Sommes-nous seuls ?

RHONA WISE/AFP

Et si le monde était comme ça ?

Et si, en écartant le pouvoir des médias, des influenceurs de toutes sortes, des facteurs extérieurs, le choix était finalement, dans le fond, libre ? Et si les humains, naturellement, instinctivement, étaient comme ça ?
 Et si, enfermés dans nos bulles de gauche, de bienfaisance et de révolte, dans nos biais de confirmation supposés positifs, et si nous ne voyions rien venir parce que nous serions, en fait, une minorité ?
 Et si les États-Unis n’avaient que ce qu’ils méritent parce qu’en fait, ils le veulent. Sincèrement. Dans la forme la plus pure de l’expression de la démocratie. Nous choisissons ce candidat parce que dans notre âme et conscience, nous pensons que c’est lui qui nous mènera vers de meilleurs futur.

Trump a gagné. Nous ne sommes pas devins, nous sommes incapables de savoir comment les choses vont tourner. C’est peut-être la pire nouvelle géopolitique depuis un paquet de temps, dont les conséquences seront catastrophiques. C’est peut-être un fantoche qui n’aura qu’un impact limité.
 Trump dit surtout, une nouvelle fois après le Brexit dans la longue liste des victoires populistes de l’histoire de l’humanité, que la seule vraie, bonne méthode universelle pour gagner, c’est la sienne. Les parallèles se font tout seul, je n’ai pas besoin de les pointer du doigt.

L’échéance est à 6 mois en France. J’aime à croire qu’il existe une partie de la population éduquée, réfléchie, pouvant se sortir intellectuellement des travers faciles et instinctifs mus par la peur. Une population qui aime la liberté, la vraie, pas la sienne propre, mais surtout celle des autres, de tous les autres, des arabes, des noirs, des mexicains, des jaunes, des blancs, des femmes, des hommes, des gays, des immigrés, des locaux, des pauvres. Capable d’envisager nos intérêts communs. De comprendre au-delà de tout ce qui peut nous être servi, pour raviver nos instincts. Capables de voir les enjeux, les vrais, et pas de s’inquiéter de quel morceau de tissu la femme du voisin met sur sa tête, de la manière dont son fils écrira le mot “nénuphar” dans 20 ans ou d’avec qui se marie le collègue de la compta. C’est terrible de donner ces sujets en exemple tant ils sont triviaux, mais ce sont pourtant eux qui ont animé le débat politique en France en 2016.

Je veux me croire de cette population là. Jusqu’à aujourd’hui, je pensais que nous étions une majorité. Silencieuse, mais une majorité.

Sommes-nous seuls ?