Partout, la culture ! Oui mais quand ?

Une politique culturelle n’est autre chose qu’un énoncé théorique qui, sans budget ou calendrier, ne donne pas la mesure requise de la vision qui l’anime. Le forum de consultation des 5 et 6 septembre prochain donnera-t-il l’occasion de se pencher sur l’échéancier chiffré du projet Partout, la culture? Après toutes les consultations qui ont façonné le projet, l’intervention du comité consultatif et du comité scientifique, ce n’est pas tant de nous assurer de la validité des actions envisagées que d’évaluer leurs coûts et horizons de faisabilité qui s’imposent désormais. https://www.mcc.gouv.qc.ca/index.php?id=5801

L’orientation 2 qui prévoit de Façonner un environnement propice à la création ne fait pas mention du rôle du droit d’auteur comme incitatif premier. La question du droit d’auteur n’est abordé qu’en orientation 4.1 comme pilier du développement économique et des investissements culturels. Pour moi, il est important que le droit d’auteur soit abordé comme pré-requis dans la définition même d’un environnement créatif. Cette erreur est à mon sens dû à l’incompréhension persistante de la distinction à faire entre créateurs et interprètes, qualifiés indifféremment d’artistes. L’orientation 2.5, qui porte sur l’amélioration socioéconomique des artistes, est muette sur le rôle du droit d’auteur et des droits voisins actuellement menacés par les pratiques des grandes plateformes numériques — pensons à Facebook qui n’opère pas avec des licences d’exécution publique.

L’orientation 4 est plutôt claire sur les possibilités de développement économique par la culture, mais elle est silencieuse sur le rôle fondamental des collectifs de gestion comme pilier de ce développement. Les collectifs de gestion et associations sectorielles ne sont pas cités à juste titre, alors que l’on nomme abondamment les entreprises culturelles, le milieu des affaires et les industries créatives comme moteurs. La rétribution des titulaires de droits est rapidement abordé en section 4.6, qui aborde aussi l’usage des métadonnées. La formulation proposée : «il faut également envisager une meilleure organisation de l’information sur la gestion des droits d’auteur et des droits voisins.» — ne me semble pas claire et minimise les efforts déployés actuellement par les collectifs de gestion.

Cela dit, le fait d’avoir identifié les métadonnées comme facteur clé pour la survie de notre culture et de notre souveraineté numérique est un excellent pas dans la bonne direction. Bon forum !

Jean-Robert Bisaillon

http://metad.media/