Pokémon Talks

Parfois, ça se joue à pas grand chose.

On était là, avec Diraen, Nal’ et Christophe, à se balader un peu dans la ville, pour chasser des pokémons.

Enfin… Ils chassaient, et moi, je faisais des vidéos sur Facebook pour dire que je n’arrivais pas à me connecter.

Bref. (Si on est amis sur Facebook et que tu as vu mes vidéos, celui-ci est fait exprès).

Mes trois amis s’arrêtent à un feu, attaquent comme si de rien était une arène… on discute, on rigole, tout va bien.

Soudain, elle s’approche de nous : «Excusez-moi ? Vous jouez à Pokémon Go ?»

Elle, c’est donc une pure inconnue, avec son copain à côté, qui nous pose timidement sa question.

Nous, on répond que non, en souriant, parce que c’est quand même évident pour tout le monde que si on est là, avec nos quatre téléphones bien en évidence, ce n’est pas pour tester la nouvelle feature «sociale» de Tinder.

Elle continue : «Je ne sais absolument pas comment on fait avec les arènes.»

Nous, on se retourne vers Diraen, parce que c’est un peu notre tutorial à nous. Et elle commence à lui répondre.

Et à lui donner des conseils.

Des astuces.

L’inconnue et son copain nous parle de pokemons qu’ils ont capturé.

Nous, on fait part des lieux à éviter ou, bien au contraire, à explorer.

Pendant quelques minutes, tous les six, on se parle. Et c’est cool.

Ça fait des jours qu’on nous balance qu’on est des zombies. Qu’on est des gamins. Qu’on passe à côté de la vie.

Sauf que là, pour la première fois depuis longtemps, je ne me suis pas senti dérangé par l’arrivée d’un(e) inconnu(e) dans mon espace vital.

Si j’avais été dans un bar avec mes potes et qu’une personne lambda s'était immiscée dans notre conversation, sans autorisation, j’aurais tout fait pour l’exclure au plus vite.

Mais non, là, on a parlé. On a rigolé un peu. Et on a repris nos routes.

Parfois, ça se joue à pas grand chose.

Et c’est pour ça que ça vaut la peine de se laisser surprendre.