(in English below)

C e matin, je me réveille. Je découvre des photos, des vidéos de ma ville en liesse hier soir après la victoire de l’équipe de France contre l’Allemagne à l’Euro de football 2016. Sur la place centrale des dizaines, des centaines, que dis-je peut-être deux mille personnes, jeunes, moins jeunes et plus âgés qui dansent, qui chantent, qui boivent, qui klaxonnent, qui manifestent, qui s’enthousiasment, qui exultent pour … simplement une victoire en demi-finale. C’est bizarre ça ! Pour un sujet autrement plus important tel que la Loi Travail, ils n’ont jamais été plus que quelques dizaines…


Kulata, Bulgarian border, May 2016. © Thierry Birrer

(In English below)

Nous l’avons fait !

I l fait chaud dans le car, pourtant nous ne sommes pas assis du coté soleil. Il fait chaud parce que nous sommes tendus. Nous somnolons sans un mot jusqu’à la frontière, une frontière annoncée par une file de camions sur plus de trois kilomètres. Ralentissement du car, elle me prend par le bras. La porte s’ouvre, l’hôtesse annonce en bulgare : – Identiti cartas ! Passports ! Je n’ai rien besoin de lui traduire. Un douanier grec monte à bord tandis que les klaxons des camions résonnent à l’unisson. Je la sens frissonner. Silence dans le…


(in English below)

I l se nomme Hassan Alabbo, il a 6 ans.
Il se nomme Abbou Alabbo, il a 15 ans.
Elle se comme Loyalty Alabbo, elle a 17 ans.
Elle se nomme Fatoom Alabbo, elle a 20 ans.
Il se nomme Obaid Alabbo, il a 50 ans.
Plus exactement, ils et elles avaient 6, 15, 17, 20 et 50 ans jusqu’au 18 juin 2016 au soir.

Dans la nuit du 18 au 19 juin, ils ont été abattus, en compagnie de trois de leurs compatriotes, tous issus de deux familles, par les gardes-frontières turcs en poste à la…


Eko Station, Polykastro, Greece. May 16. 2016. © Thierry Birrer

Et pourquoi n’affichons nous pas « Solidaire avec les réfugiés » ?
(en français en bas de page)

I n just three days and in three differents places, three acts due to human stupidity just occurred. The first one has some impact over the world : an arrant fool killed Saturday night in Florida fifty people only because they were not as he was. The second one has a national impact in France, and perhaps in a part of Europe : European football fans committed Friday unacceptable violence in Marseille simply because some of them do not support the same…


(En français en dessous)

There’s a war in Syria. Another one in Iraq. So its is in Libya. And also in Yemen or Sudan. Then people flee. They thus become ‘refugees’. What would you do in their place? You will flee. As the French fled from the advancing German army in 1914. As they fled again in 1939. As the Germans fled before the Soviet Army. It’s quite natural ! When it’s war and the living conditions become unbearable, I flee, you flee, he/she flees, we flee, you flee, they flee. As all these people seek for a better future…


(in English below)

J e me suis assis et je t’ai regardée. Tu ne faisais rien d’autre que me sourire. J’ai pensé à cette frontière fermée à vingt-cinq kilomètres de là. Et je suis resté sans voix devant ton sourire. J’ai pensé à tous ces gens qui m’avaient dit avant de partir : « Mais vous n’avez pas peur ? N’est-ce pas dangereux de se rendre là-bas ? », « Pourquoi aller là-bas ? N’y a-t-il pas d’autres sujets plus importants en France ? » ou encore ce rédacteur en chef d’un grand quotidien français qui m’a répondu « On…


(en français après le texte anglais)

The first time I saw you, you were there, standing along the railway. You told me you were waiting for the train to go to Germany. I thought it’s was quite simple because that was exactly where your parents wanted to go. That made me smile. The second day, you were at the same place, always with your little suitcase, formerly a case for a professional tool in which you had put the few things that you had been able to keep with you since your hasty departure of Syria due to aerial bombings…


Idomeni, near the FYROM border, Greece. © Thierry Birrer. May 2016.

Hey my friend ! Do you remember ? You were always crying “Hey, my friend ! My friend ! Photo, photo !” Then, playing with you, I’ve taken this picture. And another one a few meters later. And another one. So on all day long, and the day after because you invited my to sleep with your family. You were always smiling, you were always dancing, even in the mud, even with no future as borders were closed. Borders are always closed, but now Idomeni’s camp is also closed. And now, where are you, my friends who accepted me ……


C’est une histoire d’une grande banalité mais d’une grande émotion qui frappe à ma porte ce vendredi soir de novembre sur les coups de vingt heures trente …

Je suis tranquille, je suis peinard dans ma cuisine occupé avec un poireau, un céleri, du gingembre, mon mixer. Ça fait du bruit un mixer. Surtout quand en plus on écoute la radio et que le four à chaleur tournante est en marche. J’entends des paroles un peu vives chez ma voisine. « Encore en train de se chamailler avec son mec !» …

Thierry Birrer

Freelance photoreporter. Motorsportswriter. Writer in history, education, peasantry and social.

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