de la culpabilité…)

On se représente souvent un régime comme un projet, avec un objectif chiffré en nombre de kilos à perdre. Et on a raison, un régime c’est bien un projet : il s’arrête quand on a atteint l’objectif fixé.
Alors oui, on est content du nouveau poids, on se promet que maintenant on va faire gaffe, qu’on a trop souffert pour en arriver là.

Hum hum…
C’est un peu comme si vous deviez rentrer dans un fast food tous les jours du restant de votre vie en vous promettant de ne prendre qu’une salade…
Perso ce sera deux hamburgers et un supplément frites s’il vous plaît !

Non, il faut viser le plus long terme qui soit : le reste de votre vie.

Le jeu du brossage de dents
Nous agissons la plupart du temps en pilotage automatique, laissant notre inconscient nous guider.

Vous savez, comme quand vous vous retrouvez chez vous le soir sans avoir le souvenir d’avoir parcouru tout le trajet depuis le bureau.

Voici un petit challenge.
Pendant un mois entier il faudra vous brosser les dents avec votre main gauche (ou votre main droite si vous êtes gaucher).
Pour gagner vous devrez l’avoir fait au moins 30 fois de suite.

Pour tenir les comptes, munissez-vous d’un petit carnet dans lequel vous allez faire un tableau / calendrier à l’avance, par semaine et dans lequel vous pourrez dessiner une croix (comme point) à chaque fois que vous avez réussi.
Pas besoin d’y passer beaucoup de temps, quelque chose comme cela fera l’affaire :

à ajuster si vous avez la possibilité ou non de vous brosser les dents à midi

Gardez quelque chose de simple, l’important étant de voir si la chaîne s’interrompt pour savoir à partir d’où compter les points.

Vous allez vous rendre compte que le jeu est plus difficile qu’il en a l’air, je vous explique pourquoi.

Tout d’abord il y a de fortes chances que, par habitude, vous ne vous rendiez compte qu’après coup que vous vous êtes brossé les dents avec votre main habituelle, et souvent vous n’y penserez même pas du tout…
Mais heureusement le simple fait de vous en rendre compte, au moins de temps en temps, fera que vous finirez quand même par jouer le jeu et essaierez.

La plus grosse difficulté à mon sens est pourtant ailleurs. Vous allez vite vous apercevoir que c’est pas du tout agréable de “détourner” un geste du quotidien, un peu comme quand vous avez une coupure au doigt et que vous devez quand même taper au clavier…

Et vous allez commencer à vous raconter des histoires pour vous soustraire à ce malaise.
Vous allez vous dire que “c’est un jeu idiot”, “ça n’a pas d’importance c’était juste un article débile que j’ai lu”, “je vois pas l’intérêt”, “non mais c’est bon j’ai compris le principe (j’ai lu le reste de l’article)”, “c’est bon je l’ai déjà fait une semaine, ça suffit”, etc.

Je vous encourage vivement à prendre ce jeu à cœur car il est une illustration concrète des comportements dont nous allons parler.

Les habitudes
Donc comme je le disais, et comme vous avez pu vous en rendre compte si vous avez fait le jeu du brossage de dent, nos comportements sont dictés par un certain automatisme, des routines, des habitudes.

Le mécanisme des habitudes est très puissant.
Il nous permet notamment d’effectuer la plupart des actions de la vie quotidienne tout en économisant de l’énergie, que le cerveau peut alors consacrer à d’autres tâches plus importantes.
Dans la savane, l’Homme pouvait ainsi se brosser les dents tout en surveillant qu’aucun lion ne s’approchait.

Pour combattre le comportement problématique, il faut d’abord avoir conscience de son existence.
Mais comment faire quand on sait que la plupart de nos actions sont faites machinalement et n’entrent souvent même pas dans le champ de la conscience ?

Vous l’aurez sans doute vu venir, nous allons nous servir des habitudes.
Si on décompose une habitude, on obtient trois éléments :

  • un déclencheur : je me prépare à aller au lit
  • une action en réponse : je me brosse les dents
  • une récompense qui vient renforcer le comportement : la sensation de fraîcheur

ou pour reprendre un autre exemple que nous avons déjà vu passer :

  • Un collègue ramène des pains au chocolat chauds et bien odorants (déclencheur)
  • Allez, on en mange rien qu’un (action)
  • Plaisir instantané (récompense)

Malheureusement le deuxième effet Kiss Cool c’est que cette plaquette de beurre au chocolat va glisser directement dans nos cuisses et que nous allons nous sentir coupable jusqu’à la fin de la journée, ou encore pire qu’on va en reprendre un deuxième… “après tout je suis plus à ça près”

Pour changer de comportement il faut pouvoir l’analyser et pour cela prendre conscience des déclencheurs.

Prise de conscience
Prendre conscience des déclencheurs c’est arriver à sortir du mode automatique.

C’est là où le jeu du brossage de dents va nous être utile.
Lorsque vous avez fait le jeu, vous aviez plus ou moins en tête cet article, le côté déroutant de l’utilisation de la ‘mauvaise’ main, l’envie de cocher une case dans le carnet pour gagner un point, l’envie de comprendre comment on fonctionne…

Bref vous avez attiré l’attention de votre cerveau et désormais quand vous voyiez votre brosse à dent vous pensiez au challenge.

Nous allons maintenant faire en sorte d’attirer l’attention de notre cerveau pour repérer les déclencheurs de nos habitudes alimentaires.

Pour cela vous allez pouvoir ressortir le petit carnet. Désormais vous noterez absolument tout ce que vous allez manger. Je sais que votre enthousiasme vient d’en prendre un coup mais continuez de lire, c’est beaucoup plus simple que vous ne le croyez.

Je ne veux pas que vous y réfléchissiez, ou que vous culpabilisiez. Vous n’aurez pas besoin d’analyser quoi que ce soit, juste de noter.
Dans la journée, imaginez-vous comme l’observateur privilégié d’un spécimen passionnant : vous-même.

À la fin de chaque repas vous noterez ce que vous avez mangé, sans rien omettre, mais encore une fois sans vous sentir coupable parce que vous avez repris deux fois des lasagnes.
N’attendez pas trop longtemps, il faut associer la fin du repas avec cette nouvelle habitude pour qu’elle devienne un automatisme.

Le reste du temps il faudra également noter les grignotages, goûters, apéros, fringales nocturnes…
Ce qui va vous intéresser ici, en dehors des repas, ce sera plutôt la raison qui vous aura poussée à manger.

La plupart du temps vous noterez simplement “j’avais faim”.
Mais maintenant l’attention de votre cerveau est réveillée et vous saurez bientôt être plus précis : “je m’ennuyais”, “j’étais stressé-e”, “ça sentait trop bon”, “choco rituel de 16h”, etc.

Le jeu du petit comportementaliste n’a pas spécialement de durée déterminée, vous arrêterez naturellement quand vous n’en aurez plus besoin (ou pas d’ailleurs). Je vous conseille quand même de tout noter pendant au moins un mois, histoire d’avoir assez de données.

Nouvelle action, nouvelle récompense
Aussi incroyable que cela puisse paraître, à ce stade vous aurez fait le plus dur. Vous vous serez mis en mouvement, avec une habitude simple, vous aurez attiré votre propre attention sur votre comportement alimentaire.
Vous avez rendu difficile le fait de vous raconter des histoires…

Comme pour le challenge du brossage de dent, il faut désormais modifier l’action automatique qui vient en réponse au déclencheur.
Ajoutez une nouvelle récompense à ce nouveau comportement, cela permettra à l’habitude de s’ancrer plus rapidement.

Déclencheur : Je vais me brosser les dents, je vois ma brosse à dent
A̶c̶t̶i̶o̶n̶ ̶:̶ ̶J̶e̶ ̶m̶e̶ ̶b̶r̶o̶s̶s̶e̶ ̶l̶e̶s̶ ̶d̶e̶n̶t̶s̶
Action modifiée : Je me brosse les dents avec mon autre main
Récompense : Haleine fraîche + une croix dans le carnet

Le cerveau ne veut pas dépenser plus d’énergie que nécessaire et renforce le nouvel automatisme pour remplacer le précédent.

Voir la brosse à dent nous rappelle la nouvelle façon de faire et nous sommes encouragés à continuer grâce à la nouvelle récompense.
J’ai bien conscience que de se donner des points sur un carnet peut sembler trivial mais c’est en réalité comme cela que nous fonctionnons, nous voulons le point et n’avons pas envie de briser la chaîne composée des petites croix.

Appliquons ce principe au grignotage :

A 16H, comme tous les jours, mon cerveau m’envoie le signal qu’il est l’heure de sa dose de sucre.
Dans notre phase d’analyse nous avons appris à repérer ce déclencheur et il va bien être reçu cette fois !

Nous mettons en place une nouvelle action en réponse : au lieu de sortir la boîte de choco du tiroir, on se lève et on va se faire un thé vert.
Et pour la récompense on se fait une petite pause de 5 minutes à discuter en savourant notre thé.

Je profite de cet exemple pour parler à nouveau de la volonté.

Elle peut être utile pour faire face à des situations imprévues mais comme je le disais plus haut, la volonté n’est pas illimitée et s’épuise. Je vous conseille donc de l’économiser et de ne pas vous soumettre à la tentation.

S’il n’y a pas de paquet de choco dans le tiroir vous ne pourrez tout simplement pas faire d’entorse, même si vous le vouliez.

En gros, une fois que vous avez identifié les moments qui peuvent entrer en friction avec vos résolutions, il faut préparer un plan à l’avance qui vous permettra d’éviter d’avoir à faire un effort de volonté. C’est toujours plus facile d’imaginer qu’on va “être fort” mais quand arrive la tentation mieux vaut ne pas avoir le choix.

Petite note également sur la récompense, il faut qu’elle soit proportionnée et aille dans le même sens que vos efforts. Ne vous accordez pas un morceau de sucre de plus dans le café pour vous récompenser de ne pas avoir grignoté, vous ne feriez que créer une nouvelle mauvaise habitude alimentaire.

Conclusion sur les principes
Comme je le disais, il s’agit avant tout d’analyser vos comportements.
Chacun a ses propres habitudes et sait (ou doit chercher à savoir) quels sont les moyens d’actions qui lui conviennent le mieux.

Je ne peux donc malheureusement pas vous donner de recette toute faite et c’est pourquoi nous avons surtout fait un tour rapide des principes de notre fonctionnement.

Je vous conseille vivement de jeter un œil à la liste des livres à la fin de l’article. Le sujet est vaste et passionnant.

Pour ceux que ça intéresse, la prochaine partie est consacrée à mon expérience personnelle, comment j’ai appliqué ces principes.

Mon expérience perso

Tracking
Contre-intuitivement, et à l’opposé des conseils que j’entends régulièrement, me peser tous les jours m’a permis de garder la motivation à suivre le cap.

L’action la plus importante a été de noter mon poids dans un tableur tous les jours, que ça fasse mal ou non.

Je ne voulais pas briser la chaîne (même si c’est arrivé plusieurs fois) et ça me permettait de voir assez rapidement comment mon corps réagissait à ce que j’avais pu manger.

Exemple de tracking

Aujourd’hui je regrette un peu de ne pas avoir relevé d’autres indicateurs que le poids car ce n’est qu’un des aspects de la transformation. Il aurait par exemple été judicieux de relever régulièrement mon tour de cuisse ou de ventre pour mieux me rendre compte des progrès.

Là où je peux comprendre que l’on conseille souvent de ne pas se peser tous les jours c’est que cela peut démotiver quand les résultats se font attendre malgré les efforts…

Il m’est arrivé de rester au même poids plusieurs jours de suite (voire des semaines) alors que je n’avais pas fait un seul excès, que j’avais même résisté à un pain au chocolat qui me faisait pourtant sacrément envie…

Parfois même je reprenais du poids sans raison apparente!

C’est injuste et puisque c’est comme ça je m’en fous je reprends des pâtes, de toute façon ça change rien.
Et le lendemain je me rendais compte que j’avais enfin perdu, que mon corps prenait juste son temps ou était arrivé à un poids mémoire. Bref, je regrettais aussitôt la deuxième assiette de pâte qui ne manquerait pas d’apparaître sur la balance le surlendemain…

Mais c’est typiquement ce genre d’erreurs qui m’a fait prendre conscience de l’intérêt de monter sur la balance tous les jours, peu importe que j’en ai envie ou que j’ai mangé une pizza entière la veille…

Restaurant et quantité
Même si je l’évite toujours autant que possible, pour ne pas subir les diverses tentations, il m’est arrivé régulièrement de devoir aller au restaurant, avec des collègues ou en famille.
J’ai mis un moment à savoir comment gérer le fait que je n’étais pas complètement maître de ce qu’il y avait dans mon assiette, jusqu’à ce que je me dise qu’en fait si je l’étais…

Je sais que nous avons tendance, culturellement, à finir notre assiette et que la taille de cette dernière a une grande influence sur la quantité de nourriture avalée.

Si je ne pouvais pas réduire la taille de l’assiette, je pouvais réduire la quantité de nourriture qu’elle contenait.
Dès l’instant où mon plat était servi j’en distribuais une portion à mes collègues ou convives, de manière à ne garder que la quantité que j’estimais adéquate.

S’il me restait toujours trop de nourriture dans l’assiette, je poussais une portion sur le bord et la faisais disparaître mentalement ^^.

Quand j’avais terminé, je poussais rapidement les restes hors de ma vue pour ne pas être tenté de picorer.

J’utilisais la même technique quand je voulais manger une pizza à la maison. Avant de commencer le repas je la coupais en deux et faisais disparaître l’autre moitié (dans le frigo en général) pour ne pas l’avoir devant les yeux.

Sentiment de satiété
Une méthode vraiment efficace que j’ai trouvée est de tout simplement mâcher lentement.

Cela me permet à nouveau aujourd’hui de savoir quand je suis rassasié.
Alors attention, quand je dis lentement c’est vraiment lentement…

Comme je le disais plus haut, nous mangeons sans trop savoir si nous avons faim et on ne s’arrête pas tant que l’assiette est pleine.
L’intérêt ici est de laisser à votre estomac suffisamment de temps pour envoyer un message à votre cerveau : “c’est bon on peut arrêter !

C’est extrêmement simple sur le principe mais assez dur à appliquer dans la vie de tous les jours.
Dans mon cas il me faut environ 20 minutes pour manger une tartine (beurre / confiture) tous les matins et environ 30 minutes pour manger une salade le soir.

C’est long mais pendant ce temps j’apprécie complètement chaque bouchée.
Aujourd’hui je ne finis plus mon assiette quand je n’ai plus faim, j’apprécie ce que je mange, je n’ai plus de creux en milieu de journée.

À noter au passage, aujourd’hui je finis quasi systématiquement mon assiette car j’ai appris à la remplir avec les bonnes quantités.

Jeûne intermittent
Je n’étais pas spécialement emballé par l’idée du jeûne, un poil extrême à mon goût mais pendant mes recherches je suis tombé sur le principe du jeûne intermittent.

Il s’agit de manger la même quantité de calories que d’habitude mais d’espacer les repas de manière à laisser au corps le temps de puiser dans ses réserves.

Par exemple il m’est arrivé plein de fois de “devoir” faire des écarts à midi, et du coup je ne mangeais pas le soir.

Au début sauter un repas est assez troublant, c’est pas vraiment naturel (rappelez-vous le jeu de la brosse à dent).

Mais au bout d’un moment on reprend conscience de ses sensations et on se rend compte qu’en réalité on a même pas faim… Ça simplifie la tâche.

Je ne rentre pas dans le détail, je vous laisse faire vos propres recherches mais personnellement cela m’a aidé à affûter plus rapidement les capteurs de faim et de satiété.

De plus le principe illustre l’intérêt de ne pas manger entre les repas.
Quand on “grignote”, on apporte à nouveau à notre corps une source d’énergie toute fraîche dans laquelle il peut puiser rapidement.
Perso je préfère qu’il puise le plus longtemps possible dans les réserves dont je veux me débarrasser…

On entend parfois le conseil de manger une pomme si on a faim l’après midi.
Quitte à manger quelque chose il vaut certes mieux un fruit qu’une barre de chocolat mais je garde à l’esprit que le mieux c’est quand même d’attendre le prochain repas, parce que pendant ce temps j’imagine ma réserve fondre doucement…

Le sport
Le sport n’a jamais été une grande passion pour moi.
J’ai essayé une fois, j’ai pas aimé.

Comme beaucoup j’associais la perte de poids à la course ou au vélo.
Après tout il doit bien y avoir une raison pour que tous ces gens partent courir dans le froid, sous la pluie ou la neige, transpirant et portant de jolis vêtements fluo…

Je me suis quand même comporté en professionnel et me suis résigné à ressortir le vélo d’appartement.

Tous les matins j’en faisais 30 minutes en regardant une série télé.

J’ai utilisé la technique du tracking pour rester motivé et me donner envie de remonter en selle le lendemain (nombre de kilomètres, vitesse moyenne, etc.).

À l’époque je n’étais pas encore trop au point au niveau des habitudes et ne pensais pas à m’accorder de récompense.

Si je devais résumer cette expérience je dirais que ce n’étais pas l’extase, même si je m’attendais à pire.

L’intérêt de faire du sport est surtout d’être bien dans sa tête, de faire fonctionner son cœur et son cerveau, de reprendre de l’énergie et de la motivation pour continuer ses efforts, et dans mon cas de retrouver un meilleur sommeil.
Ce n’est pas le moyen direct le plus rapide pour perdre du poids mais ça y contribue quand même indirectement.

J’ai arrêté au bout de deux mois quand je me suis rendu compte que cet exercice quotidien me faisait surtout perdre du muscle.
Je pense aussi que cela me demandait trop de temps pour le peu d’effets visibles à court terme.

Aujourd’hui je fais juste un peu de musculation quotidienne, rien de bien compliqué, des pompes et du gainage.
Je regrette un peu de ne pas avoir su alterner le vélo et la musculation mais cela fait partie des nombreuses choses que j’ai apprises et je sais que je peux encore modifier mon organisation pour tirer bénéfice des deux.

Lundi vert
J’ai hésité à ajouter cette partie car pratiquer le lundi vert ne fait pas à proprement parler partie de mon plan pour retrouver la santé mais cela a des effets bénéfiques.

En gros il s’agit d’avoir un régime végétarien le lundi pour des raisons écologiques et de santé.
Au delà des considérations philosophiques ou politiques je me suis aperçu que cela m’incitait à manger plus de légumes, éléments complètement absents de mon alimentation jusque là (bon je force le trait mais c’était pas ce que je mangeais le plus).

Les jours où je ne mange pas de viande se voient également assez clairement sur la balance.

Rééquilibrage alimentaire
J’ai rigolé la première fois où j’ai entendu ce terme de rééquilibrage alimentaire.
Pour moi il s’agissait juste d’une façon de ne pas nommer un régime…

Mais en réalité le terme est vraiment bien choisi. Il ne s’agit pas de faire un régime, il s’agit de prendre ou reprendre de bonnes habitudes.
Je mangeais beaucoup de pseudo nourriture, du gras, du salé, du sucré, de manière… excessivement déséquilibrée.

Aujourd’hui, j’ai révolutionné le contenu de mon assiette, mon moi d’avant ne me reconnaîtrait pas, j’ai appris à apprécier des aliments moins transformés, plus naturels. J’ai donc bien rééquilibré mon alimentation.

Comme je le disais en introduction, on ne peut pas rester la même personne, avec les mêmes comportements et attendre des résultats différents…
Ce serait d’ailleurs la définition de la folie selon une citation attribuée à Albert Einstein :

La définition de la folie, c’est de refaire toujours la même chose, et d’attendre des résultats différents.

J’ai introduit beaucoup plus de fruits et légumes dans mon alimentation : haricots verts, carottes, pommes, poires, mandarines et melons selon la saison…
Les soirs je mange léger, salade avec des noix et des graines de chia, parfois quelques cacahuètes grillées.

Je ne m’interdis cependant absolument pas de manger une pizza, de rajouter un croque monsieur avec la salade, d’avaler un bon hamburger/frites maison…

Le tout est d’être raisonnable et de savoir doser les plaisirs, et le jeûne intermittent peut également aider à équilibrer un abus éventuel.

Modification rapide du corps, attention danger
Ces nouveaux comportements ont complètement bouleversé ma vie, ma façon de voir le monde et surtout… mon corps.

J’ai littéralement fondu en quelques mois, sans faire de régime et sans finalement (trop) faire de sport.

Pendant un an j’ai dû renouveler ma garde robe tous les 45 jours environ.
J’ai usé trois ceintures, perçant régulièrement de nouveaux trous, et je suis passé d’un bon 48 au 38 dans lequel je suis à l’aise aujourd’hui.

Mon comportement n’a rien eu d’extrême, si ce n’est dans le changement d’attitude et je pense qu’aujourd’hui je referais les choses de la même façon.

Mais mon retour d’expérience ne serait pas complet si je ne parlais pas des ennuis de santé que cette transformation rapide a engendré.

J’ai du être opéré de deux hernies abdominales dont l’apparition a été favorisée par la perte de poids trop rapide.

J’ai également eu pendant longtemps des douleurs assez impressionnantes à la poitrine à cause de calculs à la vésicule biliaire, également favorisés par la perte de poids rapide.

Même si je ne l’ai fait qu’après coup, à cause des problèmes de santé que cela a créé, il est important de se faire suivre par un professionnel de santé.

Un an pour perdre 47 kilos c’est vraiment trop court et je me suis bien fait engueulé par le chirurgien qui a dû m’opérer pour les hernies.

Mais voilà, encore une fois, si l’expérience des uns peut aider les autres…

En conclusion
Même si le sujet de cet article semble être la perte de poids, il est un peu plus profond en réalité, et je sais que je laisse pas mal de détails d’implémentation de côté.

Une épreuve douloureuse, une expérience éprouvante peuvent nous faire grandir. Il ne faut pas hésiter à remettre en cause nos croyances afin de changer.

La vie est loin d’être un modèle de stabilité et de permanence, il faut sans cesse expérimenter et s’adapter. Pour cela il nous faut être à la fois le sujet de l’expérience et l’expérimentateur.

Il faut aussi savoir être indulgent avec soi-même et se laisser la possibilité de faire des erreurs car ce sont elles qui vont nous guider.

Je pense que la partie est déjà gagnée avec la prise de conscience que c’est le processus qui nous portera sur l’objectif voulu, et ce peu importe le point de départ.

Devenir acteur c’est devenir à la fois celui qui agit mais également celui qui analyse le résultat de ses actions, pour les modifier en conséquence.

L’intérêt est qu’avec cet état d’esprit on peut échouer, en tirer une leçon, ajuster son comportement, réessayer… jusqu’à réussir.

Je donne les quelques trucs et astuces qui ont fonctionné pour ma perte de poids, n’hésitez pas à les essayer si vous voulez mais surtout soyez vos propres comportementalistes, analysez vos habitudes, mettez en place des actions qui vous correspondent.

Gardez à l’esprit que nous avons tous des physiologies différentes.
Les résultats ne seront pas forcément aussi spectaculaires ou rapides chez tout le monde mais soyez confiant : l’application de tous les principes dont je parle fonctionne.

Il s’agit souvent de faire preuve de bon sens, et d’arriver à déterminer quand nous nous racontons des histoires (petite astuce : quasiment tout le temps) pour ne pas les écouter.

Un dernier mot de prudence, pensez bien à vous faire accompagner par un professionnel, cela pourra vous éviter quelques désagréments.
C’est important, après tout l’idée de départ c’est bien de retrouver la santé !

Lectures (fortement) recommandées :
Les lois de l’obésité (Jason Fung)
Le pouvoir des habitudes (Charles Duhig)
Un rien peut tout changer (James Clear)
Ces idées qui collent (Chip Heath)
La règle des 5 secondes (Mel Robbins)
L’instinct de volonté (Kelly McGonigal)

Article sur la perte de poids trop rapide

Serge Mazille

Written by

Développeur web lyonnais, passionné d’informatique, de design, de dessin, de développement personnel, etc.

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