Qu’attendons-nous de La République En Marche ! ?

Son histoire et son devenir possible. Article en cours d’écriture.

Petit rappel historique : avril 2016-juin 2017

Sources : histoire et observations personnelles, site officiel de La République En Marche, Wikipédia.

Née d’un mouvement créé par Emanuel Macron en avril 2016 intitulé En Marche !, La République En Marche ! s’est développée et structurée pour accueillir progressivement 350 000 adhérents en juin 2017 contre 16 000 en avril 2016. Son nom initial était : En Marche !

Le mouvement repose juridiquement sur deux associations : l’« Association pour le renouvellement de la vie politique » et l’Association de financement du parti « Association pour le renouvellement de la vie politique » (AFRVP) ; toutes deux sont déclarées le 20 février 2016 (annonces publiées au Journal officiel le 5 mars 2016) et domiciliées 33, rue Danton au Kremlin-Bicêtre.

La Grande marche

Le mouvement lance en mai 2016 une « grande marche » qui vise à recueillir 100 000 témoignages par du porte-à-porte afin d’élaborer un « plan d’action ». Emmanuel Macron présente l’opération comme « le premier temps essentiel de la construction [du] mouvement ». 4000 volontaires se mobilisent pour cette action. L’analyse sémantique des questions ouvertes a été effectuée par Proxem afin de faire ressortir les principales craintes, attentes et espoirs des Français et pouvoir construire le programme politique d’Emmanuel Macron, au plus proche des attentes des citoyens.

Les Comités locaux

En s’appuyant sur un modèle de politique participative, chaque adhérent d’En Marche ! a la possibilité de rejoindre ou de créer librement et gratuitement un comité local. Chacun de ces comités est animé par un ou plusieurs adhérents (nommés référents ou animateurs), qui en organisent la vie en proposant des événements locaux, des rencontres et débats autour des idées et des valeurs portées par le mouvement.

En Marche ! comptait en décembre 2016 plus de 2 600 comités locaux. En juin 2017, ils étaient au nombre de 4080, répartis partout en France et à l’étranger, à la campagne comme à la ville.

Ils s’implantent de façon spontanée d’abord dans les villes puis sur les territoires ruraux. Ils ne bénéficient d’aucun local dédié donc se réunissent dans des cafés, chez l’habitant et accueillent tous les volontaires.

Chaque semaine, depuis l’automne 2016, ils élaborent des points du programme avec une thématique proposée par le QG national, établie à partir du diagnostic élaboré lors de la Grande Marche. Chaque semaine voit la création de nouveaux comités locaux et les participants augmentent de façon exponentielle. Ces comités sont rejoints par des personnes de tous horizons sociologiques, toutes générations et dont c’est souvent le premier engagement militant.

Les échanges m’ont permis de connaître les motivations communes des participants :

  • la désillusion, la déception voire le “ras le bol” à l’endroit des formations politiques et de leur personnel politique.
  • le désir d’être écouté en tant que citoyen, quels que soient son environnement, son parcours et sa sensibilité.
  • une profonde volonté de construire le changement, le renouvellement, un projet ambitieux, audacieux et pragmatique, innovant et, surtout, protecteur pour les citoyens de notre pays.
  • une curiosité, une volonté d’essayer, un grand espoir ou une adhésion totale à l’endroit d’Emmanuel Macron.
  • en filigrane, la conviction que le clivage gauche/droite était dépassé et contreproductif.

Sur cette aventure, merci de lire mon modeste témoignage de participant arrivé en octobre 2016 au Comité local de Rouen : témoignage de Frédéric Terrier.

Lire aussi le témoignage de Renata, marcheuse de Saint Etienne, Loire :

Témoignage de Renata

Lecteurs : n’hésitez pas à insérer en réponse sur Medium votre propre témoignage en réponse à cette tribune ! Il sera utile.

La République En Marche !

Le nouveau nom: LA REPUBLIQUE En Marche ! et le nouveau logo sont déposés le 8 mai 2017, au lendemain de l’élection présidentielle.

La procédure d’adhésion repose sur un formulaire à renseigner sur la plateforme internet, comprenant identité, adresse, courriel et adhésion à la Charte du Mouvement. L’adhésion est gratuite mais il est possible de contribuer financièrement au mouvement.

En mars 2017, En Marche ! totalisait 35 000 dons, d’en moyenne 257 € chacun.

Géographie et sociologie électorales

Le géographe Christophe Guilluy fait observer que géographiquement et sociologiquement, En Marche ! se définit en miroir du Front national. Il incarne l’opposition entre la France nantie des métropoles et la France périphérique, l’opposition est/ouest avec les régions de l’est où la désindustrialisation, le chômage, la pauvreté sont plus accentués où il fait ses scores les plus faibles.

Et maintenant…?

Le 8 mai 2017, le lendemain de la victoire d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, ce dernier démissionne de la présidence d’En marche ! et est remplacé, par intérim, par Catherine Barbaroux.

Le 18 juin 2017, La République En Marche obtient la majorité absolue au second tour des élections législatives, soit 351 députés, en comptant ceux du Modem. Cette élection est marquée par une baisse significative, voire historique, de la représentation des grandes formations politiques et par un taux d’abstention au 2nd tour, historique lui aussi : 57,4 %.

Notons cependant que le processus d’investiture de LREM a permis un renouvellement quasi inédit de l’assemblée, un rajeunissement substantiel de l’assemblée, une représentation des femmes inédite et une ouverture historique vers la société civile. Consulter le profil des députés (source : Libération)

  • A propos des raisons de mon engagement, des profonds changements et de la nouvelle donne, voici quelques tribunes personnelles dans lesquelles j’ai essayé d’analyser la situation et ses répercussions, mon vécu personnel dans cette aventure, dans l’ordre chronologique : (cliquer sur les titres pour lire les textes) N’hésitez pas à y laisser vos précieux points de vue, sous la forme de réponses aux tribunes, sur Medium, j’aimerais les lire.

Pour une école qui garantisse la réussite de tous et l’excellence de chacun. , 4avril 2017

En marche …En même temps 7 avril 2017

L’heure du choix a sonné 15 avril 2017

Depuis le 23 avril, je suis triste. 27 avril 2017

Lettre à mes amis insoumis 29 avril 2017

Emmanuel Macron, le premier jour d’une nouvelle époque. 8 mai 2017

REVOLUTION ? 20 mai 2017

Mai 2017 : un mois décisif 31 mai 2017

La République En Marche, son immense responsabilité 12 juin 2017

ABSTENTION, à qui la faute ? 14 juin 2017

Nous, les marcheurs, resterons vigilants 16 juin 2017

Nous, les marcheurs, nous sommes vos obligés 20 juin 2017

La presse est-elle lente ou cyniquement opportuniste ? 21 juin 2017

Propositions d’un militant En Marche pour la fondation de La République En Marche 21 juin 2017

L’avenir du mouvement

Je ne voudrais pas que ce mouvement devienne un parti comme les autres. Ce mot est connoté et dérive facilement sur partisan. Ce n’est pas l’esprit de LREM.

A la veille du congrès fondateur, j’aimerais faire part de mes réflexions :

Ce mouvement est jeune, fulgurant, inédit et profondément innovant, tant dans son histoire, sa structure et son corpus idéologique.

Sa structure et sa forme : implanté partout de façon spontanée, très fédérateurs de citoyens dont c’est souvent le premier engagement militant, il doit conserver son aspect très original: son côté ultra convivial et participatif avec les comités locaux et sa dimension que j’appellerais “mouvement 3.0”, très innovant et participatif avec ses nombreuses plateformes numériques. Ces deux dimensions sont à conserver, forcément, parallèlement…

Cependant, il souffre de traces de la fulgurance de son émergence et de sa jeunesse : tout l’encadrement local (référents, animateurs…), ultra motivé et enthousiaste, a été désigné par le haut, sans appel à candidature et sans information aux militants. La légitimité de l’encadrement, certes compétent, en souffre. Une consultation des militants sur l’avenir du mouvement a bien été organisée à la veille du 2nd tour des élections législatives mais beaucoup d’entre eux étaient en campagne, sur le terrain, indisponibles.

Je crois savoir que ce sont eux, les référents et animateurs, qui représenteront les militants de tous les territoires au Congrès fondateur mais, encore une fois, et sans vouloir remettre en cause leur engagement et leur compétence, quelle est leur légitimité réelle pour nous représenter, jamais choisis, jamais élus ? Nommés par des voies impénétrables et inconnues du QG. Je ne saurais être polémiste mais je ne connais qu’un seul autre parti en France qui agirait de la sorte…

Le questionnaire de juin 2017, soumis aux comités locaux pour la préparation du congrès est bien fait mais il n’aborde pas l’avenir des référents et des animateurs au sein du mouvement. L’encadrement aura besoin d’acquérir une légitimité…démocratique, une définition précise de son rôle et de ses missions, des procédures de nomination par le QG et ou élections internes. Il faudra mettre en valeur les nouveaux venus sinon on va vite avoir un EM ! “canal historique”. les comités locaux ne pourront pas rester de simples lieux de discussion, ils finiront, je l’espère, à avoir des responsabilités et prendront des décisions. Ce n’est pas le national qui sera l’unique lieu de décision (je pense entre autres aux municipales). Un parti, c’est pas des gens qui discutent dans leurs villes et villages et Paris qui décide, sinon, pas d’implantation locale. Il faudra aussi faire le point précis de l’identification des adhérents militants : qui sont-ils, que veulent-ils, sont-ils encore en marche depuis leur inscription sur la plateforme ? Il faut aussi ouvrir les portes à d’autres. Il y a encore plus de points à aborder si on veut former un vrai parti différent des autres, certes, mais qui doit être en ordre de marche y compris localement.

Ces points sont de réelle sources d’amélioration pour le devenir de La République En Marche.

……………………………………………………..article en cours de rédaction