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Jamais il n’a été aussi facile de s’auto-éduquer sur les sujets qui nous intéressent.

Je me permettrais de reformuler : “Jamais il n’a été aussi facile de s’informer sur les sujets qui nous intéressent… et d’en conclure ce que l’on peut, tout seul.”

Sur comment changer une roue, je ne doute pas trop de l’efficacité des outils à notre disposition. Sur la compréhension d’un sujet philosophique — ou religieux — donné, j’ai plus de doutes. Nos professeurs sont censés (!) nous fournir une thèse, une anti-thèse et une synthèse. Les contenus que nous trouvons sur Internet ont-ils cette objectivité ?

Nous atteignons, je pense, là la différence entre connaissance et éducation. L’auto-éducation a toujours des limites, même si pour certains autodidactes cela marche évidemment très bien.

Faut-il pour autant envisager de “couper” — pour ne pas dire censurer — Internet ? Non, surtout pas (cf. question ci-dessous) !

Grâce à ces sites de cours en ligne, de nombreux africains (entre autres) peuvent accéder à un enseignement de qualité, gratuitement.

Bien qu’ils soient prometteurs sur le papier, j’ai entendu il y a peu que les MOOC n’avaient pas, si l’on regarde le nombre de personnes qui vont au bout du cursus, un rendement si pertinent que cela. L’article ou la vidéo parlait de 95% “d’échecs”. Je n’ai pas retrouvé la source, mais je viens de retrouver cet article qui parle, lui, de 15% de certification “seulement” pour 85% d’inscrits qui n’aboutissent pas. Cela peut diminuer l’attrait des MOOC, sans pour autant leur enlever tout leur intérêt : les raisons d’abandon sont diverses et variées ; cela ne veut pas dire que les 85% ont tout abandonné (ils peuvent suivre une formation plus classique en parallèle) ; cela bénéficie tout de même à 15% des personnes dont certaines qui n’ont pas accès aux systèmes plus classiques ; …

Tout cela pour dire qu’il ne faut pas nécessairement regarder les (excellentes) intentions des outils à notre disposition mais plutôt regarder leur efficacité sur du plus long terme.

Cela dit, si l’on agrégeait l’efficacité de la multitude d’outils qui, goutte par goutte, alimentent l’éducation mondiale, nous pourrions avoir une excellente surprise ! Je ne sais si une telle étude existe…

Personnellement, je pense que le fait que les idées “moins constructives” soient présentes sur internet est une bonne chose. Cela signifie qu’il n’y a pas d’élite qui nous impose sa vérité : la liberté d’expression est maintenue.

Entièrement d’accord !! Il nous est aisé d’y avoir les différents points de vue, différentes méthodes, …

Encore faut-il être capable (1) d’être capable de faire suffisamment de recherches pour tendre vers l’exhaustivité et donc l’objectivité, (2) de différencier les différents points de vue pour séparer les idées constructives de celles plus néfastes. Comment acquérir ces compétences ? Si nous nous posons ces questions, je nous crois capables, nous deux, de faire ces différences. Mais est-ce le cas de l’intégralité de la population mondiale (et ce n’est pas condescendant !) ?

Comme tout outil — qui plus est complexe — , Internet demande de connaître son mode d’emploi. Une fois maîtrisé, oui, cet outil est tout simplement formidable !! Mais comment l’acquérir ? Seul, je pense que cela est compliqué.

La mission de l’école devrait être de développer l’esprit critique.

Oui ! Nous sommes totalement en phase ! Et cela rejoint mes questions juste au-dessus.

Le titre de l’article évoquait cependant bien “le tout-technologique” ; en l’occurrence pour la “finalité”, mais l’aspect “moyen” semble également valable. Il faut donc bien un mode d’emploi de l’outil formidable qu’est Internet, qui ne peut donc être auto-suffisant !

Je dirais presque CQFD ?

au moins internet est là pour exposer les gens à des idées contraires aux leurs, pour les pousser à argumenter et à se remettre en question.

En théorie, oui. Dans la pratique, seules les personnes qui disposent d’un bagage suffisant — et encore !! — sont capables de cela. Medium est globalement peuplé de gens qui se posent des questions, même si leurs traitements peuvent être imparfait (j’en fais partie!, des imparfaits).

Regardez Facebook et surtout Twitter : ils pullulent malheureusement de personnes qui utilisent ces tribunes publiques sans aucune objectivité, juste pour “promouvoir” leurs idées. Que je ne sois pas d’accord avec le fond de ce que certains clament n’est pas le sujet — heureusement que la diversité existe — , qu’ils ne soient pas capables d’écouter une contre-thèse l’est. Je ne sais s’il s’agit de la majorité des internautes, en tout cas ils polluent clairement les vrais débats de fonds. Et malheureusement, beaucoup d’internautes cliquent simplement sur “Like” juste parce que l’idée leur convient superficiellement. Très, très peu se remettent en question.

Je (re)précise que c’est une bonne chose que les différentes opinions paraissent sur Internet. Le problème est ce que la plupart en fait…

Qu’est ce qu’une bonne utilisation d’internet pour vous ?

Excellente question !! Je ne sais pas si j’aurais une réponse convenable à cela, si tant est qu’il n’existe qu’une seule réponse. Internet est un tel couteau suisse… il existe tant de finalités possibles.

Pour n’aborder qu’un aspect, je dirais qu’une bonne utilisation d’Internet s’inscrit dans un cadre de vie diversifié ; j’entends par là qu’Internet est UN moyen parmi tant d’autres d’échanger, de s’informer, de se divertir…

Comme pour l’alimentation, une bonne utilisation d’Internet est-elle donc une utilisation modérée dans un régime diversifié ?


Je raccroche ensuite l’autre partie de la discussion que j’ai bêtement “forkée”.


Pour se développer, la technologie a besoin de personnes qualifiées.

Je souhaite que cela soit toujours vrai !

En tant qu’informaticien, j’essaie de suivre l’actualité et de nombreux articles parlent en ce moment d’algorithmes (et donc à terme de programmes entiers) qui sont capables de s’auto-éduquer (machine learning). Certains envisagent donc la fin du métier de développeurs, qui serait remplacé par celui de dresseur d’algorithmes.

Si l’on saute quelques années / décennies, il ne faut pas se faire trop d’illusion sur ce qui pourrait — conditionnel — arriver : les machines seront capables de se développer seules… C’est encore de la science-fiction aujourd’hui, mais de nombreux signes sont là : les voitures autonomes qui apprennent en permanence, les algorithmes d’intelligences artificielles de plus en plus perfectionnées, le plus grand joueur de GO qui se fait battre, …

C’est une vision très sombre qui n’est qu’une possibilité parmi tant d’autres, mais elle n’est pas à écarter.

La technologie va nous permettre de séparer le lien entre travail et revenu. Cela ne veut pas dire que plus personne ne va travailler. […] De travailler par conviction, et non par défaut. De muscler son cerveau sur des choses qui nous passionnent, donc à 100%.

Oui !

De nombreux articles préfèrent d’ailleurs parler de séparation entre “travail” (pour un revenu) et “activité” (par choix). Je serais de ceux qui ne pourront vivre sans activité et les exemples que vous donnez sont très justes.

Mais combien le feront ? Je suis pessimiste sur cet aspect. L’humain est feignant par nature.

Bien entendu, il faut aussi des activités non “intellectuelles”, comme toutes les activités manuelles, sociales, … qui sont tout aussi nécessaires. Ce que chacun fera aura donc un intérêt général, si tant est que ces activités soient autre chose que de simples passe-temps, au sens premier du terme.

Par ailleurs et peut-être paradoxalement, je suis assez curieux (positivement) par les effets d’un revenu de base généralisé.

La question est : quand le “tout-technologique” (100%) sera là, à quoi pourrons-nous bien nous occuper pour faire avancer les choses ? Et d’ici que cela arrive, l’humanité toute entière — et pas seulement une minorité d’individus — aura-t-elle conserver cette force, cette envie, cette énergie d’avancer ?

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