Résumé de Satisfaction: The Science of Finding True Fulfillment

Ce n’est pas toujours facile à accepter mais nos émotions et nos actions sont dictés par des réactions chimiques qui se produisent dans notre cerveau et qui sont le résultat de milliers d’années d’évolutions, transmises, de générations en générations, via notre ADN. Dans son livre Satisfaction: The Science of Finding True Fulfillment, Gregory Berns, professeur de Neuroéconomie, nous explique, d’un point de vue scientifique, ce qu’est la “satisfaction”. Pour y arriver, il mélange habilement des expériences très techniques (Scanner, IRM…) et des expériences concrètes (rencontre de marathoniens, de grands chefs étoilés…). Les expériences satisfaisantes sont dures à obtenir car, contrairement à beaucoup d’autres émotions (la colère, la haine, l’amour, la tristesse…), la satisfaction ne tombe pas du ciel, il faut la créer pour soi-même et cela requiert une certaine motivation.

La plupart de ce que l’ont sait sur la motivation, c’est qu’elle est liée à la dopamine. Celle-ci est libérée lors d’activités plaisantes mais elle l’est aussi lors d’activités déplaisantes. En réalité, elle est diffusée avant même la réalisation d’activités qu’elles soient bonnes ou mauvaises, agissant plus comme un produit de l’anticipation que comme un produit du plaisir. La fonction de la dopamine serait donc en fait de nous pousser à faire ou se préparer à faire une action particulière.

Alors, que faut il faire pour libérer plus de dopamine dans le cerveau ? C’est simple : lui présenter de la nouveauté !

De nombreuses expériences ont en effet montré que de nouvelles choses, parce qu’elles vous poussent à agir, sont très efficaces pour libérer la dopamine. Le fait est que même si vous n’aimez pas la nouveauté, votre cerveau, lui, adore ça. Vous savez, cette sensation de satisfaction que vous ressentez après avoir réussi brillamment une tâche qui ne vous est pas familière et qui vous a demandé un effort, c’est la façon qu’a votre cerveau de vous récompenser et de vous signaler que ce que vous faites est ce pour quoi la nature vous a crée.

Contrairement à l’image populaire, les personnes les plus épanouies ne sont pas celles qui se prélassent sur la plage à longueur de temps une bière à la main ☺

Pour revenir un peu sur l’aspect “scientifique” des choses, la partie du cerveau qui a la plus grande densité de concentration de récepteurs de dopamine est le stratium et il s’agit de la structure qui motive les comportements. Et il se moque du bien et du mal, ce qu’il veut c’est de l’information et surtout, de l’information nouvelle.

Après des explications un peu techniques mais passionnantes, l’auteur détaille ensuite ce que le fonctionnement de notre cerveau implique dans notre vie de tous les jours :

  • Sur le savoir : notre survie passe par notre capacité à réduire l’incertitude de notre monde, d’arriver à prédire ou au moins prévoir les choses. La valeur d’une information peut d’ailleurs être mesurée par la réduction d’incertitude qu’elle permet.
    Lorsque nous apprenons des choses intéressantes, la dopamine inonde alors le stratium afin de vous pousser à en savoir plus.
  • Sur l’argent, les études montrent qu’une fois les besoins basiques couverts (nourriture, maison…), les revenus ne changent que très peu notre niveau de bien être. Par contre, les expériences du livre montrent très bien que travailler activement pour gagner de l’argent génère bien plus d’activité du stratium que de recevoir l’argent passivement.
    Il y a ensuite une théorie très intéressante sur le fait qu’acheter, c’est refuser des options. On devrait donc se contenter de ce que l’on a (mais bon, là, faut tout lire car ce serait trop long à résumer).
  • Sur les hobbies, il nous parle ensuite de sa passion pour les mots croisés. Pour lui, il s’agit d’une version miniature des challenges du monde réel (conjuguant nouveauté et imprévisibilité) mais sans le stress du monde réel (car il n’y a pas d’enjeux réels).
    Au-delà de cet aspect, ce genre d’activités nous montre que le monde n’est pas simplement fait de hasard et que nous pouvons nous en sortir.
  • Sur l’humour, il cite Thomas Hobbes qui pensait que l’humour nous permet d’exprimer notre supériorité sur les autres ☺
  • Sur le sport, il n’y a bien sûr que des vertus que je ne prendrai pas le temps de détailler.
  • Il traite aussi tout un tas d’autres aspects de la vie courante…

Le problème, c’est que le fonctionnement de notre cerveau fait que, même si nous sommes satisfait après la réussite de quelque chose de nouveau, cette satisfaction pour cette chose s’estompe avec le temps pour être finalement remplacée par de l’indifférence. Cette constante adaptation nous condamne à tous vivre sur ce que Brickman appelait “le tapis roulant hédonique”.

En effet, nous sommes obligés de continuer à chercher de nouvelles sources de récompenses pour garder le même niveau de plaisir subjectif. Une vie sans plaisir n’a pas d’intérêt mais cela explique aussi pourquoi la recherche du plaisir juste pour le plaisir mène aussi à la misère car cela ne suffit pas au cerveau. En effet, la satisfaction diffère du plaisir et de la joie par le fait qu’elle intègre la notion d’action.


Originally published at straumat.blogspot.fr on October 18, 2014.