La chance, ce n’est pas que du hasard.

Lorsque l’on veut entreprendre quelque chose, quoi que ce soit, on compte toujours un peu sur la chance. Pour le commun des mortels, celle-ci est liée au hasard : On a de la chance ou on n’en a pas. Elle peut d’ailleurs nous abandonner ou nous sourire pendant des années. Bref, nous avons tendance à la considérer comme quelque chose que l’on ne maîtrise pas mais dont nous avons foncièrement besoin.

Dans son livre “Chase, Chance, and Creativity: The Lucky Art of Novelty”, James Austin, un neurologiste, revient sur son parcours, son travail et ses découvertes scientifiques avec un objectif : disséquer les événements de sa vie et voir à quel point ils dépendent du hasard et de la chance.

Son analyse nous montre que les choses sont plus compliquées qu’on ne le pense. En effet, il n’y a pas une chance mais quatre types de chance dont trois qui n’ont rien à voir avec le hasard.

Chance 1 : la chance “pure”.

C’est la vraie chance, celle qui est liée au hasard. C’est celle qui est à l’oeuvre lorsque l’on mélange un paquet de cartes. elle avec nous ou non et cela sans aucun effort de notre part.

Chance 2 : la chance liée au mouvement.

Il y a un un peu plus d’un an, j’ai lu un article passionnant sur le Bitcoin, ce qui m’a poussé à lire tout ce que je trouvais sur le sujet, notamment l’excellent “Mastering Bitcoin: Unlocking Digital Cryptocurrencies”. Suite à cela, j’ai écrit un article de présentation sur mon blog. Au vu des retours très positifs, nous avons décidé d’organiser une conférence à Paris en début d’année. Lors de cet événement, j’ai rencontré une personne chargée de la lutte contre le blanchiment qui m’a donné l’idée et m’a aidé à bâtir un projet de monitoring des blockchains qui, parce que nous avons osé postuler, a été sélectionné pour aller rencontrer à Londres des investisseurs lors du Fintech Tours.

Comme le montre ce petit exemple personnel, le fait de se mettre en mouvement et d’agir, crée de manière aléatoire des idées et des rencontres qui entrent en collision pour former de nouvelles combinaisons, permettant à la chance d’opérer.

Être toujours en mouvement, vouloir toujours plus, tenter de nouvelles choses sans à priori, est ce qui permet de générer des opportunités. Bien entendu, toute action n’a pas forcément de retombées mais il est très difficile (voir impossible) de le savoir avant donc il faut juste foncer. Comme le disait Goethe : “Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence le, l’audace a du génie, du pouvoir et de la magie”.

Chance 3 : la chance qui ne se dévoile qu’aux personnes préparées.

Cette forme de chance se dissimule : l’opportunité est discrète et ne se voit qu’au travers de quelques indices mais la plupart des gens ne la verront pas. Seule la personne qui aura l’intelligence, les connaissances et la curiosité la découvrira et comprendra les implications de sa découverte.

Un exemple cité par l’auteur est celui de d’Alexander Fleming qui a découvert la pénicilline, certainement l’une des plus grandes découvertes en médecine.

Il travaillait dans son laboratoire et a remarqué qu’une moisissure était tombée dans sa boite de culture : les staphylococciques aux alentours de cette moisissure avaient arrêté leur croissance ce qui lui a fait comprendre que la moisissure avait dû secréter quelque chose qui a tué la bactérie. Cet enchaînement lui a rappelé une expérience qu’il avait mené des années auparavant et lui a ainsi permis d’inventer la pénicilline alors que le commun des mortels n’aurait vu que la moisissure et aurait tout simplement jeté le contenu de la boite de culture.

Comme le résumait Louis Pasteur : “le hasard ne favorise que les esprits préparés”. En effet, cette forme de chance favorise ceux qui ont une vie riche d’expériences, qui ont des connaissances, qui savent observer et faire de nouvelles associations. C’est pour cela qu’il faut être curieux, qu’il faut toujours continuer à apprendre et qu’il faut aussi écouter son intuition.

Chance 4 : la chance liée à qui vous êtes et ce que vous faites.

Cette chance vient à vous, sans que vous la sollicitiez, parce que vous êtes qui vous êtes et parce que vous vous comportez de la façon dont vous vous comportez. Cette chance peut attendre des années, rester invisible, jusqu’à ce qu’elle surgisse suite à des circonstances externes exceptionnelles.

C’est ce genre de chance qui fait que, par exemple, un jour, quelqu’un dans votre réseau social (twitter, linkedin, facebook ou autre…) va avoir une idée, un besoin ou un projet. Il va alors se rappeler que vous en aviez parlé, que vous aviez écrit un article ou donné une conférence sur le sujet. Il va naturellement venir vers vous et vous offrir une opportunité qu’il vous sera facile de saisir. Elle sera facile à saisir parce qu’elle sera le résultat de nombreuses années de travail.

Pour favoriser ce type de chance, il faut s’intéresser à des choses très différentes et avoir des activités variées même si elles n’ont pas de liens entre elles.

Pour maximiser son impact, il faut aussi prendre le temps de partager son savoir et son expérience avec d’autres personnes. De plus, à notre époque, grâce aux réseaux sociaux, ce partage est devenu facile, ludique et instantané.

Note : vous pouvez vous abonner à notre newsletter hebdomadaire qui reprend les articles qui nous ont le plus plu: http://paper.li/straumat/1428919888.

Conclusion.

Ce livre, bien qu’un peu trop détaillé à mon goût, démontre que l’on peut faire un certain nombre de choses pour mettre la chance de son côté et que l’on ne doit pas uniquement s’en remettre au hasard.

Like what you read? Give Stéphane Traumat a round of applause.

From a quick cheer to a standing ovation, clap to show how much you enjoyed this story.