J’écris pas

J’écris pas. C’est pas bon signe. Je fais pas à manger non plus. Enfin bon, là je suis en train d’écrire, donc c’est meilleur signe! Le rangement, c’est pas trop ça non plus. Mais hier soir j’ai fait de l’ordre dans la cuisine afin de pouvoir cuisiner une soupe aux pois jaunes… que je n’avais pas. (Note: passer à la Migros en rentrant.)

Il y a des périodes comme ça où on est en mode survie. Où certaines choses du quotidien deviennent insurmontables. Faire à manger. Où les contrariétés et les tuiles s’accumulent, parfois sans faute de notre part, parfois parce que c’est une conséquence inévitable de nager trop longtemps en mode survie. En vrac: une selle de vélo volée, un balcon à “dénuder” sans délai, une attaque de chat, des impôts qui commencent à chauffer, des proches malades, des imprévus professionnels… Rien d’ingérable, mais quand on n’a pas d’amortisseurs, ça fait vite un peu tape-cul et on s’en prend plein le dos.

Mais que vous ne vous inquiétiez pas. J’écris, là. Je suis allée au théâtre, aussi (voir Une chambre en Inde, que je recommande vivement — en allant 2h avant à Beaulieu, vous pouvez vous mettre en liste d’attente et avez toutes vos chances d’avoir une place), je retourne au cinéma (voire entre autres Les Dames, un film qui tape “juste” je trouve), je reprends le judo, je vais me promener avec mes voisines…

J’ai envie de prendre des cours de pilotage de drône. Oh, je sais que je peux apprendre toute seule (et je me suis déjà amusée un peu), mais faire un cours, ça me plait comme idée. Pour le fun.

J’essaie de me mettre au crochet et au tricotin. C’est sympa le tricotin. Et sur YouTube il y a Jimmy Tricotin.

J’apprends à me ménager un peu plus, au travail comme en dehors. Dire non, bon sang, c’est pas facile, surtout quand tout notre être crie “oui! oui! j’arrive!” J’apprends à me faire violence, du coup, pour me préserver. Ça semble paradoxal, mais c’est bien ça. Je vois à quel point ça ne me vient pas naturellement, de défendre mes intérêts.

J’ai pris conscience que je “cadre” une grande partie de mes activités. Même le plaisir. Sur ma liste de choses à faire, “aller au cinéma” côtoie “faire la compta 2017”. Parce que j’ai le sentiment que si je ne fais pas de me faire plaisir une obligation, je ne vais jamais le faire. Et c’est pas juste une impression. Vous avez vu comme c’est tordu? Je cherche encore la clé.

Je vais donc résister à la tentation de terminer cet article par une liste des choses que je veux faire. Autant je peine à me fixer des objectifs à long terme et à m’y investir, autant mon quotidien semble régi par une succession de mini-objectifs. J’essaie d’apprendre à faire autrement.


Originally published at Climb to the Stars.