La musique à la porte de la mort.

La musique au lieu de faire sonner les trompettes, impose une contemplation de l’univers.

La dignité de la musique vient de son effet surnaturel qui nous transporte dans un autre monde.

Son effet est irrépressible et indéniable en ceci qu’elle implique d’innombrables possibilités d’interprétations, entre lesquelles, elle nous laisse choisir. Elle révèle quelque chose qui dépasse l’homme et transfigure sa propre matérialité.

La musique est une activité métaphysique. La musique est ce qui transforme le bruit en son. La musique ouvre des portes de l’existence et révèle le secret de ce monde.

La musique est un plaisir si passager, elle nous échappe à mesure qu’on l’éprouve, une impression mélancolique se mêle à la joie. Quand elle exprime la douleur, elle fait naître un doux sentiment .

Elle est consolatrice de part sa nature affective, sensible et parce qu’elle livre les secrets de son créateur.

La musique comme un art du son et du rythme met en jeu l’être entier. Elle apporte une certaine plénitude. C’est un langage de vérité par excellence, de l’enthousiasme, le grand médium entre l’homme et d’autres mondes. Elle se rallie à l’harmonie universelle parce qu’elle en est le modèle.

C’est donc le rythme qui est l’élément le plus efficace dans la musique. Le sentiment du rythme est le sentiment de la vie.

La musique, symbolique de la vie comme les battements du pouls sont signes concret de la vie.

La musique de l’âme n’existe que là où il y a de la vie. L’âme vibre alors comme un instrument.

Dans la musique nous sommes l’instrument dont elle joue, un instrument animé qui se sent, qui s’entend et qui éprouve du plaisir, du mécontentement selon qu’il est bien ou mal luné.

La musique va droit dans l’âme par une sensation immédiate.

La musique est esprit, par ses sons et ses accords en sont la matière. L’activité de l’âme est composée sur le son de sa propre parole.

Les oiseaux chantent, l’homme aussi. Les oiseaux ont une grande place dans l’univers.

L’oiseau c’est l’alliance, d’un point et d’un bruit. Il est le modèle par excellence de la répétition des notes et des mélodies.

Mourir en musique…

De trois points naît la plus simple des figures. C’est une composition qui ne peut être que divisé par un.

La musique calme la passion, la douleur et semble annoncer la mort par des accords purs et doux.

C’est au moment de la mort que les « oiseaux » font éclater leurs concerts partout dans le monde.

L’office des morts est un chef-d’œuvre retentissant. De même que l’on passe d’une mort symbolique à une mort réelle, la musique en se liant à la mort passe de la réalité au symbolique.

L’homme n’a pas besoin de voyager pour s’agrandir ; il porte en lui l’immensité.

Si dans l’oublie profond de lui-même, dans son immortalité, dans son silence, il ne ré — active pas ses mémoires anciennes , il est inutile de vous dire que sa transition entre les deux mondes se fera dans la douleur.

De nouveau , L’univers a sa propre économie. C’est une force qui crée, broie et détruit tout dans un éternel recyclage.

Seule la mort est en vie. Le squelette est la vie, la mort est le souffle. La mort rappelée par le tombeau est un pont entre l’infini du néant et le fini d’un signe réel.

Le tombeau est le vrai repère de la mort. Il ne cesse de parler et chante même.

De même que l’être humain est un instrument qui a besoin d’être accordé, de même la mort est la brisure de l’ instrument .

L’accompagnement du défunt est indissolublement lié aux thèmes de l’enthousiasme, le souffle, l’univers , le soleil, le rythme, les contrastes, mais aussi l’in — satisfaction, la sensation d’in — fini.

La musique va éveiller l’âme du défunt et satisfaire le mieux son sentiment d’immortalité. Elle est sa bande-son plus ou moins efficace selon les chemins de vie et de mort.

L’imagination va permettre à l’âme d’agir sur les sens. C’est une passion exclusive, c’est la jouissance du dévouement, réunis dans un même sentiment qui a de la grandeur et du calme.

Le sentiment de l’in — fini est le véritable attribut de l’âme. Elle invente sa propre vie.

Ce qui est beau excite son espoir et son désir d’une immortalité et d’une existence sublime.

On comprend mieux la place qu’occupe les sons dans l’univers. Le son est signe d’une présence in — visible dont il émane.

Par ses sons, la musique ( céleste), suscite des associations d’idées et établit une correspondance affective entre les âmes et d’autres mondes.

Le mélange du son et du silence est une des marques les plus fortes de l’univers.

Le silence de la mort est profond, et quand le dernier son s’éteint, chacun sans bruit, semble craindre le voyage vers l’au — delà.

Un pont entre deux mondes … L’ au — delà … Imaginons des grappes d’âmes qui se déplacent … A quoi ressemblent — -elles ? à des flux dynamiques?des forces operantes? des circuits ?

…Et alors… Un jour…

— —- cp:Themonsterp — — —