Le pouvoir de la clémentine

Dès le début de mois de novembre, elles reviennent sur les étals, elles égaient les marchés et embaument nos maisons, elles jaunissent un peu nos ongles… Elles annoncent les soirées d’hiver et les fêtes de fin d’année. Leur déclin présage aussi le début des vacances d’été… Bref, elles, ce sont mes madeleines de Proust.

Elles, ce sont les clémentines.

Attention, je ne parle par de ces grosses clémentines pleines d’OGM qui n’ont aucun goût et dont la peau est totalement désunie du fruit ! Non, je parle de la belle de Corse ou de Jaffa.

Ronde et ferme, juteuse et sucrée, son odeur persistante m’enveloppe et me rassure.

Au marché, je n’hésite pas à bien l’observer, l’humer et la soupeser. Je les choisis légèrement fermes, j’essaie de sentir si sa membrane la protège bien et pourra se retirer facilement.

Ma consommation oscille entre 1 à 3 par jour mais sa dégustation suit toujours le même cérémonial quelque soit l’endroit ou les personnes avec qui je me trouve.

Je commence toujours par le bas, là où c’est creux. Et à la main bien sûr! Le couteau est beaucoup trop agressif pour un fruit si fin ! Débute alors un petit rituel pour réussir à éplucher la clémentine d’une seule et même pelure. Généralement, j’y arrive sauf lorsque mon impatience prend le dessus ou que je ne suis pas assez centrée sur ce que je fais… Je garde le meilleur pour la fin : j’enlève le haut un peu plus résistant pour retirer le filament du centre de la clémentine. Je fignole en grattant les derniers restes blancs.

Ca y est, la voilà toute nue, toute belle !

Tout doucement je l’ouvre et j’entends les quartiers se décoller lentement. La membrane des quartiers étant assez fines, on peut distinguer toute la pulpe contenue.

Selon le temps que j’ai et l’endroit dans lequel je me trouve, je vais encore un peu plus loin. Délicatement, je retire les membranes pour ne garder que la pulpe. Et là, ça explose en bouche : le goût est à mi-chemin entre le sucré et l’acidulé. Par-fait ! Un délice !

Je ne médite pas, mais ces moments me sont précieux pour me détendre, me recentrer et me rappeler que la nature est belle et bien faite. C’est ma parenthèse à moi.

Je ne sais pas vous, mais je mangerais bien une nouvelle clémentine !

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