“Cet article vous est offert par Gamekult Premium”

Après bientôt douze ans au sein de Gamekult dont plus de cinq à sa tête, j’ai pris la décision de passer la main pour notamment accorder un peu plus de temps et d’attention à ma vie personnelle. Ma mission touchant à sa fin, c’est l’esprit léger que je quitterai donc GK, sa société éditrice, NEWEB, ainsi que mes fonctions de rédacteur en chef à la fin du mois.

Disclaimer liminaire : il faut être lucide et humble, Gamekult, c’est pas Google, et à l’échelle des choses, un changement à la tête d’un site de jeu vidéo, fut il historique et respecté, n’a pas vocation à devenir autre chose qu’un fait divers du numérique. J’ai néanmoins souhaité rédiger cette petite lettre en témoignage du respect que j’ai pour celles et ceux, et j’inclus en majorité nos lecteurs mais aussi les collègues, qui m’ont accompagné depuis ma première pige en 2006. D’abord pour vous remercier du fond du coeur, mais aussi vous expliquer en quelques lignes mon choix.
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Je veux d’abord clarifier que mon départ est de mon initiative ; personne ne me l’a demandé, proposé ni suggéré, ne m’y a contraint ni même encouragé, c’est même plutôt l’inverse, et la raison pour laquelle je m’en vais n’a fondamentalement rien à voir avec Gamekult, ses dirigeants et leur stratégie. Le site va bien, bien mieux en tout cas qu’il ne l’a jamais été depuis cinq ans, nous n’avons jamais eu autant d’abonnés Premium qu’au moment où j’écris ces mots, pulvérisant tous nos records mesurables jusqu’alors. Je n’ai aucun regret, ni amertume ni frustration, car j’ai profité d’une liberté d’action absolue.

  • D’une part, ce que je voulais faire, je l’ai fait. Et ce que je n’ai pas fait, je ne l’aurais jamais fait avec cinq années supplémentaires. Le confort ne trompe pas éternellement l’ennui, et je ne veux pas profiter de mes collègues s’ils ne peuvent pas en retour profiter de moi.
  • D’autre part, dans des médias et fonctions aussi incarnés que les nôtres, je crois fondamentalement aux cycles. Et le mien, indépendamment que je reste ou parte, touche à sa fin. Rester pour durer, c’est priver Gamekult, ses lecteurs et ses lectrices, de l’énergie et des idées d’un(e) autre pour donner au site un ton et un élan nouveaux, sans renier ce qui rend GK spécial depuis 20 ans.
  • Enfin, je suis entré dans cette société à 23 ans et quelques mois plus tard, voici que j’en ai 35. J’ai testé des jeux, rencontré des gens que j’admire, voyagé au bout du monde, recruté, formé, engueulé, licencié, je me suis passionné par les défis modernes du numérique, tenté de répondre à la démonétisation des médias depuis des années, documenté des projets techniques, accompagné la création d’un service client, géré la production vidéo de trois sites, modélisé des offres commerciales, et j’en passe. A vrai dire, je ne suis plus sûr de ce qu’est mon métier aujourd’hui, mais je suis certain d’une chose : en 2019, Gamekult a besoin d’un rédacteur ou d’une rédactrice en chef d’un site de jeu vidéo. Et moi, d’accorder un peu plus d’attention au reste de ma vie, parce j’y ai, à présent, des rêves trop longtemps négligés.

Chers amis, collègues et lecteurs, c’est un privilège que de choisir le moment et la manière dont un rédacteur en chef quitte ses fonctions. Je vous dois ce privilège et je vous en serai toujours reconnaissant. Je ne saurais dire ici tout le respect et l’admiration que j’ai pour ceux et celles qui m’ont aidé à prolonger jusqu’ici cette incroyable aventure. Il y a parmi eux des gens qui m’ont fait confiance et j’espère à présent que mes actions les aident, les flattent ou les récompensent : vous me ferez ainsi mon plus beau cadeau de départ.