La réflexion de l’excès (Archive écriture 2014)

Je pratique une expérience de vie depuis début septembre, que je souhaitais partager.

Cela fait maintenant 4 semaines, qu’avec mon acolyte d’ami et colocataire, nous vivons des WE rudes, dans le sens excessif. Excès en sorties, en alcool et autres substances, en manque de sommeil, en activités peu conventionnelles… Tout ce qui au final, sort du cadre acceptable social établi comme “raisonnable” ou “équilibré”.

Bien entendu, le reste de la semaine, nous sommes “raisonnables”. Sport, nourriture équilibré, 7 heures de sommeil par nuit, 7 heures d’activité productive…
Et puis ce lundi, débordement. Lorsque nous étions encore en terrasse d’un PMU à manger une grande pizza après le 15 ème Ricard, faisant suite à un week end ayant commencé le vendredi soir, j’ai commencé à me poser la question. Pourquoi ?

Ce n’est clairement pas la réponse générique que je pensais apporter au départ : “Nous avons perdu le contrôle et sommes rentrés dans une dépendance par rapport à l’excès et la drogue, nous ne sommes plus en contrôle et nous risquons en continuant ainsi de tout perdre…”

Non, c’est bien différent et plus profond que ça.

Ces moments, sont des moments ou les gens, nous y compris, choisissent de mettre le reste de leur existence de côté, de poser leur ego dans un coin et de profiter de l’instant présent. La plupart du temps, pour arriver à le faire, ils s’aident, en effet, de substances qui altèrent la conscience, de manière à leur faire retrouver une simplicité de gestion et d’acceptation de l’extérieur et de eux-même.
Ce fonctionnement social, qu’on retrouve difficilement dans un autre cadre que le cadre festif, et intéressant de part le fait qu’il est très rapide d’accéder aux sous couches d’une personne, et de rentrer dans son intimité pour partager avec elle qui elle est vraiment, sans se brider dans la rencontre et l’échange avec les couches de protections superficielles, la timidité ou autres éléments nous faisant perdre le lien avec l’essentiel : se mélanger à l’autre.

Alors si je souhaite sortir une “morale” de tout cela, se serait plutôt qu’il nous faut renouer avec la simplicité des rapports, connaître nos barrières et les faire s’ouvrir sans avoir besoin “d’aide” pour cela, lâcher prise chaque jour et se focus sur l’instant présent, pour simplifier nos rapports aux autres, les rendre plus forts et nous rapprocher. Nous sommes des être sociaux, mais nous restons sur la retenu et l’individualité. Notre moyen de nous rapprocher plus et de fusionner reste la prise de substance, un cadre propice ou plus simplement le temps qu’on impose à l’autre avant de s’ouvrir.
Mais en réalité, tout vient de notre ignorance, croire que ces distances et ce temps sont nécessaire…Pourtant si l’on devait mourir demain, chose que l’on oublie trop souvent, est-ce qu’on aurait envie de laisser place au superficiel, ou directement pénétrer la couche profonde des autres ?

Je pense qu’il est temps de lâcher prise autrement. De se voir, nous et les autres, autrement. De se rapprocher, sans limite, et de laisser s’exprimer une fluidité profonde dans nos rapports, et donner cet amour que nous avons tous en nous, de manière libre et sans retenue.
Il est temps de vivre et de créer des souvenirs, non pas simplement le week end ou en vacances, mais à chaque instant, dans des interactions aussi simple qu’un café partagé ou aussi folles qu’un voyage au bout du monde.

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