Frères Musulmans : la vérité sur le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche (CEFR)

Le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche (CEFR) est une fondation islamique privée créée en 1997 et basée à Dublin, composée de 33 membres appelés « savants ». Mais derrière cette structure théologique fondée par Youssef al-Qaradâwî, se trouve la confrérie des Frères musulmans.

Youssef al-Qaradâwî, le fondateur du CEFR

Le Conseil

Le Conseil est l’instance de décision, il est dirigé par Youssef al-Qaradâwî, ce théologien, prédicateur sur la chaine qatari, Al-Jazeera, est le guide spirituel de la Confrérie des Frères musulmans. Il prône l’islam politique et radical. Considéré par certains comme une autorité, il est néanmoins très contesté pour ses prises de positions radicales concernant les juifs, les femmes et les homosexuels, qu’il recommande tout simplement de tuer, par la lapidation ou le bucher.

Deux tiers des membres de ce Conseil sont des personnalités installées en Europe, les dix autres vivent dans différents pays, Soudan, Mauritanie, Liban… Pour avoir l’honneur de siéger dans cette instance, il est nécessaire d’avoir obtenu une qualification dans la charia et parler l’arabe.

Les missions du CEFR

Si officiellement le CEFR ne le déclare pas d’une manière aussi claire, la principale mission de cet organisme vise à islamiser l’Europe et à y imposer la charia. Pour cela, il faut d’une part que le Conseil déploie « des efforts auprès des autorités officielles en Europe pour qu’elles reconnaissent officiellement le CEFR et qu’elles s’y réfèrent. » ; d’autre part, il est nécessaire que les fidèles européens donnent l’exemple en se soumettant aux règles édictées par ses savants.

Les fatwas

Le Conseil se réunit une fois par an. En 2004, un reporter du Wall Street Journal avait été autorisé à assister à une de ces réunions. Le compte rendu qu’il en avait fait montre à quel point la vie quotidienne des fidèles est réglementée jusque dans les moindres détails. Ainsi, le Conseil peut délibérer sur des sujets comme « les femmes ne doivent pas se couper les cheveux sans le consentement de leur mari » ou encore l’adoption est prohibé car « une femme pourrait être vue en train de se déshabiller devant un enfant qui ne serait pas sa progéniture biologique. »

Plus inquiétant, dans une fatwa concernant le châtiment de l’apostasie, le Conseil affirmait que la plupart de ses savants s’accordaient pour prôner la peine de mort pour les musulmans qui décideraient de changer de religion. Une vision extrême de l’Islam qui semble plus proche de celle de l’organisation Etat Islamique que des véritables savants de l’Âge d’or islamique.

En 2014, le Conseil a étudié une question fondamentale à ses yeux : l’« Achat des maisons par l’intermédiaire d’un prêt bancaire avec intérêt pour les musulmans résidents en dehors de la terre d’islam ». En effet, acheter à crédit auprès des banques qui pratiquent l’usure fait partie des sept péchés majeurs. Le CEFR a donc édité une fatwa pour obliger les banques « à réviser leur attitude vis-à-vis des musulmans ». Si pour des raisons commerciales, les organismes bancaires instituaient des règles différentes selon les religions, ce serait anticonstitutionnel dans de nombreux pays d’Europe.

Bien entendu, le CEFR, ne délibère pas seulement sur des questions sociétales, il intervient également dans la sphère politique. La fatwa qui a fait couler le plus d’encre est, sans aucun doute, celle de 2005 lorsque le théologien a déclaré que les attentats suicides en Irak était un devoir pour tous les musulmans. Au sujet des juifs, le fondateur du CEFR dira « tuez-les tous, jusqu’au dernier ».

Malgré les positions de son fondateur et président, le Conseil est toujours libre de prêcher sa vision radicale et fourvoyée de l’Islam.