L’exception Donna Tartt, mystérieuse et envoûtante écrivaine .

Un petit bout de femme au regard de poupée, les yeux vert est devenue aux Etats-Unis et dans le monde un véritable culte. Son premier écrit remonte à ses treize ans, des poèmes, des nouvelles.

Mais comment cette écrivaine est devenu une idole ?

Toujours très discrète sur sa vie privée, on sait qu’elle n’a pas eu d’enfants. Ne fréquente que très peu les mondanités des gens de lettres. Elle ne possède aucun compte Twitter, Facebook ni de site internet officiel et donne de très rare interview. Elle maîtrise son image choisissant elle-même ses photographes. Elle reste en retrait de la frénésie médiatique. Un comportement atypique loin des habitudes d’aujourd’hui.

Et pourtant, elle est une star des lettres qui peut se permettre de faire la couverture de Vanity Fair à l’égal des plus grandes rock stars.

Elle ecrit peu, trois romans en vingt ans de carrière. Elle prend son temps pour écrire.

« Je n’écris pas plus vite parce que je suis une miniaturiste. J’aime peaufiner mes histoires pendant longtemps. J’y prends du plaisir et c’est la meilleure façon d’en donner au lecteur.», confie t-elle à des journalistes français lors de la sortie de son dernier roman Le chardonneret .

Et c’est peut-être aussi la clé de la réussite.

Son premier roman Le maître des illusions paru en 1992 est une véritable bombe littéraire, 700 pages qui racontent le meurtre d’un jeune homme appartenant à un groupe d’etudiants privilégiés dans une université du Vermont se livrant à des rites dyonisiaques sous l’égide d’un professeur de grec ancien. Dans ce premier roman, Donna Tartt donne la pleine mesure de son talent mêlant habilement thriller et Campus Novel. Il se dégage de ce roman un côté très sombre, gothique l’atmosphère y est étouffante, le rythme endiablé. Un roman ou l’on perçoit l’érudition de son auteure et notamment sa connaissance du grec ancien qu’elle a d’ailleurs étudier. Ce roman est ecrit comme un roman du XIXéme siècle, période de la littérature européenne qu’elle affectionne depuis son adolescence.

A 28 ans, l’auteure devient une Plume de poids anglo-saxonne. Les critiques sont enthousiastes. Le public l’adule, cinq millions d’exemplaires se sont écoulés et près de vingt traductions sont réalisées. Il devient le livre de chevet de nombreux lecteurs.

Pendant dix ans, Madame Tartt disparaît de la scène littéraire, se fait oublier. Ce n’est pas un caprice ou un plan média bien orchestré . À chaque parution d’un de ses livres elle se prête volontiers au jeu des dédicaces, lectures publiques, promotions et interviews et tournée dans tous les pays où son œuvre est traduite.

C’est peut-être lié à son besoin de voyager, de lire et de travailler à ses prochains romans.

L’année 2002, paraît son second roman très attendu, dix longues années d’attente, Le petit copain s’éloigne du maître des illusions, C’est un roman violent, initiatique, sur le deuil, l’enfance.

Elle revient à ses origines, le Sud des Etat-Unis où elle est née en 1963, à Greenwood dans le Mississippi. Dans son roman revient les thèmes habituels de l’enfance et du deuil mais elle y rajoute en bonne écrivaine du Sud des Etats-Unis, la colère de ses habitants, ces habitations coloniales délabrées témoins d’un passé riche et glorieux, le racisme toujours aussi prégnant, la pauvreté.

Le petit copain reçu un moins bon accueil de la part des lecteurs mais reste néanmoins un très bon roman.

La consécration le prix Pulitzer de la fiction en 2014

Donna Tartt est une star des lettres comme le fut dans les années 90, son ami depuis le collège Brett Easton Éllis. A la différence de cet agitateur et provocateur, elle reste la plus part du temps dans l’ombre, écrivant, voyageant, lisant. Passant son temps entre sa vieille maison coloniale de Virginie entourée de ses chiens et New-York. Elle publie Le Chardonneret en 2013, renouant avec ses thèmes de prédilections le thriller, le roman iniatique, l’enfance.

Critique enthousiaste, public sous le charme. La dame a frappé un grand coup et obtient en 2014 le Prix Pulitzer de la fiction. Œuvre inclassable, dense mêlant avec maestria le roman noir, initiatique et les thèmes de l’enfance et du deuil.

Le chardonneret est un grand roman qui fait écrire à Stephen King dans le New York Times :

« une rareté qui ne se produit peut-être qu’une demi-douzaine de fois par décennie, un livre intelligent qui parle à la fois au cœur et à l’esprit»

Pourquoi Donna Tartt et son œuvre sont au firmament de la littérature contemporaine ?

Cela tient au fait que ses romans sont rares, alors que dans l’édition le lecteur est submergé d’ écrit de toutes sortes et au niveau parfois discutable. Véritable petite orfèvre de la plume, elle ne livre au publique que des romans parfaits. Elle assume son héritage littéraire sans anachronisme ni passéisme privilégiant le style de roman qu’elle dévorait dans sa jeunesse, le gros roman d’apprentissage du XIXÉME siècle, l’âge d’or de la fiction.

La belle nous prévient ,

« Le roman réaliste américain contemporain, les livres autour du mariage, du divorce, de la famille, de la vie quotidienne en banlieue, etc, tout ça ne m’intéresse pas »

Lire Donna Tartt, c’est plongé dans une autre dimension narrative, l’âge d’or du roman.

Sa réussite tient aussi à la virtuosité narrative de ses romans ainsi que de la portée philosophique et poétique de sa prose.

Vous l’aurez compris à travers cet article que Donna Tartt à beaucoup d’importance dans ma bibliothèque personnelle. Je lis et relis avec un grand plaisir ces romans..

J’espère que je vous ai donné l’idée de lire ce drôle de petit oiseau littéraire.

Loin d’être une sorte de diva, c’est une femme dont l’érudition vous laissera admiratif, les langues ancienne, la littérature, les arts, aucun de ses sujets ne lui sont étrangers.

Lisez Donna Tartt et elle vous envoûtera, charmera par la grâce de sa plume.

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