Review : Les Sœurs de Gion

Si la vérité du monde est le commerce et l’argent, je le prends où il est.

Longtemps déjà que je voulais me pencher sur un film de Mochizuki. C’est donc le premier que je vois de lui. Le film raconte l’histoire de deux sœurs vivant dans le quartier de Gion. Elle « travaillant » en tant que geisha. Et c’est à travers ces personnages que Mochizuki va dépeindre la tristesse qu’invoque ce métier dans un monde fait d’argent et de commerce, où les seules valeurs réelles sont liées au profit.

Une des sœurs est plutôt passive, elle est au service des hommes et attend bien sagement son protecteur, l’autre au contraire, plus vigoureuse ne se laisse pas faire, malheureusement l’une comme l’autre vivront dans la souffrance. Dans le rôle d’Omocha (la sœur qui ne se laisse pas marcher dessus) nous avons Isuzu Yamada qui joue très bien son rôle et nous plonge dans celui-ci dès les premières minutes du film avec son discours féministe.

Ce que je trouve intéressant dans ce personnage c’est qu’il ne critique pas tellement la société dans lequel il vit, mais adopte un comportement cynique face à celui-ci, tout en déclarant la guerre aux hommes. Manipulant ceux-ci pour survivre à ce monde sans sentiments, elle finira par le regretter : par la vengeance d’une des « victimes » d’Omocha qui provoquera un accident de taxi.

Du côté de Umekichi joué par Yōko Umemura, elle se sentira redevable d’un homme qui l’avait aidé auparavant et dont elle tombe amoureuse : ce qui est d’ailleurs la source de son malheur quand l’homme qui lui dit qu’il n’abandonnera jamais, finit par l’abandonner.

Au niveau esthétique ce qui frappe c’est l’importance que l’on donne aux visages lors des échanges, de gros plans pour chaque lignes de dialogues, pour bien prendre en compte les émotions. C’est assez intéressant, je ne sais pas encore si c’est quelque chose de redondant de la par de Mochizuki étant donné que c’est mon premier.

Tout dans la mise en scène souligne la détermination d’un individu dans la société par son statut.

Le plan qui le montre le plus c’est le premier, quand la camera fait un travelling horizontal le long d’une vente aux enchères, avec les plus riches devant puis en allant vers les plus démunis jusqu’à l’ex-propriétaire des biens mis en enchères car il a fait faillite.

Un film réaliste par son sujet, sentimental. Qui motive à retourner le système.

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