Macron, Zidane, Goldman ou l’école de la bienveillance

Jean-Jacques Goldman, Emmanuel Macron, Zinédine Zidane

J’aurais pu écrire sur ce sujet, il y a quelques années déjà. Je réfléchissais en effet à une nouvelle façon de manager et de gérer les équipes autour de la bienveillance, le tout sans réelle hiérarchie.

Mais pour illustrer mon propos sur cette façon de gérer, je n’avais comme exemple concret, compréhensible et visible de tous que seul Jean-Jacques Goldman, qui en manageant les égos des artistes pour les Enfoirés, arrivait à produire les spectacles, que nous connaissons tous, sans presque aucun problème.

Zinédine Zidane ensuite, en prenant, il y a un peu plus d’un an, les commandes du Real Madrid, a mis aussi tout le monde d’accord. Il a gagné un premier titre et pas des moindres (la Ligue des Champions), quelques semaines après son intronisation et a continué sur sa lancée en faisant actuellement une saison remarquable.

Emmanuel Macron, il y a un peu plus de 3 ans, n’était pas connu du grand public avant sa nomination à Bercy. Il avait déjà, pendant ces mois là, dans ce Ministère régalien changer beaucoup de choses mais trop enfermé dans un système hiérarchique et étatique qui n’était pas acceptable, il a souhaité prendre son envol avec le succès que l’on sait aujourd’hui. Le documentaire les Coulisses d’une Victoire n’a fait que mettre en lumière aussi cette bienveillance si particulière qui mène au succès dont je veux parler aujourd’hui.

Suffit-il d’être bienveillant pour réussir et obtenir le meilleur des équipes ?Peut être pas, ce serait trop simple. Il faut aussi quelques autres qualités.

Parmi celle-ci, et c’est vrai pour chacun d’eux, il faut être supérieurement intelligent et/ou voir/analyser plus vite que son interlocuteur/adversaire pour arriver à ses fins.

La chance aussi est obligatoire. Mais elle se provoque. Avec les rencontres et les échanges. Leurs fulgurances et rapidités d’esprit les aidant à voir tout de suite si ces personnes et échanges feront basculer leurs vies ou pas.

Ce sont aussi des exemples de travail. On ne pourra jamais compter les heures qu’ils ont passées à écrire, composer, répéter, s’entraîner et aussi tout simplement à observer et à apprendre des autres. Leurs performances, résultats et succès parlent d’eux mêmes.

Ils n’ont pas cherché ensuite à prendre la place de quiconque. On leur a donné ces responsabilités car ils dégagent le sérieux et inspirent la confiance. Presque comme une évidence et de façon la plus légitime tout cela parce que c’était eux et personne d’autres.

Cette force invisible qui donne cette légitimité va se traduire par une confiance réelle et durable de toutes les équipes anciennes ou nouvelles. Ces équipes donnant le meilleur à celui qui devient le repère.

Ces gens là, sont aussi d’un naturel calme (même si ZZ l’a perdu quelques fois quand il était joueur j’avoue, mais très peu voire jamais depuis qu’il est entraîneur) et dans la continuité de cela ils ne réagiront jamais à chaud (là aussi ZZ aurait dû parfois en tant que joueur). Ce calme les fait planer au dessus des autres. Leur silence devient éloquent. Le regard aussi est important et puissant car il dégage et fait passer des messages.

Ils prendront aussi toujours le temps de répondre en commençant souvent par un silence. Ce silence, chez certains, serait pesant, pour eux il devient majestueux et on ne peut que les écouter après.

La bienveillance dans le regard et les gestes et le temps passé avec les autres, à partager, d’avoir compris qu’il fallait s’entourer de gens meilleurs que soi pour grandir et être performant sont autant d’éléments clés et de qualités qui s’ajoutent à celles citées ci-dessus.

Agir au quotidien de cette façon en ne jugeant pas à priori, ne s’énervant pas ou que très rarement et en respectant l’autre ont permis à ceux qui comme Jean-Jacques Goldman, Emmanuel Macron ou Zinédine Zidane de réussir et d’être respectés sans être des affreux dictateurs. Ils sont fermes mais justes.

Certes cette position et ce type de caractères sont rares. Vous verrez qu’ils n’abusent jamais de cette position. Mais est-ce vraiment surprenant finalement ?

Quand ils mènent au quotidien les équipes, il n’y a pas une hiérarchie avec un grand chef, des sous-chefs et des sous-sous-chefs etc… Il y a un référent certes et toute une équipe qui sait pertinemment ce qu’elle a à faire. Les consignes sont générales et les taches quotidiennes sont gérées par les responsables. L’ensemble devant être harmonieux et c’est de la responsabilité de ces leaders.

Quand il décide, un jour, de partir comme ce fut le cas il y a juste un an de Jean-Jacques Goldman aux Enfoirés, le vide est là certes, mais et c’est ça le plus fort malgré l’absence, l’esprit reste. Lisez cette lettre de Lorie qui évoque parfaitement cette suite qui s’est finalement passée. Le temps nous dira si cela continuera comme avant mais là également il est clair que même absent physiquement “ils” restent là.

Demain, nous verrons ce que le Real Madrid fera quand Zidane ne sera plus l’entraineur car ce jour arrivera. Nous verrons comment la France sera en 2022 ou en 2027 si Emmanuel Macron est réélu. Mais une chose est certaine, on dit souvent qu’une entreprise est à l’image de son chef, j’espère pour nous, la France va changer et pour le bien de tous. Que nous aurons un peu tous de cet esprit qui ne juge pas à priori mais qui écoute et éventuellement progresse et fasse progresser. Que le meilleur n’est pas seulement “à droite” ou “à gauche” mais il est partout.

Je terminerai par cette citation de Sylvain Tesson qui sera je pense une forme de baromètre : “la France est un paradis peuplé de gens qui se croit en enfer”. Que cette phrase devienne dans quelques années juste : “la France est un paradis”. Espérons !