tracé idéologique

La mécanique raciste est le troisième entretien filmé de Hors-Série que je regarde.
L’énonciation de Pierre Tevanian demande de l’attention, ses yeux regardent les futures idées qu’il veut transmettre, mais les systèmes qu’il tente de décrire sont complexes et il fait des pauses, il élargit la thématique et revient sur un point évoqué précédemment…
l’énonciation est celle d’un philosophe - je m’accroche alors surtout aux idées qu’il énonce, à la chaîne signifiante qu’il déroule;
et je suis assez émerveillée de la logique magistrale qui appuie sa dénonciation, je suis impressionnée par l’effort intellectuel de mettre en ordre des déterminismes systémiques très grands et très larges (historiquement, socialement, politiquement, géographiquement, etc.).

bon, je reste toujours sur mes gardes quant au propos, quant au message que l’élocuteur transmet à travers son exposé, et je souhaite donc explorer ailleurs — dans ses références par exemple.

Je lis alors la page wikipédia de Frantz Fanon
(dilemme: est-il préférable de lire la version française ou non ?)
Je regarde aussi la page wikipédia d’Albert Memmi.

Et en cherchant les chemins des idées, je poursuis des hommes.


La liste de mes envies de lecture s’agrandit alors:
- Les Damnés de la Terre
- Peau noire, masques blancs
- Portrait du colonisé précédé du portrait du colonisateur
- des ouvrages d’Aimé Césaire, à décortiquer
- La mécanique raciste, aussi, du coup.

et je n’ai regardé que 40 minutes de l’entretien filmé.


Je suis également en train de finir L’épopée d’une anarchiste d’Emma Goldman, que j’ai emprunté à la suite du documentaire Ni Dieu ni maître. C’est assez passionnant, il s’agit des chroniques de la vie d’une femme anarchiste russe aux Etats-Unis dans les années 1900 alors que j’imaginais lire un manifeste politique ou un essai théorique sur l’idéologie anarchiste.

Le portrait qu’Emma Goldman fait de ses camarades me donne aussi de nouvelles envies de poursuite d’hommes, d’idées et de livres. J’ai commencé alors à feuiller L’Entraide de Peter Kropotkine et je souhaite trouver les Mémoires de prison d’un anarchiste d’Alexander Berkman.


Le premier entretien filmé d’Hors-série que j’ai regardé, c’était celui sur le féminisme de la totalité. Il y avait des évocations de femmes soviétiques révolutionnaires, à la Emma Goldman.

Le deuxième celui sur la Guerre des Gauches m’a fait (re)découvrir Cornelius Castoriadis et j’ai noté les références de ses bouquins pour mes futurs emprunts à la bibliothèque.


L’éparpillement de mes poursuites idéologiques se structure dans un sens anticapitaliste profond, et mon engagement politique s’affirme dans tout ce que je rencontre à travers le temps et l’espace et qui m’indigne, me soulève, me révolte.


Avec le documentaire d’Arte sur l’anarchisme, j’ai aussi découvert Olivier Minot dont j’ai beaucoup apprécié le travail radiophonique 
et je me suis mise à écouter plus souvent des podcasts
comme the memory palace sur une botaniste, Ynes Mexia
(et sa page wikipédia en anglais se trouve dans mes favoris pour qu’un jour je prenne le temps de la traduire en français)
comme la série des Braqueurs sur Arte Radio
comme le feuilleton Places de la République des Pieds sur Terre.

j’écris alors vaguement dans mon carnet digital :

Et tout est beau et me donne de l’espoir,
et m’apprend aussi, au delà d’un espoir qui attendrait passivement,
l’importance de la lutte

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