Je n’ai presque rien, et pourtant j’ai tout.

Je suis assis là, par terre à côté de mon vélo. Devant une enseigne Albert Heijn (supermarché Hollandais) pour profiter du wifi gratuit, les vacanciers passent les uns après les autres pour faire leurs courses.

Quelques un s’arrêtent et prennent quelques instants pour lire l’enseigne à l’arrière de mon vélo. D’autres passent sans lever les yeux. Certains me sourient. D’autres me souhaitent bon courage.

La magie du voyage

J’ai passé la nuit sur les bords d’une immense digue (près de Kornwerderzand) où j’ai planté ma tente à l’abri des regards après 90km de vélo, admirant ce nouveau coucher de soleil qui s’offre à moi et qui marquera la fin de mon 113ème jour de voyage.

Comme cela m’est arrivé depuis plus d’une fois depuis le début de mon aventure, je souris. Bêtement. Sans raison apparente. Mais au fond de moi, je sais. Je sais pourquoi je suis là. Je sais pourquoi je souris. Je sais que je vais passer le nuit ici, et que quoiqu’il se passe, cette journée aura été riche. D’enseignement. De découvertes. De rencontres.

Je suis assis là, par terre à côté de mon vélo. Et pendant que je vous écris ces lignes, une famille s’arrête et s’intéresse à mon voyage. Après à peine 5 minutes, le mari dit quelque chose à sa femme en Hollandais. Ils sourient, puis me tendent un billet de 10€ en me disant : “Please, take this, we want to help you and sponsor 1 more day!”.

Incroyable. Ce n’est pas pour les 10€, c’est pour le geste. Ils ne me connaissent pas, et pourtant décident de participer et de m’aider. Alors que je n’ai rien demandé. Alors que j’étais simplement en train de vous écrire ce billet. Les gens sont parfois surprenants !

Comment accepter ? Comment refuser ? S’il est vrai que je vis avec peu (7€ par jour), il est aussi vrai que je sais que je n’aurai plus d’argent dans 1 mois, au rythme où vont les dépenses. Et je ne m’inquiète pas. Parce qu’au fond, je sais que quoiqu’il arrive je trouverai des solutions. Finalement, j’accepte.

Se concentrer sur les solutions

Il y a cette chose incroyable que t’apprends sur la route. T’apprends à te concentrer sur les solutions et non pas sur les problèmes. T’apprends à te rendre compte de ce qui compte vraiment. T’apprends à te connaître, à connaître tes besoins, et tes priorités.

Souvent, les gens me demandent si je ne me sens pas trop seul sur la route, si mon ancienne vie ne me manque pas, si c’est pas trop dur de vivre avec aussi peu d’argent. Bien sûr que si. Oui, c’est dur d’être sans ses proches et amis. Oui, c’est dur de devoir faire face aux imprévus. Oui, c’est dur de vivre avec peu d’argent et de ne pas savoir comment on fera le mois prochain.

Mais comparé aux bénéfices incroyables et au bien-être profond que me procure ce mode de vie, je trouve que tout ça est un prix à payer plutôt juste et largement acceptable.

Action > Réflexion

Amusant. Une dame d’une 60aine d’années s’arrête juste au moment où j’écris ce passage en me demandant si j’ai de la place sur mon vélo pour quelques pommes, du pain aux céréales et une bouteille d’eau.

Je ne savais pas de quoi allait être composé mon repas de ce midi. Maintenant, je sais.

La vie peut-être surprenante et très amusante. Comme elle peut être chiante et redondante.

Je me demande où je serai aujourd’hui si je ne m’étais pas posé cette question. Celle qui a tout changé. Ce moment où je me suis demandé : “Et si je partais faire le tour du Monde, avec ou sans argent ?”. A ce moment-là, pour une raison que j’ignore, j’ai décide de mettre en pratique un des principaux principe que je défent : agir avant de (trop) réfléchir.

Si tu pars, et si c’est la mauvaise décision, t’es toujours à temps de revenir. Si tu ne pars pas, tu ne sauras jamais, et quand t’auras 70 ans et que tu regarderas tes petits enfants, la seule chose que tu pourras leur dire c’est : “Oh, tu sais, moi aussi je voulais faire le tour du Monde. Mais finalement les choses on fait que je ne suis pas parti. Et c’est peut-être mieux ainsi.”

Conneries. Les choses ne font rien. C’est nous qui faisons les choses. Et aujourd’hui, je me rends compte qu’il n’y a finalement que deux catégories de personnes. Ceux qui agissent, ceux qui font les choses. Et ceux qui subissent et qui sont le produits de ce que les choses font d’eux.

Il ne sert à rien de tout posséder pour tout avoir. On est pas heureux grâce à nos possessions, on est heureux parce que notre vie à du sens, parce qu’on poursuis un but, et parce qu’on se donne les moyens de réaliser les objectifs que l’on se fixe.

Je ne possède presque rien. A part mon vélo et mon équipement. Soit 40kg. Et pourtant j’ai tout. La liberté d’action. La liberté de mouvement. La liberté d’apprendre, de découvrir. Mais par-dessus tout je sais pourquoi je suis là, je sais que je vis ce que je dois vivre.

La bonne nouvelle, c’est qu’au lieu de se plaindre. Au lieu de pleurer sur la crise. Au lieu de critiquer. Au lieu de se résigner. A n’importe quel moment n’importe qui peut simplement se dire : “Et si moi aussi je m’autorisais à réaliser mes rêves ?”

Je tenais vraiment à vous écrire ce petit billet, et j’espère que vous avez pris autant de plaisir à le lire que j’ai pris de plaisir à l’écrire. N’hésitez pas à le partager et à découvrir mon projet Startup Cycling !