Pourquoi Donald Trump ?

Du jamais vu dans la course à la présidence des Etats-Unis! Les Républicains comme les Démocrates rejettent en bloc “ l’ Establishment”, la classe politique traditionnelle. Et ils ont trouvé leurs héros : Donald Trump, pour les conservateurs et Bernie Sanders côté progressistes.

Selon le principe des extrêmes qui se rejoignent, Sanders le Démocrate-Socialiste, etTrump le businessman milliardaire vaguement conservatiste n’ont pas de “super pack.” * Trump finance sa propre campagne. Sanders accumule plus d’ un million de petits donneurs. Tout deux ont refusé d’ être tributaires des millionaires et milliardaires prêts à investir dans leurs candidatures. Sanders appelle à une “ révolution politique,” Trump promet de “ transformer le système.”

R EJET DE LA POLITIQUE CONVENTIONNELLE

De part et d’autre leurs prises de position répondent à l’attente du public. Elles contrastent avec l’ échec des volontés bi-partisanes d’Obama, accusé de molesse. Quand les conservatistes sont devenus majoritaires, ils ont bloqué les institutions sans hésiter; et le fanatisme anti-compromis du Tea Party à fait école. Depuis, le pouvoir législatif poursuit son opposition systématique. Les Américains toutes tendances confondues sont les témoins et les victimes de cette politique de la muraille. En 2013 le governement a été acculé à la fermeture. Les salaires des fonctionnaires à l’exclusion de la police ont été suspendus. Ces chicanes ont aussi apporté le ”sequester” — toujours en vigueur — qui se résume à des coupes sauvages des programmes sociaux. Pour couronner le tout, il y a eu Wall Street, sauvée par une transfusion de milliards en argent des contribuables. Pendant que le législatif n’essaye même plus de cimenter ses divisions, le public à l’unissons condamne le pouvoir établi et son mal-fonctionnement. Rares sont les politiciens qui ont eu assez de clareté pour mesurer l’ampleur du rejet.

TRUMP ET WALL STREET

A Wall Street, on craint le businessman autant que le sénateur. Étonnant ? Pas quand on connait Bernie, qui dénonce depuis un demie siècle la façon dont les banques et les ”lobbyist,”( groupes de pression), “rigged,” (truque), l’ économie. La grosse surprise vient de Trump. Pourquoi un milliardaire méprise Wall Street, pourquoi veut-il avoir les mains libres et pour faire quoi? Ces questions et bien d’autres agitent les conservateurs. N’avoir aucune reponse augmente leur panique. Les stratégies anti-Trump les plus farfelues se multiplient. Personne ne peut imaginer le magnat en candidat “viable.” La droite Américaine s’ interroge. Il y a 22 ans, sur la question de l’avortement leur candidat “ favori” déclarait être “ pro-choice.” Avec les années il a changé pour “ pro-life,” faut-il le croire? En matière de couverture médicale il a parlé de “single payeur,” — qui se rapproche de notre Couverture Medicale Universelle, — qu’en est-il ? L’ homme d’affaire-candidat entretient le doute et évite les interviews en-tête à tête.

MOTS-CLÉS

A dessein, Trump réduit le discours politique à des gimmicks et communique à l’aide de mots clés qui enchantent son audience. Il veut: “ rendre sa grandeur à l’Amérique;” “déporter” 12 millions d’ “immigrants” illégaux; empêcher tous les “musulmans” de rentrer dans le pays; “rapatrier” tous les “emplois” “volés” aux Etats-Unis par la “Chine; instaurer une “couverture médicale abordable;” ”éliminer Obamacare”…Tous ses programmes sont d’une obscurité impénétrable. Mise à part la construction d’un mur entre le Mexique et les USA — qu’il jure de faire payer par les Mexicains — et son plan sur la répartition des taxes on ne sait rien. Ses supporters s’en contre-fiche Ils voient en lui un guide décisif et incisif dans lequel ils se reconnaissent. Ce n’est pas politique mais épidermique.

PROGRAMME GAGNANT

Trump est un survolté, dés qu’ un problème surgit sur la scène mondiale ou nationale, il en fait son discours du jour. Attaqué quotidiennement, il renvoie la balle au quart de seconde. Il n’épargne personne, y compris le Pape. Trump gagne du terrain en jouant au chien dans un jeu de quille. Il bouleverse toutes les conventions. Avec lui, le “politically incorrect” devient un atout reflétant l‘ éxaspération ambiante. Imperturbable tête de liste des Républicains, il prend les problèmes un à un, méthodiquement. Sa détermination augmente avec ses succés. Sa crédibilité en est renforcée, et il attire régulièrement de nouveaux supporters qui trouve en lui le porte parole de leurs frustrations. ”Le Donald,” est dans une phase opération charme. ”Gagner” est son unique objectif. Son slogan est validé par ses succés. Cette attitude attire la confiance inconditionelle d’ électeurs pour qui l ’outrancier agressif est un ticket gagnant.

  • *Organisations qui rassemblent et gérent toutes les contributions financières des campagnes électorales du candidat qu’elles soutiennent.