Monnaie de Singe: The Last Chance

Quand les générations futures — s’il y a des générations futures — étudieront notre époque en se posant la question “savaient-ils que le changement climatique allait ruiner la planète”, elles pourront se pencher sur des albums comme The Last Chance, de Monnaie de Singe, pour répondre que oui.

Originaire d’Auvergne, Monnaie de Singe est un groupe de rock progressif, tendance “néo-prog mélancolique” — quelque part entre IQ et Porcupine Tree — emmené par la voix d’Anne-Gaëlle Rumin. J’avais eu la chance de les voir au Péage du Rock, à l’occasion de leur tournée avec le précédent album Error 404, et dans l’intervalle, le groupe a prix du galon.

The Last Chance est le cinquième album du groupe, comme l’indique subtilement le logotype. C’est un album au format plutôt standard, pour du prog: dix pistes, un peu moins d’une heure, des compositions entre trois et sept minutes, sur un rythme posé, voire lent. Pas d’epic à rallonge, juste des compositions bien calibrées.

Il faut dire que l’esprit de cet album n’est pas vraiment au spectaculaire. C’est un concept-album qui tourne autour de la “dernière chance” de l’humanité: trouver une planète de secours. Ce qui, de mon point de vue, est très optimiste, mais passons.

Ceci posé, The Last Chance est un album qui brille par le soin apporté aux compositions. Si le côté “concept-album” n’est pas immédiatement évident, d’un point de vue musical, il y a une réelle homogénéité dans le ton et dans les ambiances.

Plusieurs compositions sortent néanmoins du lot, comme “I Am”, qui ouvre l’album, “Emergency” et sa guitare marillionesque, “Earth”, le morceau-titre “The Last Chance”, “Magic Tree” et son ton décalé ou “My Lucky Star”, quasi-conclusion. Il n’y a pas pas vraiment de mauvais titre, mais je ne suis pas très fan de “Happy Birthday”, dernière piste en forme d’épilogue; l’album aurait pu terminer à la précédente.

The Last Chance bénéficie d’une belle brochette de musiciens pour appuyer les compositions. Anne-Gaëlle Rumin, qui, sur cet album, est quasiment seule au micro (une seule piste est chantée par Philippe Glayat), y est aussi pour beaucoup, même si j’aurais tendance à penser qu’elle ne devrait pas monter trop dans les aigus. La production est également de bonne tenue.

Avec The Last Chance, on a donc, au final, un album très solide, pas spectaculaire pour deux sous et qui demandera plutôt de multiples écoutes pour réellement se révéler. Je le recommande aux amateurs de prog mélancolique et finement ciselé. Vous pouvez le trouver sur les plateformes numériques habituelles ou auprès du groupe.

Bonus: la vidéo de “I Am”


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