Méditation pendulaire

Je reprends le travail après deux semaines de vacances. Oh, bien sûr, j’aurais bien prolongé mes vacances, surtout qu’il y a encore plein de neige. Mais bon, il ne va pas faire beau cette semaine.

Je reprends le travail le coeur plutôt léger: j’ai laissé mes affaires en ordre avant de partir, j’aime ce que je fais, et peut-être un peu bête à dire, j’aime aussi mon salaire. L’idée qu’il faut avoir manqué de quelque chose pour l’apprécier ne sort pas de nulle part.

Je médite toutefois sur l’occupation de mon temps. En semaine, j’en ai peu. 12 heures loin de la maison, même si ma squatteuse semble avoir vidé les lieux et que mes besoins en matière de sommeil redeviennent raisonnables, ça ne laisse pas des masses de temps pour vivre hors du week-end et des vacances.

Rien d’extraordinaire, je sais, vous autres qui vivez à ce rythme depuis des années haussez les sourcils en disant “ben ouais quoi”. J’ai conscience d’avoir eu pendant dix ans une qualité de vie vraiment privilégiée, au niveau de mon emploi du temps. Beaucoup de liberté. Ça se payait par ailleurs, mais maintenant que l’equation est renversée, ça me travaille. Je me dis que c’est important d’aimer ce qu’on fait (un minimum), vu le temps qu’on y passe. D’être dans un environnement qui nous convient.

En ce qui me concerne, clairement, il y a ces 2.5 heures par jour que je passe en transit. Ça, sérieusement, je m’en passerais bien. Ça me permet d’écrire, de bouquiner, de m’ennuyer ou de discuter avec mes collègues pendulaires, mais franchement, je préférerais faire ça sur mon balcon avec le chat sur les genoux ou sur une terrasse ou lors d’un restau à midi.

Ayant toujours été très libre de mon temps, je n’ai jamais pris la peine de beaucoup l’organiser. Oh, quand même, mais je pouvais laisser la part belle à l’improvisation. Maintenant que mes heures sont plus rares, je me rends compte qu’un peu de planification peut me permettre de mieux en faire ce que je veux. (Je n’aime pas “profiter”.)

Alors je réfléchis, je regarde mon calendrier, je commence à planifier mes week-ends, et aussi mon peu de soirées. Il ne faut pas attendre d’avoir envie de faire les choses qu’on a envie de faire. Il faut les agender. Alors j’agende. Je regarde comment me simplifier la vie pour monter plus facilement au chalet, par exemple.

Tout ça peut vous sembler bien naïf, à vous qui vivez la vie d’employé depuis des années voire des décennies. Eh oui, je découvre. Mais je vous rassure (enfin vous ne vous inquiétez peut-être pas!) — durant mes dix ans à mon compte j’ai appris à faire face à un tas d’autres choses qu’une vie d’employé ne met pas forcément sur son chemin.

Au final, on apprend tous à bien faire ce qu’on fait, et à bien vivre la vie qu’on vit…


Originally published at Climb to the Stars.

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