DES JEUX VIDÉOS POUR CALMER LES DOULEURS AÏGUES
by SavannahRV
La Réalite Virtuelle est de plus en plus efficace à traiter les douleurs chroniques et sévères. Ses effets sur le système nerveux permettent en outre d’améliorer les symptômes de traumatismes post-violences — TSPT, et de corriger certains effets de la maladie D’ Alzheimer.
Dans la catégorie analgésique, nous avons pu tester “Cool!” de Deepstream VR.
LE BRAS DANS LE BAQUET
L’ expèrience commence fraîchement. Le bras droit plongé jusqu’au coude dans un baquet de glaçons; au bout de 24 secondes la gelure devient aussi intenable qu’une brûlure de charbons ardents. Après un séchage rapide sous une lampe à infra-rouge, me voilà prête à explorer l’univers de Cool!. Je n’ai aucune idée de ce qui m’attend, sinon qu’il faut tirer sur des otaries. Aussitôt le casque RV sur le nez l’ immersion dans l’univers virtuel commence. Tout ce déroule à un rythme paisible au son d’une musique relaxante. L ’impression d’être sur une rivière enchantée aux rivages changeants au gré des saisons apporte une réelle sensation de bien-être. Là, tout est blanc c’est l’hiver. Le regard suppliant des otaries pour un poisson est attendrissant. Je tire; chaque otarie touchée s’ écroule de rire et change dramatiquement de couleur. Celle-là devient zébrée de bleus en camaieux, celle-ci vire au rose à pois verts…Une minute dans le jeu et on me replonge le bras dans le seau. Le temps se dissout dans des sensations très inèdites qui pourtant semblentnormal. Tirer des poissons au pouvoir psychédéliques sur des otaries euphoriques détache réellement mes pensees de ma main. Toujours dans le baquet avec les glaçons. Au bout d’un moment, Daniel Shapiro, co-founder à DeepstreamVR m’ annonce : quatre minutes! Vous avez battu le record de résistance. Par prudence il vaut mieux arrêter là.” conseille-t-il.


IMMERSION THÉRAPEUTIQUE
L’immersion virtuelle comme analgésique a d’abord été testée sur des grands brûlés. Leurs douleurs sont intolérables et les opiacés courants sont insuffisants. Au départ ’utiliser le pouvoir de fascination des jeux vidéos et des films semble une bonne idée. A l’usage, les résultats n’ont jamais égalé la déconnection de la réalité apportée par l’immersion virtuelle. Avec elle le patient quitte sa douloureuse condition et plonge dans un espace virtuel étudié pour déprogrammer la douleur. Pour en arriver là, les créateurs de Cool! se sont inspirés des résultats d’études psychologiques variées.
La théorie du portillon— Gate theory, voit un lien entre la douleur et les circuits nerveux qui contrôlent l’attention. Dés lors, plus le patient se détache de sa peine moins il va la ressentir. Et puis, de nombreuses observations cliniques montrent une parité entre anxiété et perception de la douleur. Cool! va donc s’attacher à réduire les angoisses entraînants une diminution des souffrances.
La musique d’accompagnement douce et méditative; le décor et l’action tout invite à la détente. L’ état de douleur ne permettant pas de gros efforts intellectuels, les intéractions avec la faune ambiante — otaries et feux follets — restent simples mais gratifiantes.


ETUDES CLINIQUES
Deux études cliniques sur l’action analgésique de la Réalité Virtuelle viennent d’être réalisées, à l’aide de Cool!. La premiére a observé 30 patients durant cinq minutes de traitement; neuf d’entre eux ont été totalement soulagés. Les vingt et un autres ont montré des améliorations allant de 30 à 60%. La seconde est en cours avec 20 patients en immersion de vingt minutes et laisse espérer une réduction des peines de 50 à 75%.
“ Par exemple, en utilisant plusieurs tunnels et entrées Cool! met en oeuvre des techniques psychologiques qui fixent la concentration du sujet” explique le Dr Jones qui dirige les projets. “ Chez certains, il est remarquable de constater la prolongation de l’effet calmant plusieurs jours après la séance.”
“ Cette extension dans le temps des effets du traitement est un phénomène qui dépend davantage de l’ élasticité cérébrale que de l’effet de distraction.” précise Daniel Shapiro. En réalité, la réussite du traitement est proportionnel le à l’intensité de la participation du patient.
