Elle se dit patriote

Cela aura pu être une bonne nouvelle, une finaliste à la présidentielle.

Elle est de sexe féminin et maman de trois enfants, a été avocate pendant 6 ans. Pour autant, ce n’est pas une Dame.

Pourquoi la nommer ? Cela lui ferait trop d’honneur. Elle est héritière d’une longue tradition d’exclusion et de fanatisme, d’une utopie criminelle, de volonté de reconquête d’un lebensraum et de refus absolu de l’histoire.

Elle n’est personne. Elle est n’importe qui. Mais nous la connaissons. Elle est la part d’ombre que nous avons tous en nous, dans nos cœurs quand ils sont blessés ou dans notre tissu familial parfois brisé par les épreuves de la vie. Qui n’a pas dans sa famille, d’oncle ou de cousin, voire même de frère ou de soeur qui se retrouve dans ses thèses ?

Elle appelle à l’évidence quand la preuve manque. Elle parle à nos tripes quand nos esprits sont fatigués. Elle profite de notre ignorance, de nos biais cognitifs, elle sature nos bulles informationnelles.

Il faut lui reconnaître une certaine puissance. Celle d’une locomotive qui fonce sur des rails. Héritière, elle a repris le cheptel paternel. Elle rassemble des générations de moutons déçus élevés par des bergers sans scrupules. Mais cette locomotive noire et fumante n’a pas fière allure, avec les wagons qui se sont accrochés, ces boulets nazillons qu’elle traine aux pieds. Ça ne la gêne pas, elle doit aimer ça. C’est peut être l’odeur du charbon ou de la fumée. Ses rails ne sont pas si solides.

Il faut comprendre les désespérés et les déçus. Elle donne le sentiment d’une famille, de perspectives, d’un idéal retrouvé, d’un statut préservé. D’une reconnaissance. De perspectives quand l’offre politique n’apporte que peu d’espoir. Les vécus de chacun ne peuvent être ignorés. Mais existe-t-il une solution magique ?

Elle se dit patriote. Mais elle ignore notre devise. Liberté, Égalité, Fraternité ne s’applique qu’à ses intimes. Tout Autre n’y a pas droit. La loi ne s’applique pas à son territoire. Les ressources financières publiques destinées au bien commun peuvent être détournées, ce serait légitime car cela défend sa cause. “La” cause ultime.

Quand ses discours nous veulent opprimés par d’autres peuples, notre déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (et depuis, de la citoyenne) ouvre et s’engage. Mais cette personne ignore notre Histoire. De notre modèle de société et de développement, qui doit s’adapter aux nouveaux enjeux mais pas se trahir, elle veut faire un anti-modèle fondé sur l’exclusion.

Selon elle, une solution unique “nous pas les autres” résoudra tous nos problèmes. La magicienne déroule ses tours. Elle se dit au-dessus de la mêlée pour nous vendre du “pré-mâché” dans des boîtes de conserve rouillées telles celles retrouvées dans de sombres bunker berlinois.

Mais elle attise la haine quand on a besoin de fédérer pour relever les défis de notre société. Au lieu de nous aider à nous réparer, de donner des pistes et une méthode, elle élargi les trous, fait craquer les fibres de nos tissus où elle dépose ses œufs nauséabonds.

Elle applique des “solutions finales” quand elle ne maîtrise même pas le début d’étapes intermédiaires. Elle s’entoure d’adeptes qu’elle appelle braves gens quand il faut des citoyens et citoyennes qui peuvent activer leur cerveau et relever les manches.

Elle n’est pas ma Marine. Celle des uniformes bleus et des bateaux gris. Celle du hisser matinal du pavillon France. Celle de la fierté d’être Français, car c’est être aussi de ma ville, de mon village d’origine, de ma région, de mon pays, de l’Europe et du monde. Comme nos soldats d’active, nos forces de l’ordre et nos services de secours — mais sans les risques quotidiens pour ma vie, la fierté de défendre notre pays et nos causes. S’il le faut ou si le sort en décide, de donner sa vie. Et que nos enfants soient fiers de nos actions et ne nous reprochent jamais nos inactions.

Elle n’est pas nos Marines. Telle Marine NG. qui est une cadre respectée et fait preuve d’une grande empathie. Marine B. qui est une communicante efficace et très humaine. Marine V. qui est infirmière. Cette Marine que vous connaissez, qui aime les gens ou qui même vous aime si vous êtes son intime.

Le clou de ce spectacle sinistre sera t-il un pétard mouillé ? Jusqu’au dernier moment, rien n’est garanti. Seul compte le vote de chacun d’entre nous et de ceux que nous connaissons et ne connaissons pas encore. Marchons, courons, nageons mais agissons maintenant pour nos vies et celles de nos familles. Votons dimanche.

Parce qu’elle n’est pas la France, elle ne sera jamais ma présidente.

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