Film(s) & Moment(s)

Partie un : Hier.

Hier soir, j’ai revu “Revolver”.
Un film de Guy Ritchie.
Mais surtout un film que j’avais vu en salles en septembre 2005, et que je n’avais pas du tout aimé.

Hier soir pourtant, en plein milieu de la nuit, j’ai voulu le revoir.
Enfin…
Disons plutôt qu’en fouillant dans les “nouveautés” du catalogue Netflix, j’ai vu que le film était désormais disponible, et sans trop savoir pourquoi, j’ai voulu comparer mon avis de l’époque à celui du spectateur que je suis aujourd’hui.

Sur Twitter, j’ai comparé cette décision de redonner une chance à un film au fait de retenter une histoire avec un∙e ex.

Une partie de moi avait envie de se dire que douze ans plus tard, ma culture cinématographique avait assez évolué pour, à la fois, comprendre pourquoi je n’avais pas aimé ce film, mais surtout avoir le luxe de changer d’avis.


Et ça n’a pas été le cas.

Il n’aura fallu que quinze minutes pour retrouver les mauvaises sensations de l’époque.
Quinze fois “soixante secondes” pour me dire “Ah… Ça y est… Je me souviens exactement pourquoi ça n’a pas marché entre nous à l’époque”.

À vrai dire, le fait de ne pas avoir changé d’avis ne m’a ni déçu ni conforté.

Ma seule satisfaction après la décennie qui sépare les deux visionnages de ce même film, c’est d’avoir plus de mots aujourd’hui pour expliquer pourquoi je n’aime pas ce film, et pourquoi, à mes yeux, ils ratent une bonne partie de ses effets.

C’est dommage, mais ce n’est pas grave.
On dit qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, mais rien n’oblige à le faire.


Partie deux : Aujourd’hui.

Aujourd’hui donc, j’ai revu “Little Miss Sunshine”.
Un film de Jonathan Dayton et Valerie Faris.
Mais surtout un film que j’avais vu en DVD en 2007, et que je n’avais pas du tout aimé.

Aujourd’hui pourtant, en plein milieu de l’après-midi, j’ai voulu le revoir.
Enfin…
Disons plutôt que depuis des mois, j’avais remis le long métrage indépendant dans ma liste de films à (re)voir sur Netflix.
Une liste longue comme le bras et dans laquelle, une fois de temps en temps et entre deux marathons de série, je pioche un film.

Aujourd’hui, c’est donc tombé sur Little Miss Sunshine.


Et cette fois-ci, j’ai aimé.
Attention.
Je n’ai pas aimé genre “Bon, c’est pas si nul que ça”.
Non, non, non.
C’était un véritable “Ce film est bien, en fait”.

Bien que je considère cet avis comme totalement subjectif.

J’étais agréablement surpris de contredire l’avis faussement blasé que j’avais pu avoir il y a quelques années.
Car au fond de moi, je me souvenais qu’à l’époque, j’avais décidé, avant même de visionner le film, d’être très critique avec lui.

Parce que tout mon entourage l’adorait.
Parce que “film indé avec une affiche jaune qui a surement eu un prix à Sundance”.
Parce que “c’est trop facile de faire une comédie dramatique”.

Parce que.
Parce que.
Parce que.

Alors que cette fois-ci, j’ai entendu Olive Hoover demandait à Miss California si elle mangeait de la glace, et j’ai vu de la magie dans ses yeux quand elle lui a répondu que oui.
Chose que j’avais été incapable de voir à l’époque.

Imbécile que je suis.


Partie trois : Samedi dernier.

Il y a un peu moins d’une semaine, je discutais avec des amis du film “Ce qui nous lie”.
Un film de Cedric Klapisch qui vient tout juste de sortir.
Mais surtout un film qui m’a touché, moi, malgré ses défauts.

Avec mes amis donc, on discutait du film, et on échangeait nos avis.
Ce qui ressortait souvent, c’est que le film était surement trop long, pas assez fou, pas du tout équilibré dans les histoires des différents personnages, etc.

Mais je n’en démordais pas.
Ce film m’avait touché parce qu’il avait résonné en moi.

En sortant de la salle, j’avais eu la sensation de l’avoir vu au bon moment.

Quelques années plus tôt, je n’aurais pas vécu certaines choses qui pourtant ont eu un écho, une fois dites par quelqu’un de l’extérieur, sur un grand écran.
Quelques années plus tard,
j’aurais peut-être eu d’autres histoires personnelles à régler, au point de ne plus du tout être sensible à certaines scènes écrites avec la meilleure intention du monde.

D’être en phase aujourd’hui avec le film ne le rendait pas meilleur ou moins bon.
C’était juste une question de timing.

Mais je le reverrais dans une dizaine d’années, pour voir ce que j’en pense vraiment.

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