Y a plus d’saison… (CR Semi Paris 2017)

La joyeuse team #whyirunRepublique de la saison 2 Adidas Runners Paris

Hier, dimanche 5 mars 2017, avait lieu le semi-marathon de Paris, marquant pour une centaine de coureurs parisiens l’aboutissement de presque quatre mois d’entrainement intensif à l’INSEP, sous la coupe des coachs experts sélectionnés par Adidas pour la saison 2 AR Paris.

Afin de finaliser cette prépa en beauté, un chouette programme nous attendait tout le week-end :

  • Vendredi : soirée d’accueil pour les membres Adidas Runners venus des quatre coins de l’Europe. A cette occasion, les petits plats ont été mis dans les grands avec la privatisation de l’Hôtel Particulier Montmartre. Là-bas, on reconnaît vite les ambitions de chacun pour dimanche : il y a ceux qui enchaînent les bières et enflamment le dancefloor, puis ceux qui se contentent d’un soft avant le dodo. Etant blessé et n’ayant aucune ambition pour dimanche, je vous laisse deviner quel était mon camp…
  • Samedi : dernière occasion de fouler l’INSEP avec quatre ateliers détente (balnéothérapie, automassage, kiné et streching). Je n’ai finalement pas pu participer à ces ateliers en raison du camp choisi la veille au soir…
  • Dimanche : rendez-vous à 8h au Chalet du Lac, à quelques pas du départ de la course, afin d’y déposer nos affaires et faire la connaissance de nos meneurs d’allure.

La course

Départ de chez moi à 7h après avoir avalé un léger petit-dej. Première surprise : le temps est sec. Merveilleux ! En me dirigeant vers le métro, je sens que mes jambes sont très lourdes et me demande bien comment je vais aborder cette course. Je n’en ai vraiment aucune idée à ce stade.

Arrivé dans la rame de la ligne 1, je me retrouve sans grande surprise entouré de dizaines de coureurs. L’excitation commence à monter. Je vais pouvoir effacer le triste souvenir de Barcelone : ce semi-marathon duquel je n’ai pas pu prendre le départ trois semaines plus tôt, le jour de mon anniversaire, ce qui avait provoqué en moi une grande tristesse.

En sortant du métro, je retrouve quelques copains de la team Adidas Runners. Nous nous dirigeons ensemble vers le point de rendez-vous, papotant de la pluie, mais pas du beau temps, et surtout de nos ambitions du jour. Les miennes sont toujours floues : est-ce que je tente quelque chose ou bien y vais à la cool ? Ce serait la première fois que je franchis une ligne d’arrivée sans décrocher un RP (EDIT : bon, après vérification, ç’aurait été la deuxième 😅).

Dans le chalet, la pression monte d’un cran. Chacun arrive petit à petit, se met en tenue, ajuste ses grigris… On se dit aussi que le brunch d’après-course promet d’être bien sympa. Au moins une belle motivation !

8h20, après une rapide présentation des différents meneurs d’allure, il est temps de partir s’échauffer. Dehors, je me retrouve à discuter avec Mohammed, celui qui est en charge de faire passer la ligne en 1h26. Plusieurs copains se motivent à partir avec lui. Je me dis que je peux au moins tenter un départ avec eux, mon record personnel sur l’épreuve étant de 1h25'38. On part donc s’échauffer : léger footing, quelques gammes et accélérations avant d’entrer dans le sas préférentiel.

8h45, ça y est, je suis dans le sas. On essaye de se maintenir échauffé, on s’échange les dernier conseils et encouragements. On se félicite surtout de ce départ au sec, la météo étant la plus grande appréhension du jour.

9h, top départ ! On a beau être en préférentiel, ça se bouscule pas mal et il nous faut une bonne centaine de mètres pour nous mettre en formation autour de notre meneur d’allure. Ce dernier ne part pas trop vite (4'20" pour une allure cible de 4'07"), ce qui permet de bien prendre nos marques. Nous passons néanmoins la première borne pile poile dans les temps. C’est sérieux ! Les sensations sont très bonnes sur ce départ, ce qui me permet de chasser l’idée du scénario catastrophe où je ne termine pas la course.

Tant mieux car la première difficulté arrive : la montée sur 1K de l’avenue Daumesnil. La connaissant bien, je me permets de maintenir l’allure sur celle-ci ; je pourrai relâcher dans la descente juste après. Finalement je ne fais pas que maintenir l’allure, j’accélère légèrement et me retrouve à 4' du kilo, 7 secondes plus rapide que l’allure cible. Ainsi, je commence à distancer mon groupe. Je décide alors de rester sur ce rythme, je m’y sens bien.

Nous arrivons au sommet de l’avenue, place Félix Eboué, où j’aperçois Sébastien, le meneur d’allure en charge des 1h24. Il est seul. Je me joins à lui et décide de faire le reste de la course à ses côtés. Si je tiens, c’est un RP assuré.

Nous poursuivons ensemble la descente vers Bercy. L’allure est bonne, les sensations aussi. Tout va bien… jusqu’à ce nous arrivions au Pont de Bercy, instant à partir duquel la pluie décide de pointer le bout de son nez. Bien que prévue, nous commencions à nous dire que le reste de la course allait se faire au sec. Ahahahah.

Légèrement mouillé.

KM5, passage du premier ravito, puis petite montée jusqu’à la gare d’Austerlitz. Là, j’aperçois l’ami Bras Noir. Nous nous mettons à son niveau avec Sébastien et décidons de poursuivre la course ensemble. Un tel meneur d’allure pour deux, quel luxe !

Nous repassons rive gauche direction Bastille. La pluie commence à s’intensifier, les vêtements à être entièrement trempés. On nous avait promis de la flotte… Nous sommes servis.

La remontée de Rivoli se fait sans encombres. C’est à partir du demi-tour sur les berges que cela se corse : c’est parti pour 4K face au vent, sous la pluie battante et surtout avec un enchaînement de tunnels bien casse-pattes. Au bout de ce calvaire, c’est à nouveau le Pont de Bercy, où nous voyons la marée humaine avancer sous le déluge. Je plains ceux qui n’auront pas eu la chance de partir au sec…

Puis, virage à gauche pour un petit moment de répit avant l’une des grosses difficultés de la course : la rue de Chareton. L’an dernier, c’était passé comme dans du beurre. Mais cette année, avec ces intempéries et ce que l’on s’est pris dans la jambes juste avant, je sais que ce ne sera pas le même tarif.

Bingo. Même si j’arrive plus ou moins à maintenir l’allure, l’arrivée au sommet se fait en serrant très fort les dents. Je décroche petit à petit de Bras Noir et Sébastien. Ce dernier se retourne en me faisant signe de m’accrocher, mais je sais que ça ne sert à rien de forcer. Je lui fais comprendre qu’ils n’ont pas à ralentir pour moi. La suite se fera en solo.

KM14, au sommet de la rue de Charenton, un sourire très vite éclipsé.

Les deux tiers de la course viennent d’être avalés. Mais le plus simple n’est pas devant nous. C’est parti pour 7 bornes assez monotones, en faux plat. C’est le moment de switcher : ce ne sont plus les jambes qui vont avancer mais la tête. Je repense alors au dernier conseil de notre coach Stéphane Yato : “à votre niveau, vous pouvez tout gagner au mental”. Ca tombe bien, il m’en reste une bonne dose, de mental. Je sors de 6 semaines de blessures, j’ai repris il y a vingt jours et je peux encore aller chercher un RP. ALLEZ !

J’enchaine donc les kilomètres restants sans réfléchir, en regardant droit devant. Je connais bien le parcours, il n’y aura pas de surprise. 16, 17, 18… Le calvaire s’achève bientôt. Le fameux petit rond-point bien serré est là. Je m’attends à passer l’arche du 19ème et… oh, surprise, c’est le 20ème ! Je viens de “gagner” une borne… C’est le moment de tout donner. Il ne reste plus qu’une ligne droite. Je serre les dents et augmente l’allure, sous les 3'40". C’est dur, mais c’est bientôt fini. La foule est là. Et enfin, l’arrivée.

OH PUTAIN ! 1h24'55. Nouveau record. Je n’y crois pas ! Je suis tellement heureux, après toutes ces semaines de souffrance et de doute… Je suis loin des 1h22 fixés initialement, mais ça n’en est pas moins savoureux.

Il reste cinq semaines avant le Marathon de Paris… J’espère réussir à nouveau cet exploit. En tous cas, je ne vais pas relâcher l’entrainement.


Félicitations à tous ceux qui ont couru dimanche. Je pense que ce semi-marathon restera gravé dans beaucoup de mémoires.

Merci à tous ceux qui ont pris la peine de venir nous encourager.

Merci à Adidas pour cette expérience de folie et à Ubi Bene pour toute l’organisation.