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Qu’en est-il du management de projet de nos jours ?

Si la crise et les nouvelles contraintes ont fait fortement évoluer les pratiques en matière d’innovation, elles n’ont qu’assez peu impacté le mode de gestion et le mode de management. Le socle demeure le même : la gestion et la technique. Or l’évolution de la société va vraisemblablement beaucoup toucher le pilotage des activités et le management des hommes. Les entreprises actuelles n’y sont pour la plupart pas prêtes.

Le management d’« Aujourd’hui »

Aujourd’hui, le management est « fermé » sur lui-même, l’entreprise vit en « autarcie ». Les centres de profit se ferment sur elles-mêmes, en utilisant systématiquement les ressources internes connues.

De manière générale, le manager actuel gère des équipes locales, plutôt sédentaires (hormis les commerciaux bien sûr). Il a un contact fréquent avec ses équipes (qu’il n’utilise d’ailleurs pas suffisamment).

Actuellement, l’animation des hommes et des équipes sont très procédurées, très normalisée, voire normée. Elle passe par des agendas, des moments clés, des procédures et instructions, des interfaces « production / support », etc…

Elle est orientée résolution de problème et teintée de recherche d’amélioration continue.

Au centre : un planning, un programme du jour, des objectifs plus ou moins lisibles et mis en main, des indicateurs plus ou moins clairs et à « sens », un problème et une amélioration à trouver.

Si les entreprises ne produisent pas de produit propre, la sous-traitance impose aujourd’hui d’être parmi les meilleurs « prestataires de service ». Au mieux, les entreprises qui ont une avance sur les autres font des analyses de satisfaction client.

Le management de « Demain »

Pour mettre en avant ce contraste, les mêmes centres de profit se verront contraints à s’allier (à des confrères, des concurrents, à d’autres entreprises du groupe, de la filières, ou à d’autres entreprises hors filière) afin de se positionner sur de nouveaux créneaux de marché.
Les ressources devront être partagées, maillées, co-pilotées, et les potentiels plus ou moins exploités aujourd’hui seront fortement sollicités demain.

Au lieu d’améliorer l’existant, on créera ainsi de nouvelles valeurs sur le marché et de nouvelles contraintes aux concurrents dans un contexte fortement compétitif.

Les professionnels prendront ainsi de plus en plus en charge une réponse globale client, en partenariat avec d’autres équipes. Déjà aujourd’hui certaines entreprises (TPE pour la plupart) proposent à leurs opérateurs de prendre en charge également le contact client, indirect (par téléphone) voire direct (livraison et entrevue).

Le contrôle de la « Qualité produit » et de la « Qualité du service client » sera dans ce cadre autre qu’aujourd’hui : plus de traçabilité, de suivi « produit = projet », en utilisant tous les outils numériques actuels, plus de contrôle amont, plus de relations fréquentes.

L’objectif est de mettre la Qualité au cœur du pilotage

Demain, il est fort possible que les professionnels, de plus en plus autonomes, s’auto-gèrent dans des niveaux de Qualité et de prestations clients pré-définis, qu’ils soient sédentaires ou délocalisés. Il est fort possible également qu’ils aient à travailler avec des professionnels de corps de métiers différents, et d’autres entreprises pour la réalisation de la performance.

C’est d’ailleurs déjà le cas en maintenance industrielle et au sein de nombreuses TPE. Les professionnels représentent l’entreprise, et disposent d’une marge de décision importante et qu’ils n’avaient pas jusque là.

Quel que soit le secteur d’activité, il est fort à parier qu’il faudra demain avoir un coup d’avance et s’aider des besoins des clients à 3 ans pour pouvoir se projeter et proposer les solutions en co-conception.

En revanche, La productivité sera insuffisante pour gagner en valeur. On regardera plutôt le cycle de vie des produits.

Conclusion

En somme, le management de demain est plus délocalisé qu’aujourd’hui. C’est un management d’associés, de partenaires, de personnes (internes et externes) ayant fait une « alliance » (interne ou externe).

Les valeurs, les produits et la mise en « service » d’une prestation client correspondent au cœur de l’équipe, la matérialise, lui donne un sens et la justifie , créant ainsi une nouvelle forme de « tribu » qui est formée pour être mise à disposition d’un client, pour une valeur donnée.

Le manager, dans ce cadre, devient un coordinateur, créant, exploitant et diffusant un réseau d’informations, un réseau d’expertises orientés solution.

Il lui faudra anticiper les évolutions de programmes, les traduire en actions délégables pour la technique et sécuriser l’environnement de travail afin de garantir la Qualité et la facturation. Sa performance deviendra le fruit de la production de ses choix, qui apportera d’une part les résultats attendus (livrables au client), et d’autre part la mise en évidence de nouveaux potentiels pour les années à venir.