L’entreprise et son impact social

Par Simon Labrecque
Global Shaper (Montreal Hub), World Economic Forum

Auparavant, l’entreprise avait pour objectif central de s’intégrer au sein d’un modèle capitaliste, en ayant pour compte que ses actionnaires. Aujourd’hui, il est attendu que l’entreprise devienne un citoyen responsable. La portée des parties prenantes s’est élargie pour inclure les employés, les fournisseurs, la communauté, etc. L’entreprise joue maintenant un rôle important au sein de la société et doit assumer une responsabilité face à celle-ci, d’où la notion de responsabilité sociale de l’entreprise (RSE). Certaines entreprises ont un pouvoir économique supérieur à certains États et leurs actions ont des répercussions tant dans le domaine social qu’environnemental.

La RSE est devenue une préoccupation importante de la part de tous les acteurs de l’écosystème de l’industrie. Les impératifs stratégiques de la responsabilité sociale ne peuvent pas être ignorés, d’une part, à cause des lois en vigueur et d’autre part, à cause de la pression populaire vis-à-vis le respect des normes sociales et environnementales.

La notion de responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) est de plus en plus étudiée et crée une certaine révolution dans la façon de faire et de penser au sein des entreprises. Mais qu’est-ce que la RSE?

« […] l’ensemble des obligations, légalement requises ou volontairement choisies, qu’une entreprise doit assumer afin de passer pour un modèle imitable de bonne citoyenneté dans un milieu donné. »[1]

Il est important de saisir que le rôle de l’entreprise a évolué au fil des ans et qu’elle n’est plus uniquement un acteur économique. Son rôle s’est diversifié et est aujourd’hui beaucoup plus large. La société s’attend, entre autres, à ce que l’entreprise puisse répondre aux besoins du présent sans menacer la capacité des prochaines générations à pouvoir combler leurs besoins. Ceci fait référence à la notion de développement durable où l’entreprise doit tenir compte des aspects économiques, sociaux et écologiques dans sa prise de décision. Le développement durable est un des éléments de la RSE que l’entreprise et ses gestionnaires doivent maintenant prendre en compte avant de mener toutes actions.

Les gestionnaires doivent se questionner sur les conséquences sociales et environnementales qu’auront les activités de son entreprise. Une fois la question posée et les analyses effectuées, l’entreprise doit agir et limiter son empreinte pour ainsi respecter la RSE. Cette réflexion doit se faire à tous les niveaux de l’entreprise, tant en amont qu’en aval, au niveau du cycle de vie du produit qu’à l’interne au niveau de sa chaine de valeur. Une vision novatrice, une bonne connaissance de son environnement et de l’information à la disposition des gestionnaires permet à l’entreprise de reconnaître les impératifs stratégiques.

Les consommateurs s’attendent maintenant à ce que les entreprises fassent preuve de transparence dans leurs pratiques. Les consommateurs sont de plus en plus portés à vérifier les rapports et les indicateurs sociaux et environnementaux des différentes entreprises.

Toutes les étapes d’un bien, de sa conception à sa fin de vie, ont des impacts sur l’environnement. Il est démontré que nous consommons et produisons actuellement plus que ce que nous pouvons nous permettre et que notre empreinte écologique mondiale a dépassé la capacité biologique de la Terre à produire les ressources dont nous avons besoin et à absorber nos déchets.

Nous sommes de plus en plus sensibilisés aux impacts du réchauffement climatique, des gaz à effet de serre et des impacts qu’ont les activités humaines. À ce sujet, les états ont un important rôle à jouer en mettant en place des règles pour contrôler, par exemple les gaz à effet de serre. De leur côté, les entreprises doivent également réaliser que la pollution qu’elles créent a des effets néfastes sur la société et le futur de celle-ci.

Les entreprises se doivent également d’évaluer leurs impacts socio-économiques. Une bonne intégration de l’analyse des impacts sociaux est plus difficile, mais tout aussi important que les impacts environnementaux. Les entreprises doivent reconnaître que d’offrir de bonnes conditions de travail n’est pas un luxe, mais un droit, même une nécessité. Certains pays, dont des pays émergents, présentent des législations plus souples qui permettent ainsi à des entreprises d’exploiter les travailleurs et de leur offrir des conditions de travail parfois inhumaines. Les pays devraient établir des règles plus strictes, mais les entreprises ont également un rôle à jouer et devraient s’assurer d’offrir des conditions acceptables à leurs employés. Ceci fait également parti de la RSE.

Certaines entreprises et actionnaires se demanderont si ce beau discours de RSE est rentable pour l’entreprise et si en bout de compte son bénéfice n’en subirait pas les conséquences. Les entreprises doivent réaliser qu’elles ont des responsabilités à rendre face à la société et qu’elles doivent penser et agir pour le bien collectif plutôt que penser uniquement à ses intérêts propres. Ces dernières n’auront que des bénéfices si elles consacrent un peu de temps et d’effort à réfléchir sur la façon dont elles pourront contribuer à atteindre des objectifs de protection environnementale et sociale. Les entreprises doivent réaliser que d’intégrer les principes de développement durable n’est pas seulement important, mais nécessaire.

Au lieu de voir la RSE comme un fardeau pour les entreprisses, ces-dernières devraient plutôt le voir comme un avantage compétitif à développer afin de se démarquer de leurs concurrents et démontrer qu’elles sont meilleures que ceux-ci. Une partie de la génération X et la génération Y est plus éveillée et conscientisée vis-à-vis les différents enjeux environnementaux et sociaux. Ils s’attendent à ce que les entreprises jouent un rôle dans la société et prennent des actions qui vont permettent d’améliorer certaines problématiques. Les entreprises doivent donc s’adapter, évoluer et agir dans le but de démontrer que sur le plan social et environnemental, elles sont responsables. Certaines entreprises ont compris cette volonté des consommateurs et ont adapté leur modèle d’affaire en conséquence. Aujourd’hui, nous possédons un important flux d’information, toujours facilement accessible, ainsi, les entreprises ont l’opportunité de diffuser facilement de l’information et ce grâce, entre autres, aux réseaux sociaux. Ces dernières ne peuvent pas ignorer leurs responsabilités légales en matières sociales ou environnementales, ainsi que leurs responsabilités face aux attentes des consommateurs et de la société sans être victime de boycott ou de mauvaise publicité.

[1] Gendron, Corinne et Bernard Girard (éds.), 2013. Repenser la responsabilité sociale de l’entreprise. L’école de Montréal, Paris : Armand Collin., p. 48.

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