Excès

La déprime. Un mot clinique, moderne, stérile, qui n’est pas du tout adéquat pour exprimer cette Lassitude qui à chaque année progresse en moi. “Mélancolie” serait un mot plus approprié.

Une définition: “État morbide caractérisé par un abattement physique et moral complet, une profonde tristesse, un pessimisme généralisé, accompagné d’idées délirantes d’autoaccusation et de suicide.

Une autre: “État affectif plus ou moins durable de profonde tristesse, accompagné d’un assombrissement de l’humeur et d’un certain dégoût de soi-même et de l’existence.

Mais est-ce une maladie, une affliction? Ou n’est-ce que l’entraînement vers le bas de toute une Civilisation?

On dirait que presque tout le monde prend un type de médicament ou d’anti-dépresseur. Peut-être que nous sommes tous déprimés, et que les plus enthousiastes d’entre nous ne continuent que parce que nourris de ces stimulants narcotiques.

Mettez donc des amphétamines directement dans l’eau, comme vous le faites avec le fluore. Réglons le problème d’un coup sec, et pour de bon.

Pour ma part, pas de médicaments, pas de drogues; à peine quelques petites incursions de plus en plus rares dans ces ivresses considérées comme étant les plus banales. Mais j’ai peut-être tort. Peut-être que je devrais me débarrasser de mes scrupules et m’y abandonner, moi aussi. Peut-être que tout le monde autour de moi en bénéficierait. Mes enfants les premiers.

Je rêve de tellement pour eux… je rêve de me balader avec eux; de faire de la randonnée dans les montagnes; de les emmener au cinéma et au théâtre; de faire des pique-niques dans des locations aussi variées qu’exemplaires; d’explorer le monde avec, par et pour eux; de dessiner et écrire avec eux; d’inventer des jeux avec eux; de leur faire des spectacles de marionnettes; de leur raconter des tonnes d’histoires, à partir d’un livre ou de ma tête…

Au lieu de ça je suis une loque épuisée qui doit passer la majorité de ses temps libres à faire du ménage… de temps à autre faisant une balade à bicyclette ou à pieds, ou allant au parc… trop rarement… m’endormant le nez dans le livre, le soir, quand c’est le temps de leur lire une l’histoire… étant généralement incapable de retomber dans un mode ludique, dans un État de Connaissance et d’Éveil…

Continuer à vivre ou se donner la mort; il ne semble pas y avoir d’autres options que ces deux là.