Chercher l’ennui

Oui, vous avez bien lu. Chercher l’ennui. Il ne s’agit pas de le chasser, mais de le chercher, volontairement.

L’ennui est une denrée rare dans le monde d’aujourd’hui. Il suffit d’un doigt sur un écran pour qu’il s’évapore. Le cerveau toujours occupé, toujours en route, toujours en interaction. Toujours des choses qui entrent et qui sortent.

Ce qu’il faut, c’est du temps pour tourner à vide.

Alors moi, je vais chercher l’ennui. Ce n’est pas la première fois que j’en parle, et je vois bien que je commence à vous ennuyer avec mon histoire d’ennui. Je le cherche, par exemple, sur les pistes.

Ça paraît triste de dire ça, je sais, mais non, en fait c’est pas triste du tout.

Je skie seule, le cadre est magnifique (quand le brouillard ne nous empêche pas de savoir dans quel sens on avance, ou même si on avance), je bouge… mais au bout d’un moment, je sens une certaine agitation des neurones: j’en ai marre.

L’hiver dernier, et celui d’avant, quand j’en avais marre, j’arrêtais. Maintenant, je me délecte de cette sensation d’inutile, de non-productif, de cerveau qui part en vadrouille dans des endroits complètement imprévus. Je reste encore, une fois que j’ai trouvé l’ennui, je reste en je prends encore une fois le télésiège pour aller le chercher, encore, parce que je sais à quel point il me glissera toujours entre les doigts, une fois de retour au chalet, une fois de retour dans ma vie.

Et vous, où cherchez-vous l’ennui?


Originally published at Climb to the Stars.

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